samedi 2 octobre 2010

Retraites aux flambeaux!

« Ecrivez vite sans sujet préconçu, assez vite pour ne pas retenir et ne pas être tenté de vous relire. » (André Breton, extrait du Manifeste du surréalisme)
Le soleil, aujourd'hui, s'est levé quelque part mais pas chez nous: en Normandie, le temps n'était pas à la fête. Bruine, ciel gris, humidité, protestation lointaine et jour de colère. Une fois de plus, les français vont descendre ou sont descendus dans les rues. Les chiffres vont encore être malmenés. Que disent les infos?
« La nouvelle journée de manifestations samedi en France contre la réforme des retraites ne s'est pas traduite par une amplification du mouvement » a déclaré le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel.
Néanmoins, ce monsieur a souligné que la persistance de la mobilisation appelait de la part du gouvernement "un certain nombre d'éclaircissements" sur les évolutions du texte dans le cadre du débat au Sénat, qui s'ouvre mardi prochain.
Le rôle d'un candidat à une élection est d'expliquer son programme. Il est aussi de préciser les raisons qui motivent son action. Dans le cas présent, c'est désormais clair, je présente un projet de république basé sur le dialogue et l'implication directe des citoyens dans la vie de la nation. Les institutions de la France, sous les assauts dictatoriaux du gouvernement de l'empereur Sarkozy, ne sont plus républicaines, ni démocratiques ni rien de ce qui faisait la France d'antan. Puisque le gouvernement ne veut pas écouter les français, qu'il ne respecte plus ni les valeurs républicaines ni la constitution, je vais leur rappeler quelques notions de base de communication avec les foules, pour ne pas dire les masses laborieuses, qui a une connotation marxiste mais qui, pris au sens propre, exprime pleinement toute l'étendue de l'actualité.
Laborieux:
  • Qui travaille beaucoup, qui aime le travail.
  • Qui est pénible, qui oblige à beaucoup de travail, de fatigue, d’efforts.
  • Qualifie les productions de l’esprit où l’effort paraît.
N'en déplaise au protégé surprise de Tatie Liliane, les français sont des travailleurs ou du moins, aimeraient-ils le rester. Le chômage, la précarité, la pauvreté et tout ce qui va avec, ils n'en veulent pas. Ils veulent simplement être considérés comme des êtres humains et non des données statistiques qui alimentent des tableaux. Ils veulent que leur retraite soit un aménagement de leur vie après leur travail, et non une suite de déconvenues et de revers plus ou moins cuisants fait de mendicité d'aides et d'allocations. Et pourquoi ne pas récompenser quarante années de labeur par un tabouret à l'armée du salut, au secours catholique et une auge à la soupe populaire?
Oui, messieurs les ministres, et vous-même, Monsieur le président, dont la retraite ne sera pas un souci mais une assurance, mieux, une certitude et un confort: les français se sont encore mobilisés pour que vous daigniez enfin les entendre. Ils ne vont pas se contenter d'un « certain nombre d'éclaircissements »: votre projet, ils n'en veulent pas. Pour le cas où vous ne sauriez pas ce qu'est une mobilisation, je vais vous le dire. Si vous n'écoutez pas, peut-être saurez vous lire. Pour comprendre, il faut connaître: les français, vous ne les connaissez pas, vous n'êtes pas prêts de les comprendre.
Mobilisation: C'est le fait de décider ensemble de réagir à une situation pour l'améliorer.
Mobiliser - Créer une sensibilisation à la situation présente afin d'encourager des changements positifs pour l'avenir.
Une manifestation est un acte politique collectif, qui se traduit notamment par un défilé de protestation, qui peut avoir différents objectifs, parmi lesquels :
  • Amélioration des conditions de vie, souvent à l'appel des syndicats, ou à l'occasion de grèves.
  • Protestation contre une loi, un décret, une réforme.
  • Protestation contre une fermeture d'usine ou contre des licenciements abusifs.
  • Revendications politiques (exemples : lutte contre le racisme, le sexisme, ou lutte pour la démission d'un gouvernement).
Une manifestation est un rassemblement ou un mouvement ayant pour objet de rendre publiques les revendications d’un groupe, d’un parti.
Mais peut-être préfèrerez-vous cette phrase plus caustique, certes, mais plus proche de ce que vous pensez des français:
« Le chimpanzé manifeste parfois sa colère ou sa domination des autres en agitant les bras, en lançant des branches ou des pierres, ou en chargeant. »
Puisqu'il faut continuellement tout vous décrypter, monsieur le président, veuillez prendre note, et vous souvenir, de ces quelques éclaircissements, annotations, commentaires et citations d'auteurs:
Protester: manifester son opposition
Opposition: attitude de résistance active et actions contraires à celles demandées ou attendues d'une personne.
« S'opposer n'est autre que proposer. Une opposition sans proposition n'est qu'un mouvement d'humeur. » (Robert Sabatier)
« Toute vérité franchit trois étapes. D'abord elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant toujours été une évidence. » (Arthur Schopenhauer)
« On ne dure en France que dans l'opposition et le seul moyen d'échapper au changement, c'est de le réclamer tous les jours. » (André Frossard, extrait du journal Le Figaro - 20 Novembre 1974)
« En politique : dans l'opposition, l'on ne sait rien mais l'on peut tout dire, tandis que dans la majorité l'on sait tout, mais l'on ne peut rien dire. » (Bernard Beugnies)
Les français qui défilent dans les rues en s'efforçant de se conformer à des méthodes de comptage dont les règles échappent à l'entendement de tous, même de ceux qui comptent, sinon les chiffres seraient les mêmes, sont opposés à votre projet sur les retraites. Cela ne veut pas dire qu'ils n'ont rien à proposer, sachez les écouter: si vous ne savez pas écouter, la Nation vous donnera des leçons et elle évaluera vos capacités lors des prochaines échéances électorales. Quel que soit le résultat du scrutin, votre avenir et votre retraite sont assurés: n'en soyez pas égoïste pour autant. Dès maintenant, préparez votre retraite: une bonne retraite vaut mieux que la Bérézina.
Savez-vous, monsieur le président que, dans le domaine militaire, l'opération de retraite consiste à rappeler des forces armées tout en maintenant contact avec l'ennemi. Une opération de retraite peut être initiée afin de se retirer, de se regrouper, d'occuper une position plus facilement défendable ou pour attirer l'ennemi dans une embuscade. Elle est considérée comme une opération risquée qui requiert de la discipline afin de ne pas tourner en déroute. Vous savez ce qu'il vous reste à faire...
Pour information, voici quelques généralités sur les retraites.
Prestations définies ou cotisations définies, le dilemne des fonds de pension.
Dans un régime à cotisations définies, des règles fixent les montants de cotisation : simple pourcentage du salaire, ou montant librement fixé par le cotisant. Le montant des pensions versées n'est pas a priori connu : elles seront constatées au moment de leur liquidation. Pour le calcul des pensions à verser, on se base sur ce que le futur pensionné a accumulé comme points de retraite, puis du rendement des placements faits avec l'argent accumulé, qui peut se révéler insuffisant si le nombre de cotisants est trop faible pour des raisons démographiques. Il y a donc un risque pour le retraité : les pensions peuvent baisser.
Un régime à prestations définies vise un montant de pension fixé à l'avance, et ajuste fréquemment les cotisations réclamés aux cotisants en fonction de cet objectif. C'est le cotisant qui supporte l'essentiel des risques. Un régime de retraite peut combiner des éléments de « cotisations définies » et de « prestations définies ». Il peut, par exemple, fonctionner en prestations définies pour une part, en puisant les sommes nécessaires dans la masse des cotisations encaissées, et répartir le reste selon le mode « à cotisations définies ».
La retraite par répartition.
Les pensions de retraite sont financées par des cotisations, obligatoires, basées sur les revenus professionnels des travailleurs actuels. Des caisses de retraite, souvent par profession, assurent la perception des cotisations (somme éventuellement augmentée d'autre produits : subventions de l'état ou de l'entreprise, compensations inter-caisses, ...) et le paiement des pensions (diminuées d'autres charges : frais administratifs, compensations inter-caisses, ...) les deux sommes étant par définition égales.
En pratique, les régimes réels ne sont jamais purement par répartition : dans certains cas (rare), pour tenir compte des variations démographiques (anticipation d'une hausse du ratio nombre de pensionnés / nombre de cotisants), ils constituent des réserves (on est alors en présence d'une retraite partiellement par capitalisation collective) ; plus fréquemment, ils s'autorisent un recours à l'endettement (qui permet d'augmenter les pensions actuelles, au détriment des pensions futures).
La retraite par capitalisation.
La retraite par capitalisation fonctionne sur le principe d'une accumulation individuelle ou collective d'un stock de capital (une épargne), par des prélèvements sur les revenus des futurs retraités (cotisations) au cours de leur vie active, qui servira à financer les retraites de ces mêmes retraités.
Cette épargne peut être gérée individuellement (l'individu gère lui-même son épargne-retraite) ou collectivement (l'État, l'entreprise ou un organisme spécialisé, appelé fonds de pension, collecte et épargne une partie du revenu des travailleurs). Le système peut-être totalement libre ou (partiellement) obligatoire.
Les sommes en jeu sont considérables, le marché et ses intervenants sont toujours largement surveillés par les autorités. D'une part, les sommes épargnées se retrouvent en bourse (capital des grandes entreprises cotées), dans la spéculation, dans le financement des emprunts d'état et autres obligations ; d'autre part, les pensions ont un rôle économique et social majeur (revenus, et donc consommation, des retraités).
Les différences entre les systèmes par capitalisation et par répartition.
Dans la retraite par capitalisation, un fonds de pension encaisse l'épargne des futurs pensionnés, place l'argent, et leur verse des pensions plusieurs dizaines d'années plus tard, les systèmes par répartition, nécessairement obligatoires, peuvent fonctionner sans capital et dès leur instauration, ce qui permet de les fonder et de verser des pensions sans délais.
Pour éviter les risques de malversation ou de ruine des systèmes de retraite par capitalisation, l'épargne est placée sur des produits sûrs, en diversifiant leurs placements et en investissant sur des produits à rendement et risque élevés pour les jeunes salariés (actions), et des produits de moins en moins risqués et volatiles (obligations) au fur et à mesure que la date de la retraite approche.
Alors que de nombreux ménages américains se sont retrouvé sans pension suite à la faillite d'Enron, la crise financière de 2008 a également renforcé les critiques contre des pensions de retraites qui dépendraient de la fluctuation boursière.
Création de la retraite par répartition obligatoire (1941)
Le régime de Vichy va profondément modifier le système de retraite français en remplaçant la retraite par capitalisation (rendue obligatoire en 1930) par la retraite par répartition. Selon l'économiste Jean-Marie Harribey (université de Bordeaux), en 1941, "le régime de Vichy transforme ce système qui fonctionne par capitalisation, ruiné à la suite de la crise, en système par répartition". Le Dr Philippe Rault-Doumax (médecin et économiste de la santé), précise que "Pour amorcer son fonctionnement, l'État français, aidé par d'anciens dirigeants CGT, y affecte les fonds de retraite capitalisés depuis 1930.
La création des retraites par répartition résulte aussi d'un calcul à court terme de l'État qui, ayant des difficultés à collecter les impôts, décide de confisquer les sommes gérées par les systèmes de retraite par capitalisation à adhésion obligatoire, jugeant que le simple versement de pensions suffira à masquer cette confiscation.
La retraite en France.
La retraite par répartition est l'héritière des systèmes d'assurance mutuelle entre travailleurs, adossés aux syndicats. Mais jusqu'en 1936, il n'y avait pas de revendication forte pour la mise en place d'un régime légal commun, comme institué en Allemagne à la fin du XIXe siècle. La plupart des ouvriers mouraient prématurément et que les rares vieux invalides pouvaient être pris en charge par des caisses professionnelles, qui s'étaient développées parallèlement aux syndicats et avec les mêmes hommes au cours du XIXe siècle. Des accords professionnels, par branche voire par entreprise (comme à la SNCF), mettaient en place des règles, telles qu'un âge de départ et, surtout, une cotisation des employés avec contribution de l'employeur.
La forte inflation et la crise économique des années 30 ayant affaiblie les systèmes de retraite par capitalisation, le régime de Vichy reprit l'exemple allemand, celui de Bismark pour la stabilité sociale (garantir une retraite à l'ouvrier pour l'associer à l'ordre social et couper l'herbe sous le pied des révolutionnaires) et celui de Hitler pour le contrôle des syndicats (prendre le contrôle de leurs ressources financières) : par la loi du 14 mars 1941, le secrétaire d'État au travail René Belin institue la retraite par répartition.
La nouvelle IVe République en garde certains principes, mais les branches professionnelles reprennent leur autonomie : à côté du nouveau régime général, les régimes spécifiques sous contrôle paritaires (égalité employés-employeurs) perdurent et même se développent.
Cette autonomie reste possible tant que les caisses sont financièrement saines, mais elle ne résiste pas à la montée du chômage : conçu pour consommer la totalité des ressources apportées par le plein emploi en faveur de retraités peu nombreux, le système devient déficitaire et cesse d'être réellement par répartition. La croissance molle ne permet plus d'absorber spontanément la hausse de la somme des pensions promises, et la voie de la hausse des cotisations est bloquée par le chômage qu'elles provoquent.
L'État, qui a lui-même contribué à la dégradation des comptes, se pose en sauveur et met à contribution le contribuable via la CSG et la CRDS.
Le système par répartition, dominante en France, est géré par deux types d'organismes:
  • la retraite en France de base des salariés du privé est assurée par la sécurité sociale (ou retraite du régime général).
  • des caisses paritaires pour la retraite complémentaire des salariés ou des cadres ou plus généralement professionnelles pour les travailleurs indépendants alimentées par des cotisations portant sur la part des revenus dépassant le plafond de la sécurité sociale (2 885 € mensuels en 2010).
Le gouvernement français, après une réflexion sur une réforme complète du système de retraite français, a lancé la Réforme 2010 des retraites.
La réforme des retraites en 2010.
Le gouvernement a présenté le 7 septembre 2010 à l'Assemblée nationale un projet de loi portant la réforme des retraites, dont il avait annoncé les grandes lignes le 16 juin en se basant sur les prévisions, contestées par les syndicats, du Conseil d'orientation des retraites.
Le COR avait rendu le 14 avril 2010 un rapport sur la situation financière des régimes de retraites mettant en exergue l’impact de la crise financière de 2008 sur le financement du système de retraite, l'augmentation rapide du chômage diminuant les cotisations. Le Gouvernement avait ouvert deux jours plus tôt une concertation avec les partenaires sociaux et les principaux partis.
Le 16 mai 2010, Eric Woerth, ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique, leur a transmis le document d’orientation du gouvernement sur la réforme des retraites. Dans ce document, le gouvernement déclare que seule l’augmentation progressive de la durée d’activité peut répondre au choc démographique auquel sont confrontés nos régimes, sans pénaliser le niveau de vie des Français, la croissance et l’emploi. Eric Woerth a indiqué le 24 avril 2010 que le gouvernement souhaitait reporter l’âge légal minimum de départ à la retraite et il a annoncé le 16 juin qu'il le portrait à 62 ans contre 60 ans auparavant.
Parallèlement, d’autres partis politiques ont préparé leur projet de réforme. Tandis que l’UMP[20] se prononce pour une augmentation du temps de travail, au moyen d’un report de l’âge légal de départ à la retraite, l’opposition (Parti Socialiste, Europe Écologie et Parti Communiste notamment) propose d’élargir l’assiette de cotisation, afin d'augmenter les recettes, et de taxer les revenus du capital.
L’avant-projet de loi sur les retraites a été présenté le mercredi 16 juin 2010 par Éric Woerth, avec pour principales mesures :
  • le relèvement progressif en 6 ans (à raison de 4 mois par an) de l'âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans
  • le relèvement de l'âge de départ à taux plein (sans subir de décote lorsqu'on n'a pas cotisé tous ses trimestres) de 65 à 67 ans.
A ces deux mesures principales s'ajoutent une série d'autres points :
  • le maintien du Dispositif pour carrière longue avec toutefois un durcissement des conditions d'accès à ce dispositif puisqu'il faudra avoir cotisé 43 ans et 1/2 (contre 42 ans lors de l'instauration de ce dispositif). Les personnes ayant commencé à 14 ans devraient aller jusqu'à 58 ans (contre 56 auparavant).
  • la prise en compte de l'invalidité : un certificat de la médecine du travail prouvant une invalidité de 20% permettra de partir à 60 ans.
  • le passage (étalé sur 10 ans) de 7,85 % à 10,55 % du taux de cotisation retraite dans la fonction publique
  • le relèvement de 2 ans de l'âge de départ à la retraite de certaines catégories de fonctionnaires dites "d'active"
  • l'utilisation anticipée du Fonds de réserve pour les retraites, censé n'être utilisé qu'à partir de 2020;
  • le gel de l'effort financier de l'État pour le financement du régime de retraite des fonctionnaires;
  • l'allongement de la durée de cotisation de 41 ans à 41 ans et 1/2 à l'horizon 2020
  • la mise à contribution de certains revenus(prélèvement additionnel de 1 % sur la dernière tranche d'impôt sur le revenu ;
  • l'augmentation d'un point des prélèvements sur plus-values de cessions mobilières et immobilières et du prélèvement forfaitaire sur dividendes et intérêts
  • l'augmentation des prélèvements sur les stock-options et sur les retraites-chapeaux
  • à partir de 2015, en cas de baisse significative du chômage, un basculement d'une partie des cotisations chômage sur les cotisations retraite.[23] et son financement sur le dossier de presse.
Pour tout complément d'information, vous pouvez consulter les information sur le site d'origine et à l'adresse suivante.
http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9forme_2010_des_retraites_en_France

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