samedi 28 mai 2011

A propos des radars automatiques.

Amis lecteurs, avez-vous remarqué que le gouvernement de notre bien aimé empereur Nicolaon Zéro s'était brutalement souvenu que les accidents de la route pouvaient être mortels ? Je suis persuadé que s'ils avaient insisté un peu plus, ils auraient essayé de nous faire croire que la vie des automobilistes était importante, plus que les profits scandaleux de certaines entreprises et plus préoccupantes encore que les frappes aériennes en Libye. C'est pourquoi, dans un but tout à fait humanitaire, notre gouvernement, après des hésitations, d'une seule et même voix, a décidé de remédier à ce mal en prenant un certain nombre de mesures, un peu à la va-vite :
  • Suppression des panneaux qui signalent les radars automatiques,
  • Interdiction des avertisseurs de radars et autres gadgets technologiques,
  • Suppression des cartes des radars sur les GPS.
Et tout ça s'est fait, comme toujours, sans concertation et sans l'avis de qui que ce soit (c'est une habitude de la monarchie quinquennale).
Il est vrai que les automobilistes, équipés de ces cartes et de ces avertisseurs, de ces engins technologiques et d'une panoplie de moyens pour ne pas se faire flasher, avaient une légère tendance à ne ralentir qu'aux endroits où se situaient ces percepteurs automatiques (je ne vois pas d'autres mots pour ces engins) et rouler à tombeau ouvert le reste du temps. Ce mode de conduite, fort hasardeux, avouons-le, était particulièrement propice aux accidents, froissements de tôles, carambolages et autres compressions mécaniques, la plupart donnant du travail aux entreprises de pompes funèbres.
Pour commencer je voudrais attirer votre attention sur ces points particuliers :
  • Jusqu'aux dernières nouvelles, les infractions doivent être relevées par un être humain, assermenté et qualifié pour l'être. On appelle cela un agent de police judiciaire.
  • Les radars automatiques n'ont pas prêté serment et, même si on vous dit que à l'autre bout, il y a quelqu'un d'habilité pour valider l'infraction relevée, le mystère demeure opaque. A quel bout de la machine se situe cet agent assermenté ? A quelle distance ? A partir de quelle longueur de câble le signal n'est plus assez puissant pour que l'infraction se perde ?
  • Si on ne veut pas que les automobilistes roulent à plus de 130 km/h ne serait-il pas plus intelligent de brider les boîtes de vitesse ?
A moins que tout cela ne soit qu'une histoire de gros sous, évidemment. Dans nos sociétés occidentales dites capitalistes (prônant le libéralisme que l'on sait avec les excès que nous vivons au quotidien) les grands industriels, chevaliers d'industrie et leurs serviteurs dociles, issus des grandes écoles où ils sont formatés dans une même optique (étriquée) ont cette manie caractéristique de toujours tout ramener sur un plan purement mercantile. Tout doit pouvoir être évalué, mis à prix, acheté, vendu ou rentabilisé, mais dans tous les cas, rapporter à l'investisseur, surtout s'il n'a rien investi (ou mieux : si c'est un autre que lui qui a investi).
Justement parlons-en, des gros sous. Considérons les éléments suivants :
  1. Tout d'abord le postulat qui fonctionne depuis plus de cinquante ans : « Pour ramasser du pognon, il n'y a rien de mieux que l'automobile et l'automobiliste ». Il y a eu la vignette, souvenez-vous, elle avait été supprimée ! Elle revient !
    « Une nouvelle vignette auto pour financer la suppression des passages à niveau et la sauvegarde des lignes SNCF déficitaires ? Il existerait en France selon le site Wikipedia, 360 passages à niveau jugés comme dangereux. Un programme a été engagé, celui-ci doit réduire de moitié ce nombre d'ici 2012. Le coût de suppression d'un passage à niveau est situé entre 3 et 4,5 millions d'Euros.
    Cette vignette auto pourrait servir au financement de la suppression des passages à niveau les plus dangereux et financerait les lignes SNCF déficitaires, menacées de fermeture. Un prix de 15 € serait un prix juste. En France environ 31 000 000 de voitures sont en circulation. Cette nouvelle vignette pourrait donc rapporter environ 465 000 000 €. 300 000 000 € seraient alors consacrés à la suppression des passages à niveau, 165 000 000 € seraient consacrés à la sauvegarde des lignes SNCF menacées de fermeture. Le prix de 15 € est un prix juste, 2 paquets et demi de cigarettes... une place de cinéma... » (l'article complet est à lire ici : http://www.lepost.fr/article/2010/12/14/2340723_une-vignette-auto-pour-financer-la-suppression-des-passages-a-niveau-et-la-sauvegarde-des-lignes-sncf-deficitaires.html)
  2. Deuxième postulat qui se vérifie facilement : « pour capturer l'automobiliste, il faut le prendre en défaut ! Beaucoup d'automobilistes ne respectent pas les limitations de vitesse ! Il faut les faire payer dès qu'ils roulent trop vite ! Pour cela, il va être installé des radars automatiques sur tout le territoire. Ils seront officiellement placés aux endroits dits dangereux et officieusement aux emplacements les plus lucratifs ! »
  3. Le français pratique une variante de l'humour, typiquement gauloise, caractéristique contagieuse qui touche toute personne mettant le pied sur le plancher des vaches national et que les spécialistes désignent par : râleurs, resquilleurs, chipoteurs, quelque fois menteurs, affabulateurs ou plus simplement mythomanes. Le contrevenant rechignera à payer et contestera le bien-fondé de l'infraction. Il est donc nécessaire de remédier à cette situation par une technique imparable. La subtilité consistera, en cas de litige (inévitable, nous sommes français) à devoir payer d'abord et contester après.
  4. Or, selon un postulat d'ordre logique, « Régler l'amende, c'est la reconnaître ». Sur le plan éthique, comment contester ce qu'on a reconnu ? Le resquilleur saura s'affranchir de cette angoisse psychologique avec une mauvaise foi également caractéristique du gaulois de base (constaté par Jules César dans « la guerre en gaule » et par le général de Gaulle lorsqu'il était Président de la République.)
  5. Il ne faut pas prendre l'automobiliste pour une vache à lait. L'état, les impôts indirects et le gouvernement ne peuvent espérer le traire indéfiniment sans que la victime réagisse. Pour empêcher ce racket légalisé, les automobilistes s'équipent. Du coup, ils ne respectent les limitations de vitesse que lorsque leurs avertisseurs, GPS et autres bidules vendus librement dans les échoppes spécialisées se mettent à braire, meugler ou parler. Le reste du temps, on roule, vite, mais on roule.
  6. Une phrase disait, entre les deux guerres (celles de 1914 et de 1939) que « les français avaient le cœur à gauche mais le porte-monnaie à droite ! » Quand il s'agit de payer, surtout pour des « conneries », disent-ils, car « J'ai tué personne, monsieur l'agent ! », ils redoublent d'ingéniosité et trouvent même le moyen d'identifier des failles dans la loi et de s'y engouffrer avec complaisance. Les radars, du coup, flashent moins et rapportent moins de liquidités au gouvernement. « C'est bien gentil tout ça, mais c'est pas comme ça qu'elles vont se remplir, les caisses de l'état ! »
  7. Un postulat économique, dans le sens libéral et capitaliste du terme, associe un mot à tout : rentabilité. A cause de cette notion désastreuse, le radar automatique doit être rentable. Pour être rentable, il faut qu'il flashe. Et pour qu'il puisse flasher, il faut que l'automobiliste continue à fauter.
  8. Comme aurait pu le dire Son Excellence Nicolas Sarkozy, Président de la République Française, Chanoine honoraire de la Basilique majeure Saint-Jean du Latran à Rome depuis qu'il est allé rendre une visite courtoise à Panzer Kardinal : « Il faut rouler plus pour flasher plus ! » Comment pourrait-on flasher plus ? Facile : si on ne sait pas où sont planquées ces boîtes à malice.
  9. Il y a une particularité du gouvernement français, qu'il soit de gauche ou de droite : il sait prendre les mesures qui s'imposent, et pour cela, on peut leur faire confiance, par expérience, elles s'imposent avec un arbitraire qui relève plus de la dictocratie que de la concertation intelligente. D'où les décisions de supprimer les panneaux signalant la présence des radars, l'interdiction des avertisseurs et autres cartes GPS. Le pire étant que tout le monde obtempère alors que rien n'est voté ! (Vous connaissez la différence entre la démocratie et la magie ? Non ? Lisez donc la presse, n'importe laquelle, vous aurez la réponse!)
  10. Oui mais, me dira-t-on, tout partait d'un bon sentiment, pour une fois : la vie des automobilistes est au centre des préoccupations du gouvernement. Êtes-vous certain de ne pas en faire trop ? Auriez vous voté Sarko en 2007 ? La seule préoccupation du gouvernement c'est l'élection présidentielle de 2012 et la réélection du mari de la chanteuse aphone. Comment s'appelle-t-elle déjà...
  11. Postulat gratuit (une fois n'est pas coutume) en guise de conclusion : chers amis automobilistes, l'état vous volait déjà avec le carburant, il vous plumera avec les radars automatiques que vous le vouliez ou non.
Voilà ! Vous croyiez que le gouvernement avait pris conscience que les automobilistes étaient avant tout des êtres humains, que leur vie était précieuse, vous vous trompiez ! Il fallait remplir les caisses de l’État, ils ont les solutions et les moyens de les mettre en place ! Et comme dit le proverbe shadok, « pour faire le moins de mécontents possibles, il faut toujours taper sur les mêmes ! »
Un peu de documentation.
« Depuis fin 2003, les radars automatiques fleurissent le long des routes et autoroutes françaises. Installés dans le cadre d’une campagne pour le renforcement de la sécurité routière, ils ont aussi provoqué de vives réactions de certains automobilistes qui n’apprécient guère d’être "espionnés" et verbalisés continuellement. Dans ces conditions, on comprend facilement que circulent depuis des fausses rumeurs et autres approximations sur le sujet.
Le 18 janvier dernier, un radar automatique situé le long de la RN7 au sud de Moulins a été mis hors service pendant 2 semaines par EDF, en raison de factures d’électricité non payées par Atos, société exploitante des radars automatiques. En effet, si les radars sont bien la propriété de l’Etat, celui-ci a confié leur entretien et fonctionnement à la société Atos, choisie après un appel d’offre en juin 2003. Cette procédure est habituelle, il s’agit d’une délégation de service public, tout comme le ramassage des ordures, le nettoyage des rues, etc…
La mise hors service de ce radar, qui porte à sourire et qui a ravi certains automobilistes, a commencé à se diffuser sur Internet sous forme d’un message polémique, accusant l’État d’enrichir Atos aux dépends du contribuable. Certes, afin de couvrir les frais de fonctionnement, Atos prélève 2% des montants des procès-verbaux de chaque radar, dont 98% va donc directement à l’État. Il ne s’agit donc pas d’un prélèvement très substantiel comme le message le laissait entendre. D’autre part, ce coût est le même, qu’il soit payé par l’État ou par une société privée. La société n’a donc pas pour but de "se sucrer sur le dos des contribuables", mais plus simplement de couvrir des frais réels inclus dans sa mission de délégation. »
« LE FIGARO. - Pourquoi contrôler le Centre national de traitement du contrôle automatisé (CNT) de Rennes ?
Hervé MARITON. - Je veux savoir précisément l'usage qui est fait de l'argent des radars. À l'origine, le gouvernement avait clairement indiqué que l'intégralité du produit des amendes devait être versée à la Sécurité routière. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. En 2008, sur les 447 millions d'euros rapportés par le système de sanction automatisé, 194 millions d'euros ont assurément servi à l'amélioration de la sécurité routière. Le reste a été versé aux collectivités locales et à l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF), structure créée en 2004 pour financer des équipements en France. Il est certain qu'une partie de cette somme a été détournée de sa vocation initiale pour financer divers autres projets sans rapport avec la sécurité sur nos routes. Il faut resserrer les contrôles. Il serait souhaitable que les préfets s'assurent de la nature des projets portés par les collectivités et de leur contribution à la sécurité routière. Je compte rendre mon rapport avant l'été. »
« Quand le gouvernement se prend les pieds dans les radars… Fin 2007, notre confrère Auto Plus soulevait un loup lié à l’installation et au contrôle des radars automatiques fixes sur le bord de nos routes. Un fichu angle non respecté mettait en cause la mécanique bien huilée du contrôle sanction automatisé. Pire pour l’État, des avocats spécialisés utilisent régulièrement l’arme des visites techniques obligatoires, dans le but de faire sauter les prunes de leurs clients.
Visite technique obligatoire. Le gouvernement a réagi l’année dernière : un arrêté daté du 4 juin 2009, émis par la ministre de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi, fixe des règles nouvelles quant au respect, par les autorités locales qui en ont la charge, des visites techniques obligatoires sur les appareils de contrôle.
Rappelons qu’un cinémomètre fixe doit faire l’objet d’une visite technique tous les deux ans pendant quatre ans. Il est ensuite soumis à une visite technique annuelle, à l’instar de tous les cinémomètres mobiles (lunettes, jumelles et autres « hiboux » automatiques).
Trois contrôleurs en France… L’arrêté du 4 juin 2009 précisait que le ministère de l’Industrie désignerait le nom des entreprises agréées à mener ces visites. Ce même ministère a donc émis trois décisions, datées du 18 et du 31 décembre 2009, indiquant le nom des entreprises élues : Cete Apave Sud Europe, Laboratoire national de métrologie et d’essais et SGS Qualitest Industrie sont les heureuses gagnantes.
Trois entreprises pour l’ensemble du territoire français… Si ces winners peuvent s’estimer heureux (ils vont avoir du boulot !), d’autres s’affichent (en privé…) plus circonspects : nos amis policiers et gendarmes, en l’occurrence. En effet, les diverses entités chargées du contrôle routier avec les radars, notamment jumelles ou hiboux, voient venir le méga embouteillage au moment de programmer la visite technique annuelle de chaque appareil…
Allié des usagers. L’arrêté du 4 juin pourrait en fait se révéler un allié des usagers en excès de vitesse. Soit les appareils seront remisés dans l’attente de la visite technique, soit ils seront utilisés sans ladite visite. Nous conseillons à chaque conducteur contrôlé d’exiger de vérifier, sur le cinémomètre, la dernière vérification (elle doit être mentionnée sur l’appareil). En cas de « date limite de consommation » dépassée, l’usager disposera d’un atout maître lors d’un éventuel passage au tribunal. (Nicolas Grumel – 17/02/2010)
Fin du monopole de SAGEM sur le marché des radars automatiques. (Pour lire l'article complet, suivez ce lien : http://blog.radars-auto.com/index.php?post/fin-du-monopole-de-sagem-sur-le-marche-des-radars-automatiques-422)
« L’histoire des radars automatiques…
14 juillet 2002 : Déclaration du Président de la République Jacques Chirac : « Je voudrais marquer ce quinquennat par trois grands chantiers mais qui ne sont pas de pierre. C’est d’abord la lutte contre l’insécurité routière. Je suis absolument horrifié par le fait que les routes françaises sont les plus dangereuses d’Europe. »
18 décembre 2002 : Comité Interministériel de la Sécurité Routière annonçant la mise en place d’un système de « contrôle automatisé » : consulter le dossier de presse
27 octobre 2003 : Inauguration à la Ville au Bois du premier radar automatique
Avril 2004 : 100 radars déployés.
31 décembre 2005 : 1000 radars déployés.
Juin 2007 : 1500 radars déployés.
3 juillet 2009 : Mise en service des premiers dispositifs feux rouges.
Septembre 2009 : Lancement de l’expérimentation des dispositifs passages à niveau.
31 décembre 2010 : 3193 radars déployés
Janvier 2011 : Déploiement des premiers radars discriminant
Second semestre 2011 : Déploiement des premiers radars tronçons
A venir : Lancement de l’expérimentation des radars « mobiles-mobiles »
Enfin, depuis le 29 mars 2011 existe l’Agence Nationale de Traitement Automatisé des Infractions!
Cette agence a pour mission de:
L’agence nationale agit en qualité de prestataire de services de l’État, de collectivités territoriales ou de tout organisme public ou privé chargé d’une mission de service public.
Elle a pour mission :
1° La participation à la définition des normes techniques relatives au traitement automatisé des infractions, le contrôle et l’évaluation de leur application, la contribution à leur évolution et à la surveillance de l’interopérabilité des dispositifs techniques correspondants ;
2° La conception, l’entretien, la maintenance, l’exploitation et le développement des systèmes et applications nécessaires au traitement automatisé des infractions ;
3° L’édition, le publipostage, le routage et l’affranchissement des différents avis de contravention établis par voie électronique ou dans le cadre du traitement automatisé des infractions, ainsi que les différents courriers nécessaires ;
4° Le tri du courrier reçu dans le cadre des recours émis par des contrevenants ou de tous autres courriers ;
5° L’information des contrevenants par l’organisation d’un centre d’appels ou de tout autre moyen de communication ;
6° L’organisation et la gestion du traitement automatisé des infractions qui lui est confié en qualité de prestataire.
L’agence accomplit sa mission dans le respect des orientations générales fixées par l’Etat, qui peut lui confier le déploiement et la maintenance des appareils de contrôle automatique et des outils de verbalisation.
Pour l’accomplissement de sa mission, l’agence réalise des études techniques, administratives, juridiques et financières.
En somme l’État officialise et légalise 8 ans après la mise en place du système, des arrangements qui existaient déjà entre la Sté ATOS ORIGIN, la Sté SAGEM et certains fonctionnaires du Ministère de l’Intérieur, le tout avec l’absolution condescendante de la Cour de Cassation…
C’est étonnant que ce décret soit totalement passé inaperçu dans la presse ( décret ) puisqu’il permet finalement à une société privée et donc commerciale d’installer et d’entretenir des radars qui fondent des poursuites judiciaires et permettent de retirer des points de permis pourtant si chers à préserver.
S’affranchir du droit et du respect des droits de la défense lorsque l’on est une société qui fabrique des radars, c’est tentant… y arriver…ça devient par contre inquiétant… mais cela dépasse la sphère juridique de ce site. »

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