dimanche 7 novembre 2010

Une valeur républicaine : l'honnêteté.

« L'honnêteté est plus inébranlable que la loi. L'une, personne ne pourra jamais l'ébranler par la parole; l'autre, en la tournant et la retournant souvent, un rhéteur la met à mal ».
(Euripide, 480 avant J.-C. - 406 avant J.-C.)
« Il n'est pas possible de vivre heureux sans être sage, honnête et juste, ni sage, honnête et juste sans être heureux ».
(Épicure, 342 avant J.-C. - 270 avant J.-C.)
« Nous savons tous ce qu'est une action malhonnête, mais ce qu'est l'honnêteté, personne ne le sait ».
(Anton Tchekhov, 1860 - 1904)
« Le gouvernement est avant tout une organisation coûteuse qui sert à surveiller les indisciplinés et taxer les bons citoyens : le gouvernement ne fait pas grand chose pour les gens honnêtes à part les ennuyer ».
(Edgar Watson Howe, 1853 - 1937)
« L'honnêteté est rarement une marque d'intelligence, mais c'est toujours une preuve de bon sens ».
(Auguste Detoeuf, 1883 - 1947)
Une démocratie ne peut fonctionner efficacement si des règles élémentaires n'ont pas été clairement définies et leur acception partagée par tous. Nos dirigeants, beaux parleurs et adeptes de la langue de bois, désignent cet ensemble de conventions par la locution fourre-tout de « valeurs républicaines » sans préciser ce que cette terminologie est supposée contenir. Dans un précédent message, j'ai tenté de faire une liste de ces valeurs en puisant dans les textes officiels de la République et je me suis efforcé d'en donner quelques définitions plus ou moins justes selon les possibles interprétations.
Les hommes et les femmes qui peuplent ces hautes sphères de la politique, où le verbe se conjugue au gré des sondages et de la stratégie partisane à but électoral (quand elle n'est pas purement et simplement électoraliste : c'est à dire focalisée sur ce qu'on pourrait résumer par « Tu mets ton bulletin dans mon urne et tu te tais! »), ont la capacité d'interpréter, d'ergoter et d'alimenter des débats creux et déconnectés de toute réalité tangible sans pour autant avoir de sujets de discussion précis. Ils se demanderont pourquoi les électeurs désertent les isoloirs en prenant cette mine chagrine des enfants qui sont surpris à faire des bêtises et qui font semblant de ne pas savoir pourquoi on les punit. D'ailleurs, est-ce qu'ils se posent la question? Si tous les électeurs votaient, les résultats seraient moins commodes à calculer et les chaînes de télévision ne diffuseraient pas les scores dès la fermeture de la porte du dernier bureau de vote avant même le commencement du dépouillement.
Si une démocratie ne peut fonctionner efficacement sans la connaissance des quelques règles élémentaires que je continuerai de désigner comme ci-dessus (les « valeurs républicaines » pour ceux qui auraient déjà oublié!), mettre en place les principes d'une Démocratie avec l'implication des Citoyens posera un certain nombre de problèmes que je ne préfère même pas énumérer. J'entends déjà les critiques acerbes de mes concurrents, adversaires et autres spécialistes lorsqu'il sera question de mon projet démocratique qui vise à donner la parole au Peuple.
« Mais enfin, Monsieur Dequéant! Est-ce que vous croyez vraiment que votre idée saugrenue de démocratie participative, implicative ou je ne sais quoi encore, est judicieuse! Vous rêvez! Vous êtes un rêveur, un idéaliste, un utopiste! Votre projet de société, basique, farfelu, grotesque et populiste ne marchera jamais! Vous n'y connaissez rien, vous mélangez tout et, sous vos airs faussement érudits, vous inventez n'importe quoi! Ce n'est pas ça la démocratie!  Donner la parole au peuple! Elle est bonne celle-là! Et pourquoi pas le pouvoir, pendant qu'on y est... Retournez donc dans votre bureau de poste et occupez-vous de distribuer le courrier, ce sera bien plus utile que de répandre de pareilles inepties... »
Remarque : toute polémique, aussi tonitruante et avec cette pointe d'ironie voltairienne, ne se produit que devant un parterre de spectateurs avides de bons mots. C'est souvent à ces occasions que les acteurs de ces batailles rangées et linguistiques font la démonstration, souvent involontaire, de leur mauvaise foi.
Une réponse possible pourrait ressembler à ceci :
« Monsieur le député Machin-Chose, je vous remercie d'avoir avoué devant toutes les personnes ici présentes votre angoisse et votre terreur face à mon projet de « Démocratie avec implication des Citoyens » qui est l'intitulé exact. Vous devriez l'admettre tout de suite : vous ne voulez pas que les Citoyens de ce pays se mêlent des affaires de la République parce que vous pensez qu'ils sont trop bêtes ou pas assez instruits! Ce ne sont que des prétextes, des prétextes de vantards et de prétentieux.
« Vous savez donc mieux que les Français ce qu'est la Démocratie et comment il faut en appliquer les règles. Dans ce cas, pourquoi ne le faites-vous pas? Vous affirmez que la « Démocratie avec implication des Citoyens » ne marchera jamais alors que la Démocratie, celle qui répond aux critères de base précisés dans la Constitution, personne ne l'a encore essayée. Je me permets de vous rappeler un point essentiel : « un régime démocratique est fondé sur le respect de tous. Il généralise le dialogue et encourage la participation du peuple à tous les niveaux de tous les organes de la société civile ». Vous allez dire que je parle comme un livre et vous n'aurez pas tort : je vous ai donné la définition du dictionnaire. Les Français attendent depuis 1789 que vous respectiez votre contrat. Deux cents ans après, votre échec est cuisant! Votre démocratie de façade a ruiné la France, elle va ruiner l'Europe, (c'est déjà commencé : la Grèce est en faillite. Les autres pays sont sur la liste et attendent leur tour). Les Français en ont assez, assez de vous, assez des réformes qui détournent les fonds publics au lieu de résorber les déficits artificiellement créés, ils ne veulent plus entendre vos mensonges, vos promesses insipides et vos discours creux : il veulent autre chose. Moi, je leur propose cet autre chose qui peut fonctionner, contrairement à ce que vous croyez, et qui fonctionnera parce qu'on ne peut plus faire autrement. L'époque n'est plus à l'hésitation : c'est maintenant qu'il faut agir. Chacun devra retrousser ses manches! Pour commencer, il conviendra de restaurer la confiance : une confiance réciproque et sincère entre le Peuple de France et ses représentants. Je vais conclure mon propos par une boutade (qui n'en est peut-être pas une) : le candidat de la « Royauté Républicaine Française » ne restaurera pas la royauté, il rétablira la Nation dans ses droits et ses devoirs. Le mot d'ordre devra être honnêteté!
Normalement, après une réponse pareille, le député Machin-Chose n'a plus qu'une seule alternative : soit il se lève et s'en va furieux en lâchant une bordée d'injures déplacées et gauloises, soit il en remet une couche, comme disent les peintres en bâtiments, et ajoute le ridicule à sa mauvaise foi. Je le laisserai vitupérer sottement pour reprendre le cour de mon exposé.
La France n'est pas une démocratie. Les éléments qui le prouvent ne manquent pas, il suffit de prêter une attention, même discrète, pour s'en rendre compte. Les manifestations de ces derniers mois sont les indicateurs les plus éclatants de cette situation. La façon de procéder du gouvernement et du président de la république qui tire les ficelles et ne s'en cache même plus est particulièrement honteuse et scandaleuse. Il n'y a aucune négociation, aucun respect des Français : la France n'est même pas une république. Bien malin celui qui pourrait dire dans quel régime les Français sont plongés : la dictature, l'empire, la monarchie absolue (il ne manque plus que le droit divin pour achever le travail, car tout le reste a été fait et est opérationnel). Même le concept de « Monarchie républicaine » du Général de Gaulle, qui avait sa vision personnelle de la Démocratie (mais démocratique tout de même), est malmené par la bande de sourds et de traîtres à la Démocratie qui règnent sur le pays. Dans ces conditions, demander aux Citoyens de voter ne va pas être une mince affaire, les inciter ensuite à s'impliquer dans cette Démocratie qui est la seule solution pour sortir le pays du marasme où il s'engloutit ne va pas être une partie de plaisir non plus, et quand enfin, je parlerai de l'honnêteté comme une valeur républicaine prioritaire, un doute viendra s'installer.
L'honnêteté est une valeur républicaine. La République n'est pour rien dans cette valeur, comme la plupart des autres, c'est simplement une question de logique et de bon sens. Pour reprendre la citation d'Anton Tchekhov, les différentes malhonnêtetés de nos dirigeants sont bien connues : les emplois fictifs, les écoutes téléphoniques, les scandales financiers et toutes ces affaires qui font la joie des quotidiens. Il en va de même de la réforme des retraites qui a été adoptée contre l'avis unanime et général des Français. Vous voulez une preuve? Les manifestants ont défilé par millions pour protester et refuser cette réforme malhonnête. Les chiffres officiels fournis par les services de police ont eu beau être divisés et amoindris pour déconsidérer le mouvement social; pour autant, personne n'a défilé pour dire qu'il était d'accord. En d'autres temps, sur d'autres sujets de société tout aussi délicats et épineux (l'école privée et l'école publique, sous le septennat de François Mitterrand, par exemple) les défilés se formaient pour exprimer le pour aussi bien que le contre. Mais pour les retraites, seuls les contres étaient dans la rue. Il y a bien eu des cortèges de chefs d'entreprises qui se sont timidement constitués ça et là, mais il n'avaient pour objet que de dénoncer les grèves qui avaient menacé leur petits commerces. Je leur donne entièrement raison : le responsable de leur faillite c'est le président de la république avec la complicité du gouvernement et du parlement, et de tous leurs sbires, tant au pouvoir que dans ses coulisses.
Une République véritablement démocratique ne peut être bâtie que sur la confiance et l'honnêteté. Ces deux vertus, ces qualités morales ou ces valeurs républicaines, comme on voudra, sont étroitement liées. Il ne peut y avoir de confiance sans honnêteté. J'ai pu déterminer quatre façons d'appréhender ce concept.
La première regroupe les principes suivants :
  • Observation scrupuleuse des règles et des lois. Ce seul critère pourrait mettre l'humanité tout entière dans le camp des malhonnêtes et des scélérats. Passer au début du feu rouge, brûler un stop, rouler en moto sans casque, dépasser la vitesse autorisée même de peu, tricher au Monopoly, boire un dernier verre avant de reprendre la route, voyager en train sans billet, et toutes les autres petites infractions sans conséquences sont des transgressions et en user, même avec de bonnes raisons, fait de nous des malhonnêtes. Rectifier ce comportement n'est pas insurmontable : il est nécessaire. Il ne demandera pas des efforts surhumains : il suffit simplement d'admettre que ces règles ont été instaurées pour la sécurité de tous et non pour nuire à la population (et, accessoirement, rapporter des sous à l'État).
  • Respect de la morale sociale, des devoirs imposés par la justice. Dans ce second critère, quatre notions de base se croisent : le respect, la morale, les devoirs et la justice. Une fois encore, la société dans sa totalité pourrait être montrée du doigt, depuis le Français moyen et anonyme jusque dans les sphères gouvernementales. L'Église elle-même, qui s'était donné pour mission de diriger les âmes de ses ouailles dans les voies de la bonté et de la justice, est touchée de plein fouet par ces affaires dont les révélations se multiplient et qui entachent sa réputation autant que son crédit auprès des chrétiens. Avec de pareils exemples, parler de confiance va être une tâche ardue.
  • Qui est conforme à la loi, au droit, à la raison et à la justice. Pour construire cette République Démocratique, dans laquelle le Citoyen est un acteur aussi important que l'élu qui le représente ou le ministre qui le gouverne, il sera nécessaire d'aménager les institutions pour garantir à chacun (élu et électeur) ses prérogatives et ses devoirs. Pour cela, il faudra dialoguer, en bonne intelligence, s'écouter et se faire confiance. Le Président de la République, arbitre et médiateur, comme il devrait l'être et qu'il deviendra, veillera à ce que toutes les propositions reposent sur des bases saines, humaines, et conformes à l'intérêt général.
  • Qui est fondé, légitime, sincère, droit, franc. Pour comprendre ces quelques notions, il convient de se reporter à la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789. Cette façon d'aborder l'honnêteté puise dans le texte fondamental de la Révolution Française les principes qui deux siècles après ont toujours autant de force. Cette définition se fonde sur la légitimité : celle du droit, du Peuple et de l'intérêt commun. Les Citoyens, lorsqu'ils seront appelés dans les Comités que je compte former dans toutes les mairies de la République devront se souvenir de ces quelques préceptes simples : le respect, la confiance, le sens du devoir (ce qui ne signifiera jamais obéir sans comprendre) et l'implication dans les affaires de la République. Souvenez-vous toujours que les affaires de la République ce sont les vôtres, et que la République, c'est vous.
La deuxième manière de comprendre l'honnêteté regroupe ces principes :
  • Qui se comporte, en affaires, avec l'exigence constante de ne pas tromper, voler ou falsifier. Les membres du Gouvernement, lorsqu'ils siègent au Conseil des Ministres devraient toujours se souvenir de cette définition lorsqu'ils conçoivent des lois qui vont à l'encontre de l'intérêt général. Ils ont une fâcheuse tendance à s'occuper de leurs propres affaires avec une priorité qui n'a d'égal que leur mauvaise foi. L'être humain en général est égoïste, voire égocentrique. L'autre semble n'exister que pour vouloir le spolier, c'est pourquoi il préfère le devancer. Il est bien connu que « les privilèges, ce sont les avantages des autres! » et que l'herbe est toujours plus verte dans le jardin du voisin.
  • « L'honnêteté tient d'abord à l'absence de proposition malhonnête. De la même façon que la tentation de trahir est subordonnée à l'intérêt que peut susciter la trahison chez quelqu'un susceptible de la récompenser. » (Philippe Bouvard, 2005)
  • Qui mérite d’être honoré, considéré, respecté. Si chacun s'efforce à plus d'honnêteté, par exemple autour des tables de négociation, en acceptant de s'écouter, le progrès social ne sera pas un vain mot ni une utopie. Je tiens d'ailleurs à rappeler que le progrès social ne consiste pas à vider les caisses de l'État ni dilapider les deniers publics au profit d'une catégorie de personnes moins favorisée et que l'on classe arbitrairement, avec mépris et dédain, dans ce qu'on nomme vulgairement « les cas sociaux ». On y trouve pêle-mêle tout un tas de gens : depuis le chômeur de longue durée jusqu'aux habitants des banlieues en passant par les étrangers (qui sont parfois aussi Français que n'importe qui d'autre), les pauvres (ou supposés tels) et les ouvriers sans qualification (mais qui ne sont pas sans expérience, celle de la vie quotidienne, par exemple). Ce ne sont que quelques exemples de clichés dont il conviendra de se débarrasser.
  • Qui jugent ou qui agissent selon l’équité, la justice. Tout le monde l'aura compris, cette définition est une conséquence de la précédente. Les jugements hâtifs et irréfléchis, les idées toutes faites, les préjugés et toutes ces sottises qui encombrent l'esprit de nos contemporains devront laisser la place à un raisonnement simple et constructif. Il suffit de se poser quelques questions pour comprendre les événements qui se produisent autour de nous. Chercher des solutions plutôt que des responsables peut s'avérer plus efficace, penser que, dans une discussion, l'autre puisse avoir raison et noter les arguments pour y réfléchir au lieu de brailler peut avoir des résultats spectaculaires.
La troisième façon d'appréhender l'honnêteté concerne la vie quotidienne : on parle dans ces cas là de civilité, de politesse, de courtoisie et de respect. C'est ce que j'appelle la bonne intelligence. D'autres évoquent l'altruisme.
(Sur le lien suivant vous aurez un article sur ce thème).
(http://lesdialoguesstrategiques.blogspot.com/2010/05/laltruisme-peut-il-survivre-dans-un.html)
La dernière façon d'aborder l'honnêteté est par les synonymes suivants.
  • Honorable, satisfaisant, acceptable, raisonnable, qui ne s'écarte pas d'un niveau moyen et convenable.
  • Il est possible de parler, dans ce cas, de compromis (qu'on prendra soin de ne pas confondre avec compromission, terme voisin, mais au sens différent).
  • Le compromis est le résultat d'une négociation entre les parties en présence où chacune aura fait des concessions pour arriver à une solution commune qu'elles devront conjointement mettre en oeuvre.
  • Pour compléter, le compromis est aussi le résultat d'une négociation qui tient compte des souhaits, des besoins et des valeurs de l'autre. Peut contenir des idées auxquelles on n'adhère pas totalement.
  • La compromission : action de se compromettre ou d'être compromis dans des engagements discutables; renoncement à ses principes par lâcheté ou par intérêt. « Il est difficile de se faire élire sans promesses démagogiques et sans certaines compromissions. » (citation anonyme). Liberté que l'on prend avec la morale, en s'arrangeant avec sa propre conscience. « De compromission en compromission, il en est arrivé à mentir et à escroquer. » (citation anonyme). Ce mot est à distinguer du précédent, malgré leur parenté d'origine.
Je donne, à titre indicatif, les définitions les plus courantes de l'altruisme. Qu'on se rassure, personne ne vous demandera d'aller jusque là. Il faut faire des efforts, certes, mais il faut savoir rester honnête.
  • L'altruisme est un terme employé pour désigner l'amour désintéressé d'autrui (définition du Petit Larousse), c'est-à-dire le souhait qu'autrui trouve le bonheur et la générosité n'attendant rien en retour.
  • Altruiste - Il vit pour son entourage. Il s'oublie au profit des objectifs des groupes dans lesquels il évolue. Il est primordial pour lui d'éviter les conflits et que la concorde règne entre tous les membres ayant ensemble partie prenante.

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