lundi 20 décembre 2010

La parole au Peuple, leçon 5.

Un être humain absorbe des milliers d'informations tous les jours avec ses cinq sens. La plupart de ces informations est traitée par le cerveau de façon inconsciente. Cette banque de données sert à appréhender le monde extérieur. D'autres informations, sous forme de messages extérieurs, sont livrées à l'intelligence de celui qui les reçoit par d'autres canaux que les cinq sens. L'intelligence, dans ce cas, est utilisé comme un terme générique.
L'intelligence est définie comme suit.
  • Faculté de comprendre, de ne pas se méprendre sur le sens des mots, la nature des choses et la signification des faits.
  • Activité volontaire et réfléchie de l’homme s’exerçant d’une façon normale en vue de la connaissance et s’opposant à l’instinct.
  • Parfois utilisé avec le sens limité de capacité d'acquisition et d'utilisation de la connaissance rationnelle et conceptuelle.
  • Développement des facultés de comprendre et de raisonner au-dessus de la moyenne.
  • Connaissance approfondie, compréhension nette et facile.
Or, certaines informations, plus ciblées, échappent à l'intelligence de celui qui les reçoit. Les raisons sont multiples, en voici quelques unes:
  • L'information paraît insignifiante et n'a pas réussi à capter l'attention de celui à qui elle était adressée.
  • L'information a été enregistrée telle quelle et n'a pas fait l'objet d'une analyse même rudimentaire (ce qui est le cas le plus répandu).
  • L'information a été répétée plusieurs fois, à intervalles réguliers, et a fini par être assimilée.
  • Le diffuseur de l'information a compté sur la paresse (naturelle) de l'intelligence humaine.
  • L'information a été livrée d'une manière particulière. Ainsi, la forme attire l'attention plutôt que le fond.
Or, pratiquement toutes les informations qui sont livrées au public sont passées dans une sorte de moulinette qui peut être, ou non, volontaire, intentionnelle, idéologique. La source peut être manipulée, incomplète, orientée, partiellement vraie, ou fausse. Les méthodes de « cryptage » utilisées sont pratiquement tout le temps d'ordre rhétorique, donc faisant appel à des figures de styles. Celles-ci sont connues et pratiquées depuis l'invention du langage et ont servi aux politiques, aux religieux, bref, aux gens de pouvoirs, dans toutes les périodes de l'histoire (passées et présentes) pour assurer leur position sociale. Avec ce procédé, subi et utilisé par tous, même par les plus humbles, certes à des niveaux différents, nous obtenons une équation qui ressemble à quelque chose comme cela:
(Un fait de base) + (un cryptage du diffuseur) = (un message interprété)
Je vais à présent prendre un exemple précis pour vous montrer une partie de l'étendue des possibilités que donne cette information lorsqu'elle prend l'apparence d'un message. J'ai choisi un paragraphe issu d'un discours de Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République. Sur le site officiel de la Présidence de la République (http://www.elysee.fr), j'ai entré le critère suivant dans le moteur de recherche: « nouvel ordre mondial ». Le résultat est surprenant: l'expression exacte figurait dans quinze discours différents. L'intégralité des paragraphes où figure cette expression est consultable sur mon site de la Polimitique ainsi que sur le site officiel d'origine.
Voici l'extrait:
« Au nom de la France, j'appelle tous les Etats à se réunir pour fonder le nouvel ordre mondial du 21ème siècle sur l'idée que les biens communs de l'humanité doivent être placés sous la responsabilité de l'humanité toute entière.
Au nom de la France, je lance un appel solennel aux Nations Unies pour que, dans ce siècle marqué par le retour de la rareté, elles se donnent les moyens d'assurer à tous les hommes l'accès aux ressources vitales, à l'eau, à l'énergie, à l'alimentation, aux médicaments, à la connaissance. »
(Discours du 25 septembre 2007 à la 62ème Assemblée Générale des Nations-Unies)
Première étape:
Je vais faire le relevé de tout les thèmes, idées, notions qui sont cités dans cet extrait, dépouillés de leur enrobage rhétorique.
  • Réunir tous les états
  • Fonder un nouvel ordre mondial,
  • Les biens communs de l'humanité
  • placé sous la responsabilité de l'humanité toute entière.
  • Le retour de la rareté
  • les moyens d'assurer à tous les hommes
  • L'accès aux ressources vitales
  • l'eau, l'énergie, l'alimentation, les médicaments, la connaissance.
Les différents points qui sont soulevés, même ceux qui paraissent insignifiants, sont une source inépuisable de crises, de guerres et de conflits continuels. Il suffit de les prendre les uns derrière les autres et de faire quelques recherches sommaires sur internet pour s'en convaincre. Prenons-en quelques uns au hasard et voyons.
  1. La réunion de tous les états est une idée formidable et d'autant plus ambitieuse qu'elle est vouée à l'échec pendant encore quelques dizaines d'années, voire plus. Le journal de vingt heures de n'importe quelle chaîne, entre deux reportages sans grand intérêt, vous en a donné une idée plus que générale.
Note: Ce que je viens de dire n'est que le reflet de ce que les médias veulent faire passer. A partir du moment où l'idée est largement répandue, et entretenue avec constance, il serait bon de douter de son authenticité et de poser le contraire comme une vérité possible.
Les Nations-Unies sont un bon début mais il faut reconnaître qu'on y parle beaucoup et qu'on a souvent du mal à se mettre d'accord. D'autres réunions de pays, ou plutôt de leurs dirigeants, ont fait, ces derniers temps, la une de l'actualité. En dehors du fait que le grand public ne sait pas grand chose, si ce n'est rien du tout, de ce qui s'y est dit, il suffit de prononcer les deux noms de villes suivants « Kyoto » et « Copenhague » pour comprendre que cela n'a pas été une réussite fulgurante. (relire ce paragraphe en mettant tout au négatif et comparer les résultats)
Les réunions des potentats de ces pays industrialisés dont les noms sont composés de la lettre G et d'un nombre qui croît au fil du temps ont toutes les peines du monde à trouver un terrain d'entente pour polluer (ou ne pas polluer) on les imagine difficilement tomber d'accord sur des sujets plus ardus comme le conflit israëlo-palestinien, l'Irak, l'Afghanistan et ainsi de suite. Malgré tout, le G8 est passé par le 14 pour arriver à 20. (Ce qui est étonnant! Il y aurait donc de plus en plus de pays pour se réunir et ne pas être d'accord!)
Les personnes curieuses qui auront fait des recherches sur ce G20, auront noté la chose suivante: l'apparition d'un concept qui a pour nom « le nouvel ordre mondial ».
  1. Le Nouvel Ordre Mondial, qu'est-ce que c'est? Voyons ce que dit l'encyclopédie en ligne Wikipédia: « Le Nouvel ordre mondial (New World Order en anglais) est un concept géopolitique de l'après-guerre froide immédiat. L'expression désigne l'alignement idéologique et politique des gouvernements et organismes mondiaux vers une certaine unipolarité. »
G20 - Un “nouvel ordre mondial” et beaucoup de questions. (Christine Ollivier, le 03/04/09 à 16h11, sur http://www.francesoir.fr )
« Le sommet de Londres, salué unanimement par les dirigeants de la planète, s’est conclu par un accord historique de gouvernance mondiale. Mais de nombreuses interrogations demeurent.
Faut-il voir dans le sommet du G20 à Londres un nouveau Bretton Woods, et l’émergence d’un « nouvel ordre mondial » comme l’a déclaré jeudi Gordon Brown ? Pour la première fois, les principales économies de la planète, à commencer par les États-Unis, affichent leur volonté de réguler ensemble certains aspects du capitalisme mondial. Et la pression est montée d’un cran à l’égard des paradis fiscaux. Mais il va falloir mettre les mains dans le cambouis pour traduire les engagements en actes. Relevé des copies en septembre à New York, pour le troisième sommet du G20. »
Un autre avis, relevé sur le site suivant (et à l'adresse ci-dessous) http://alexdesilesie.kazeo.com/Conspirations/Le-Nouvel-Ordre-Mondial-NOM,a1748294.html
« Le Nouvel Ordre Mondial a pour but la domination totale de la planète. 
Le Nouvel Ordre Mondial, ou gouvernement mondial n'a pas de frontières.
Le nouvel ordre mondial désigne par définition un groupement de puissances dont les idées et surtout les buts se différencient de l'"ancien ordre", dont les concepts se sont essoufflés progressivement pour finalement disparaître complètement à la fin de la deuxième guerre. Ce nouveau concept tend à vouloir établir un communisme mondial, maintenu par une élite qui se veut éclairée et habilitée à penser pour nous, à notre place. En résumé, ce sera un communisme du type "ce qui est à toi est à moi et ce qui est à moi ne te regarde pas". Et à l'exemple du régime du camarade Staline, "je me montre faible avec les puissants, et fort avec les faibles".
La première étape à été franchie, pour nous européens, depuis la création de la CEE. On tend vers cette globalisation et assimilation de la culture, des politiques, des idées. On va manger, parler, penser européen. Car nous sommes européens! On nous le matraque du matin au soir, on est bien obligé, finalement, de se faire une raison.
Notre nationalisme? Du folklore de carte postale, désormais.
La mondialisation qui se prépare, qui est déjà là, a pour but d'aboutir à un total pouvoir sur les individus par le gouvernement, et certainement pas l'inverse.
Les organisations nationales et internationales (ONU, OTAN, G7, G8, FMI, Banque Mondiale...)ne se donnent même plus la peine de dissimuler quel maître elles servent.
Ceux qui se constituent comme l'élite, depuis des siècles, et surtout depuis le siècle dernier, échafaudent de redoutable plans et n'oublient pas de les mettre à exécution. Ils n'hésitent pas à se servir de variables créés de toutes pièces pour parvenir à leur fin.
Guerre, inflation, terrorisme, épidémie..ce ne sont pas des sentimentaux..
Les nouveaux maîtres du monde sont aujourd'hui tripartites. Ce qui signifie que trois grands groupes se partagent la planète et qu'ils ne s'entendent pas sur tout. »
  1. Les deux points précédents, la réunion de tous les états et le nouvel ordre mondial, aboutissent sur une notion qui, si elle n'est pas citée dans l'extrait du discours choisi en exemple, figure dans d'autres extraits: la gouvernance mondiale.
Il y a trois grands axes de réflexion :
  • Tout d’abord l’intensification des échanges et la montée en puissance des multinationales (acteurs à prendre évidemment en compte) à travers l’investissement direct et l’accroissement de la mobilité des capitaux ont des implications qui n’ont pas encore été pleinement appréhendées et qui servent principalement les intérêts des pays les plus riches.
  • La multiplication croissante d’acteurs non étatiques –les ONG et les mouvements sociaux - appartenant dans leur grande majorité aux pays du nord qui utilisent les NTIC. A l’occasion des grandes rencontres internationales officielles, ces acteurs non-étatiques cherchent à dépasser leur diversité pour définir leur action commune au-delà d’une seule stratégie de négation.
  • Enfin ce sont bien des préoccupations nouvelles ou soulevées plus intensément qui sont apparues dans le débat public : les normes sociales, l’écologie, la sécurité des consommateurs ou encore la criminalité internationale .
  1. Les biens communs de l'humanité semblent fortement intéresser les grands de ce monde (entendez les grands groupes industriels et financiers) et l'intéressement ne doit pas être humaniste ou humanitaire mais purement mercantile, voire pire. Le fait de lier ces biens communs aux notions abordées jusque là (qui sont la réunion des états, le nouvel ordre mondial et la gouvernance mondiale) ne laisse guère de place à un espoir de bonté et de bonheur mais plutôt à une ère de pouvoir et de résistance.
Certes, comme pour me contredire ou apaiser les craintes (justifiées, soit dit en passant) ces biens communs seront placés sous la responsabilité de l'humanité toute entière. Mais il faut se livrer à une petite opération de logique (mathématique autant que linguistique) très simple: je vais aligner les points importants sans y placer de connecteurs (qui peuvent être: et, ou, donc, alors...)
  • réunion de tous les états
  • au sein d'une gouvernance mondiale
  • dans le cadre d'un nouvel ordre mondial,
  • les biens communs de l'humanité
  • la responsabilité de l'humanité toute entière.
Si je relie ces différents points par des conjonctions de coordination ou de subordination (il va falloir réviser un peu votre grammaire, celle qu'on vous a enseignée à l'école primaire et au collège) cela peut donner quelque chose d'effrayant.
«  Le nouvel ordre mondial a pour but, par la réunion de tous les états dans une même gouvernance mondiale, de s'approprier tous les biens communs de l'humanité et d'en disposer en lieu et place de l'humanité toute entière. »
Deuxième étape:
Il faut toujours avoir à l'esprit que l'information qui est diffusée est passée au travers d'une moulinette qui modifie la source pour en faire un message ciblé. Ce message peut être multiple et pas nécessairement négatif. On peut même considérer que seuls les messages circulent et que les véritables informations, quand elles existent réellement (ce qui n'est pas forcément le cas) ne sont jamais brutes. Il est possible de reprendre la formule que j'avais précédemment proposée et de l'adapter comme suit.
Le message diffusé = un contenu (l'information source) + une grille d'interprétation.
Ne croyez pas qu'il y ait systématiquement une volonté de manipulation. Elle existe, certes, mais au quotidien, tout le monde accommode la donnée brute perçue par ses sens par une grille d'interprétation qui est à la fois personnelle et issue de son milieu social, professionnel et familial propre. Entrent également en jeux les desseins et envies, conscients ou non, la volonté de pouvoir et de domination, etc... A titre d'exemple, prenez la tirade du nez de « Cyrano de Bergerac » (disponible sur le lien suivant: http://membres.multimania.fr/cultureg/Extrais/Cyrano.html ) et voyez le nombre de variantes pour un même nez. D'autres exemples vous environnent tous les jours au travail (décortiquez les sermons de vos supérieurs hiérarchiques), à la radio ou la télévision.
  1. Contenu type d'un journal télé;
En règle générale, la structure d'un journal télévisé est toujours à peu près la même. L'exemple qui suit est emprunté au site (http://syti.net)
« Contenu d'un Journal Télévisé ordinaire ou comment faire de l'info sans infos...
J.T. 20h - TF1 - Janvier 1997
20h00 : Le froid, les accidents sur les routes.
20h04 : La naissance du petit Joseph, dans le Gers couvert par la neige.
20h05 : La récolte des brocolis, chez Albert en Bretagne, est menacée par le gel.
20h06 : La récolte des poireaux se fait au marteau. Augmentation inévitable du prix des légumes.
20h08 : Compteurs d'eau et canalisations gelées chez les habitants d'une ville de province.
20h09 : Début des soldes à Paris.
20h11 : Reportage sur la fabrication artisanale du pain.
20h13 : Viol d'une petite fille.
20h14 : Jugement en Belgique d'un membre présumé islamiste du "Gang de Roubaix".
20h15 : En Israël, présentation devant le juge d'un jeune soldat qui avait tenté de mitrailler des Palestiniens.
20h16 : Jugement en Angleterre des époux West, assassins en série de jeunes filles.
20h18 : Départ à la retraite de Miguel Indurain. Rappel de sa carrière de champion cycliste.
20h22 : Rétablissement d'un malade cardiaque greffé aux Etats-Unis.
20h23 : Les hommes consomment de plus en plus de soins et de produits de beauté. Reportage.
20h26 : Prison pour Bernard Tapie, suite à l'affaire des comptes de l'OM.
20h28 : Reportage sur la "poupée qui mange", conçue pour manger des frites, mais qui "mangeait" aussi les cheveux des enfants, voire la peau du doigt. Il est suggéré que la poupée soit équipée d'un "bouton d'arret d'urgence".
20h30 : Stages-nature en montagne pour les enfants en Savoie.
20h32 : Présentation du téléfilm de la soirée, consacré à Dalila,femme du héros biblique Samsom. Reportage sur le tournage du téléfilm.
20h34 : Fin du J.T. Générique. »
  1. Quels sont les thèmes récurrents (les poncifs, leitmotivs et autres clichés tout faits) avec les messages qu'ils sont supposés faire passer (c'est à dire: faire admettre comme vrais).
  • Le président (et tout ce qui va avec). Depuis son élection, Nicolas S. a pris une place très (trop, beaucoup trop) importante dans l'actualité. Comme, on dit, il occupe l'espace de communication par tous les moyens possibles et imaginables: discours, petites phrases, bons mots, gaffes (vraies et fausses)
  • Le gouvernement et le parlement dont on a pu constater qu'ils étaient l'un et l'autre à l'écoute du président et non des français.
  • La sécurité, la sécurité et encore la sécurité. A toutes les sauces, à tous propos, que ce soit pour les radars automatiques ou la vidéo-surveillance. Le tout saupoudré de cascades de chiffres qui démontrent que ça ne sert à rien d'autre que faire le jeu de certains lobbys.
  • La folie sécuritaire qui se décline avec les lois Hadopi et Loppsi qui va transformer monsieur et madame tout le monde en pirate dangereux et en terroriste sanguinaire mettant en péril « les formes républicaines du gouvernement » (Si, si! Ils ont osé faire ça!)
  • Les étrangers, parce que les élections de 2012 vont approcher à grands pas et qu'il y a de l'électorat à racler chez le voisin, même s'il est front national. (Hein, Nicolas, on aimerait qu'ils votent pour soi!) Les étrangers, par tradition, sont responsables de tous les maux. Une rumeur tenace qui prétend qu'ils viennent exprès en France pour toucher les allocations diverses et variées que les français (par voie de conséquence) ne peuvent plus toucher (puisqu'il n'y a plus de sous) est savamment entretenue par les médias à la botte du pouvoir en place.
  • Les musulmans, par tradition issue de la guerre d'Algérie, sont désignés, en France, comme les responsables de tout ce qu'on n'a pas pu mettre sur le dos des étrangers. Ben oui, ils sont français (les gouvernements d'après guerre, la deuxième, les ont fait venir pour travailler dans les mines et les industries parce que le pays manquait cruellement de main-d'oeuvre, et puis ils ont choisi de rester). Il sont français et musulmans. Oui, et alors? Alors, la France, toujours par tradition (imbécile, celle-là) est « la fille aînée de l'Eglise ». La France est catholique, malgré la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat, elle n'est pas musulmane, d'où les tombereaux d'inepties entendues quotidiennement partout. Le grand public, encouragé par les médias, le gouvernement, certains anciens combattants, les racistes et les ignorants, finit par tout mélanger et tout confondre: islam, musulman, terroriste, et tout le reste.
  • La laïcité. Là aussi, on a le droit à de la compote de conneries (excusez-moi pour le mot, mais je n'en vois pas d'autres) Chacun y va de sa conception (stupide, cela va de soi) La laïcité est tout sauf musulmane, islamique. En France, la laïcité est catholique, un point c'est tout. Et la devise de la république, « Liberté, Egalité, Fraternité », elle est catholique aussi. Bref sous couvert de cette laïcité qui devait simplifier les rapports de l'état avec les religions, tout devient d'une terrifiante complexité (mais est-ce un hasard?)
  • L'identité nationale a failli être le cocktail Molotov idéal pour faire péter la république mais la bombe a été désamorcée et le soufflet est retombé aussi vite qu'il était monté. Sachant que définir une identité nationale n'avait manifestement pas d'autre but que celui d'écarter les indésirables.
  • Le social (ou assimilé) permet de déployer une panoplie impressionnante de sornettes contre les fonctionnaires, bombardés nantis pour l'occasion, contre les syndicats et ainsi de suite. Grâce à une vision étriquée du social, les médias et le gouvernement, main dans la main, montent les français les uns contre les autres.
  • Le dernier thème surexploité dans l'actualité est le chiffre: celui du chômage, du déficit de la sécurité sociale, de la criminalité, de la dette publique, celui de la croissance (ou de la décroissance positive, véridique!) le prix du pain, du pétrole, du litre de gazole à la pompe, du caddie de courses à la supérette du coin. Comme il y a des chiffres pour tout et pour tous, qu'ils sont cités et commentés indéfiniment par des experts qui ne prennent même pas la peine d'expliquer ce qu'ils représentent et que les français ne peuvent y comprendre grand chose, on les absorbe sans réfléchir. En fait, le but n'est pas d'éclairer l'auditeur sur la situation économique mais de l'hypnotiser pour faire passer des messages comme la nécessité de réduire les dépenses, de licencier ou de mondialiser.
  1. Comment on vous enrobe tout ça.
  • La répétition, pour ne pas dire le matraquage, régulier, toutes les heures, même.
  • L'opinion d'experts médiatiques qui en savent autant que vous mais qui étalent ce qu'ils ignorent ou ce qu'ils veulent faire gober.
  • Le récit de témoins (plus ou moins directs)
  • Le choix d'un vocabulaire ou de tournures grammaticales selon que vous devez comprendre facilement ou non.
  • L'interprétation des faits, l'adjonction d'éléments extérieurs ou les associations d'idées.
  • Il peut arriver que l'emballage soit tellement important que le fait qu'il englobe finit par être insignifiant, inexistant ou simplement absent.
  • Un événement important (un sommet du G20, par exemple) où sont en jeux des intérêts dont le grand public n'a pas idée, dont on ne peut rien savoir de concret, finira enrobé par un luxe pharaonique de détails annexes qui masqueront l'absence totale de fait à relater.
  • Le style, la diction, le rythme, la personnalité du journaliste feront le reste pour faire passer les messages.
  1. Que faut-il faire de ce qu'on vous raconte?
Pour résumer cette leçon, à partir de l'exemple cité plus haut (l'extrait du discours de Nicolas Sarkozy) je vous invite à décrypter l'actualité de la façon suivante:
  • Décortiquez ce qu'on vous dit. Ne retenez jamais les informations telles quelles mais essayez de différencier ce qui est dit de ce qu'on veut vous dire.
  • Posez vous des questions simples: comment? pourquoi?
  • Comparez les sujets similaires sur différentes stations, chaînes, journaux et autres support.
  • Vérifiez les informations, cherchez-en les sources officielles.
  • Complétez les infos avec vos apports.
  • Diffusez vos observations remarques et critiques à votre entourage ou sur votre blog (si vous en avez un)
  • Demandez-vous quel message le diffuseur de l'information veut faire passer.
  • Passez toutes les informations à l'épreuve de la grille de la manipulette disponible à cette adresse: http://pascaldequeant.blogspot.com/2010/11/le-jeu-de-la-manipulette.html
  • Eliminez tout ce qui est inutile.
  • Retenez l'essentiel, l'info de base sans les accessoires.
Pensez à observer ces quelques règles et vous finirez par constater qu'on ne vous dit pas tout et que quelque fois, on ne vous dit rien du tout.

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