vendredi 17 décembre 2010

La parole au Peuple, leçon 4.

En guise de prolégomène, un petit texte intéressant qui n'a pas forcément de lien direct avec le sujet de ce message. Or, comme énoncent les philosophes, il faut se méfier des apparences.
Pronoms indéfinis.
Il était une fois quatre individus qu'on appelait : « Tout le monde », « Quelqu'un », « Chacun » et « Personne ».
Il y avait un important travail à réaliser et on a demandé à « Tout le monde » de le faire.
« Tout le monde » était persuadé que « Quelqu'un » le ferait.
« Chacun » pouvait l'avoir fait, mais en réalité « Personne » ne le fit.
« Quelqu'un » se fâcha car c'était le travail de « Tout le monde »!
« Tout le monde » pensa que « Chacun » pouvait le faire et « Personne » ne doutait que « Quelqu'un » ne le fasse...
En fin de compte, « Tout le monde » fit des reproches à « Chacun » parce que « Personne » n'avait fait ce que « Quelqu'un » aurait pu faire.
Moralités.
Sans vouloir le reprocher à « Tout le monde », il serait bon que « Chacun » fasse ce qu'il doit faire sans nourrir l'espoir que « Quelqu'un » le fasse à sa place car l'expérience montre que là où on attend « Quelqu'un », généralement on ne trouve « Personne » !
Conclusion.
Je transfère ce message à « Tout le monde » afin que « Chacun » puisse l'envoyer à « Quelqu'un » sans oublier « Personne ».
Je vais commencer ce texte par trois nouvelles qui me semblent importantes et qui ont fait l'objet d'une publication sur deux de mes autres blogs. Comme il est question de démocratie et du droit de parole donné aux Européens d'une part, et de son application dans notre pays par des méthodes dont les résultats sont à l'exact opposé de ce qui est préconisé pour l'Union Européenne, je vais me faire un plaisir de vous les commenter avant que les ciseaux de Miss Censure ne sortent de leur écrin.
  1. Il a été annoncé sur les radios que les Citoyens Européens, dans le cadre de la démocratie participative (ou directe, je ne sais plus laquelle de ces deux blagues a été utilisée) pourraient avoir la parole sous la forme de pétitions. Jusque là, rien de bien extraordinaire. Les conditions à remplir, outre l'appartenance à un site Internet consultable (et facile à espionner) sont dérisoires : 1 000 000 de signatures réparties dans 9 pays différents. Certes, une période de deux années est prévue pour la collecte des signatures, il en faut tout de même un million.
  2. Tandis que le gouvernement, arguant de ses thèmes habituels qui sont la sécurité, la sécurité et toujours la sécurité, après vous avoir plumé avec le dossier des retraites, s'occupe désormais de vos libertés. L'épouvantail sécuritaire est bien pratique puisqu'il sert à tout en même temps. C'est une sorte de panacée universelle de la démocratie à la française vue par le tout petit bout de la lorgnette. Cette fois-ci, traque sur Internet. Non, ce n'est pas le film, mais la réalité. On va filtrer, surveiller, pister, fliquer, réprimer et débusquer les vilains : les pédophiles. On y met les limiers d'Hadopi qui vont être autorisés, si on ne fait rien pour les empêcher, à observer le streaming (la quantité de données qui passe sur votre connexion) et le tour est joué. Une question peut être posée : quel est donc le lien (logique ou non) qui relie le thème de « pédophile » à l'institution Hadopi qui gère les droits d'auteurs sur le web? Si vous ne voyez pas, on le verra pour vous!
    Est-ce un hasard, une coïncidence, un fait-exprès ou une erreur d'appréciation : le site satirique, ouvertement anti-Sarkozy « torapamavoa » hébergé chez blogspot (autrement dit Google) a été verrouillé, bloqué et sera purement et simplement supprimé. Une pétition existe pour soutenir ce site (lien disponible sur mon site de la polémitique)
  3. Mercredi 15 décembre, les députés ont procédé à la résurrection de Dame Censure en votant l'article 4 de la loi Loppsi qui permet désormais à l'exécutif (entendez par là « Son Excellence le Président de la République Française », lui-même et en personne!) de faire fermer les sites Internet sans intervention de la justice (comme le réclamait l'opposition). La liberté d'expression prend une de ces claques qui nous ramène à des périodes de notre passé qui ne sont pas républicaines. Pour ce qui concerne l'opposition (opposition à quoi, on se le demande) aucun député n'a proposé le retrait pur et simple de cette ignominie. Il serait presque permis de croire que cette loi arrange tout le monde : la majorité, pour contrôler les foules, l'opposition, pour leur éventuel retour (ils n'auront plus à s'en occuper puisque cela aura été fait!)
Avec ces nouvelles, nous pouvons considérer que la démocratie directe (une idée qui relève de la science-fiction, du moins pour nos politiques) fait un grand bond, mais en arrière. Et moi, dans tout cela? Je pensais que j'étais en avance sur mon temps en basant ma campagne électorale sur les Comités de Citoyens (une variante très avancée de la démocratie participative) mais si la liberté continue d'être malmenée par les démocraties libérales (une façon soft et passe-partout de désigner les dictatures) je vais finir par être définitivement anachronique (ce que des proches me reprochent déjà, mais à tort!)
Définitions du mot « libéral »:
  • Qui est favorable aux libertés individuelles.
  • Celui qui professe des idées libérales. (L'État et les groupes privés ne doivent pas, par leur intervention, gêner ce libre jeu bénéfique de la concurrence entre les individus.)
    « Le projet global du libéralisme, mis en oeuvre à partir des années 80, consiste à transformer la société pour qu'elle réponde pleinement aux exigences du capitalisme :
  • libre circulation des capitaux,
  • mise en concurrence des travailleurs et nivellement par le bas des salaires et droits sociaux,
  • suppression de services publics,
  • suprématie absolue de l'économie.
    Le libéralisme est devenu le fondement des grandes instances mondiales, comme l'OMC ou le FMI qui par leur supranationalité échappent à toute légitimité démocratique. Il est le seul modèle enseigné dans les grandes écoles où aucune autre vision n'est étudiée. Il est la seule logique des grandes entreprises et du capitalisme et tend à devenir la seule référence des gouvernements, de droite comme de gauche.
Présenté comme loi naturelle, le libéralisme devient alors intouchable, ce qui lui permet d'échapper aux aléas électoraux du jeu démocratique. »
(ce point provient du site : http://www.toupie.org)
  • Tolérant à l'égard des opinions d'autrui.
Pour donner la parole au Peuple, j'ai proposé la création de Comités de Citoyens dans toutes les mairies. Les Citoyens pourront s'y retrouver pour échanger leurs opinions, prendre connaissance des textes de loi et se réunir de leur propre initiative sur des sujets qui les concernent directement. Mes détracteurs ne manqueront pas de me rappeler que je ne suis pas le premier à vouloir faire participer les Citoyens et que des expérimentations de démocratie directe ont déjà eu lieu dans plusieurs pays. Le principe de Comités de Citoyens ne doit pas être rangé dans la catégorie dite « démocratie participative » mais dans celle que je désigne par « démocratie avec implication ».
Avant de passer en revue les différentes expérimentations démocratiques, je vais m'arrêter quelques instants sur ce mot : « participatif », du verbe participer auquel est ajouté le suffixe -atif.
Participer :
  • Prendre part à quelque chose.
  • Payer une partie de quelque chose, contribuer à.
  • Avoir droit à une partie de quelque chose.
Synonymes : adhérer, aider, collaborer, concourir, contribuer, coopérer, s'associer, s'immiscer, tremper (dans un sens figuré et péjoratif).
Le suffixe -atif transforme le verbe en adjectif. On le retrouve, par exemple, dans les couples suivants : communiquer et communicatif, associer et associatif, représenter et représentatif. Le suffixe donne au verbe de départ une nuance de possibilité. Pour reprendre un des exemples, un rire communicatif pourra se communiquer (ou non). Dans une démocratie participative, le Citoyen pourra participer (ou non) selon des critères qui peuvent être multiples, orientés et pas nécessairement objectifs.
(les articles suivants sont issus d'un site externe dont je donne l'adresse :
http://www.debatpublic.fr/notions_generales/autres_experiences.html)
1) Conférence de citoyens / conférence de consensus
Conçue et utilisée au Danemark depuis 1987 sous forme de conférence de consensus, la conférence de citoyens est une forme de participation citoyenne, dont l’objectif est de permettre à un panel de citoyens profanes de dialoguer avec des experts et de s’exprimer sur des problématiques scientifiques et technologiques pour lesquelles il existe d’importantes incertitudes et divergences d’opinion. Après une formation préparatoire, sur deux ou trois week-end, menée par des scientifiques, le panel de citoyens débat publiquement avec des représentants du monde politique, économiques, associatifs et avec des experts. A l’issue de cette conférence, qui dure en moyenne quatre jours, le panel de citoyens rédigent à huis-clos un rapport contenant leurs avis et recommandations, qui est ensuite rendu public et remis aux instances politiques.
A la différence de la conférence de consensus telle qu’elle se pratique au Danemark, la conférence de citoyens à la française n’a pas pour but la recherche systématique d’un consensus entre tous les membres du panel des citoyens, mais laisse la possibilité d’émettre des opinions divergentes.
En France, trois conférences de citoyens ont été organisées :
  • 1998, Conférence de citoyen sur « Les OGM dans l’agriculture et l’alimentation organisée par l’office parlementaire des choix scientifiques et technologiques (OPECST).
  • 2002, Conférence de citoyen sur « Les changements climatiques et citoyenneté » organisée par la Commission française du développement durable.
  • 2003, Conférence de citoyens sur « Le devenir des boues domestiques issues de station d’épuration », organisée dans le cadre du Débat national sur l’eau.
2) Cellule de planification/ Jury de citoyens
Méthode de participation citoyenne mise au point en Allemagne dans les années 1970 par le sociologue Peter Dienel, les cellules de planification sont surtout utilisées au niveau local. L’objectif est de permettre à un panel de citoyens regroupant des personnes directement concernées représentant un microcosme de leur communauté et divisé en petit groupe appelé « cellule de planification », après avoir reçu des informations différentes sur des aspects économiques, politiques et sociaux, de discuter et d’évaluer différentes options d’une problématique concernant la planification urbaine. Les recommandations et avis des citoyens sont ensuite publiés dans un rapport qui est transmis aux décideurs politiques.
3) Scenario workshop / Atelier scenario
Méthode de participation citoyenne initiée pour la première fois en 1992 au Danemark par l’Office danois de technologie, les ateliers scénarios consistent à organiser plusieurs ateliers de travail regroupant chacun des élus, des experts, des représentants du monde socio-économique, des habitants. L’objectif est de permettre à partir de plusieurs scénarios possibles sur une problématique du développement durable, l’échange de connaissances et d’expériences, le développement de visions communes et l’émergence d’un plan d’action.
En 1994, un programme européen intitulé « European Awareness Scenario Workshops » a été mis en place afin d’encourager l’utilisation de cette méthode en Union européenne.
4) Sondage délibératif
Méthode de construction d’une opinion publique, mise au point par le politiste américain James Fishkin et utilisée aux États-Unis, le sondage d’opinion délibératif consiste à soumettre un panel de citoyen représentatif de la population à un processus intense d’information et de discussion puis de mesurer l’évolution de l’opinion des participants sur le thème abordé. Durant le processus, les participants délibèrent et ont la possibilité de poser des questions à des représentants du monde politique et à des expert
5) Jurys Citoyens
(cet article est issu de Wikipedia)
Un Jury Citoyen (ou conférence de citoyens, ou panel de citoyens) est une assemblée temporaire désignée par tirage au sort ou choisie par une autre méthode aléatoire (démarchage dans la rue, etc.) pour orienter certaines décisions politiques. Le but est de renforcer la participation citoyenne dans les processus politiques et/ou d'éclairer la prise de décision dans des situations complexes en consultant un échantillon de la population. Historiquement, les Jurys Citoyens s'inspirent du modèle des jurés des Assises, d'où le nom de "jury" qui leur est souvent donné, en particulier dans les pays anglo-saxons, mais leur objectif est de faire des propositions plutôt que de juger des décisions déjà prises.
Les jurys de citoyens sont utilisés à titre expérimental dans de nombreux pays depuis les années 2000 et ont un cadre plus officiel dans certain pays comme l'Allemagne (notamment à Berlin), au Danemark ou en Espagne.
Fonctionnement
Bien que le fonctionnement des Jurys Citoyens puisse varier, il existe quelques constantes :
  • Le nombre de jurés est limité pour permettre des débats plus efficaces (généralement à une dizaine ou une vingtaine) ;
  • Les jurés sont tirés au sort pour obtenir un panel représentatif des personnes concernés par le processus politique à arbitrer (une minorité des jurés est parfois désignée dans les milieux associatifs) ;
  • Les jurés sont officiellement libérés de leurs obligations professionnelles et familiales et sont souvent indemnisés financièrement ;
  • La participation aux Jurys Citoyens est volontaire (aucune pénalité ne touche ceux qui refusent d'y participer) ;
  • Les périodes de délibération sont précédées d'une phase d'apprentissage, qui peut se limiter, dans certains cas à la simple lecture d'un document résumant les enjeux du débat mais qui comprend généralement des débats avec des experts et des représentants d'associations porteurs d'opinions contrastées sur la question posée ;
  • Les périodes de délibération sont généralement courtes (2 à 4 jours).
Critiques:
Si les critiques faites aux Jurys Citoyens sont souvent d'ordre idéologique, il en existe certaines d'ordre factuel. Leurs coûts : indemnisation des jurés, formation des jurés, organisation des débats préparatoires, etc. En Espagne, où les jurés sont très nombreux, le coût peut aller de 5000 euros pour 50 jurés jusqu'à 100 000 euros pour 300 jurés. Dans le cas de jurys décisionnaires, ce coût est amorti par les processus qu'il remplace alors que pour les jurys consultatifs, il vient s'y ajouter.
(Fin des citations)
Ces expérimentations ne manquent pas d'un certain attrait. Elles ont dû donner des résultats intéressants, voire surprenants mais ce n'est pas avec ça que la démocratie va pouvoir être concrètement bâtie. Si je n'étais pas intimement persuadé que ces expériences ont permis à des élus ou des industriels de se débarrasser de certains problèmes sur un panel de la population supposé représentatif (représentatif de quoi, on ne sait pas!) je croirais que ces expériences de « démocratie amusante » n'ont été organisées que pour endormir un public mécontent. Effectivement, les Citoyens de ce pays, comme dans beaucoup d'autres, ont l'impression (vérifiée) de ne pas avoir « voix au chapitre », bref de ne jamais avoir leur mot à dire, ne jamais être écoutés ou entendus (et les exemples ne manquent pas : ce sont toujours les mêmes et ils ont tendance à se reproduire depuis des dizaines d'années). Les Comités de Citoyens, tels que je les conçois, vont bien plus loin que ces manipulations de laboratoire.
Au lieu de rejeter bêtement le principe de Jury Citoyen, il convient de prendre chacune de ses caractéristiques et de les comparer avec celles des Comités pour en isoler les différents points de divergence.
L'initiative des Jurys Citoyens.
  • Les Jurys Citoyens ne se réunissent jamais de leur propre initiative.
  • Rien n'est fait pour que pareille chose soit possible.
  • Personne n'a jamais imaginé que cela puisse être possible.
  • Tels qu'ils sont constitués, ce n'est même pas envisageable.
  • Ce sont des organismes extérieurs qui font appel à ces jurys, ponctuellement et pour des motifs bien définis, voire fermement encadrés.
  • Les avis de ces jurys sont fortement influençables et les débats orientés.
Les Comités de Citoyens ont les particularités suivantes :
  • Ils sont permanents.
  • Les réunions de ces Comités sont régulières.
  • La participation des Citoyens n'est pas obligatoire mais volontaire et encouragée.
  • Le fait de se rendre à la mairie pour prendre connaissance des lois, d'y exprimer une opinion (ou non), de consulter les sites Internet officiels chez soi, c'est participer au Comité.
  • Un ordre du jour peut être défini par un élu, une association, un parti, un syndicat, un professionnel ou un particulier. Il peut être lié à l'actualité, un projet local ou national, un sujet de société.
  • Il peut prendre la forme des Jurys Citoyens. Les Comités peuvent être scindés en groupe différents, ces groupes se réunir à des dates étalées et rendre des conclusions différentes.
Le nombre des jurés, dans les Jurys Citoyens, est limité, voire réduit alors que les Comités de Citoyens sont constitués, par défaut, de la totalité des citoyens de la commune. Comme il est possible de former des groupes séparés, il est possible de considérer qu'un Comité de Citoyens est composé d'un ensemble de Jurys Citoyens. D'autre part, tous les Citoyens ne se réuniront que très rarement en totalité. La participation sera étalée sur plusieurs réunions, ce qui peut être un avantage. Il peut être organisé des consultations publiques (et citoyennes) sur plusieurs jours, plusieurs groupes, et avec des approches différentes. Le comte-rendu sera unique mais contiendra tous les débats.
Le choix des jurés est lié à la notion statistique d'échantillon représentatif. Je ne considère pas l'être humain, citoyen responsable et impliqué dans la gestion de sa République comme une donnée statistique mais pour ce qu'il est : un être vivant et pensant, avec ses qualités mais aussi ses défauts. Débattre sur des sujets suffisamment importants pour que les citoyens y soient associés ne devrait pas laisser de place au hasard. Les Comités de Citoyens, par définition, contiennent l'intégralité des citoyens. Ceux qui participeront aux réunions, même irrégulièrement, se sentiront directement concernés et pourront s'impliquer directement. Il suffira simplement de les rencontrer quand ils sont disponibles et disposés : l'échantillon représentatif, même si je n'aime pas l'expression, n'aura pas besoin de procédé aléatoire pour exister.
Comme les Jurys Citoyens sont calqués sur les jurys d'assise, les jurés qui sont réunis pour débattre sont libérés (de leurs emplois) et indemnisés (c'est à dire rémunérés). Procéder de cette manière, même s'il encourage (financièrement) le citoyen à s'investir (c'est le cas de le dire) et participer à des débats de fond, du fait qu'elle est liée à une rétribution, amène son cortège d'inconvénients : fiabilité, honnêteté, spontanéité etc... Du fait que le participant trouve un intérêt (en euros) à ces réunions, il peut se laisser influencer (intentionnellement ou non) et se convaincre de la véracité de l'avis de celui qui paie. Si les privilèges, ce sont les avantages des autres, les avantages des uns peut faire le jeu de celui qui les accorde!
Les Comités de Citoyens s'affranchissent volontairement de cet aspect « sonnant et trébuchant » puisqu'ils sont volontaires, bénévoles et permanents. Les Citoyens se réunissent librement quand ils sont disponibles, donnent leur avis aussi bien par Internet qu'en passant à la mairie. L'absence de toute rémunération élimine l'aspect mercantile, dissuade les hypocrites, les opportunistes et permet d'éviter les abus. Il conviendra de garder à l'esprit que la « démocratie avec implication » est fondée sur un contrat de collaboration et de complémentarité entre les électeurs et les élus. La différence entre les uns et les autres, la rémunération des élus, logique puisqu'elle est versée pour l'exercice d'un mandat.
Le seul point qui peut être commun aux Jurys et aux Comités, tous deux Citoyens, est la formation des participants. En apparence, seulement :
  • Les Jurys Citoyens sont formés de façon ponctuelle, avec ce qu'on désigne par un panel représentatif, et répondent à une demande précise. Ils est donc nécessaire de former les participants, de leur apporter quelques informations de base. Si la durée de ce jury est trop courte, les participants ne peuvent faire des recherches personnelles et basent leurs travaux sur ce qui leur est dit. Ce panel étant renouvelé à chaque jury, la formation ou la préparation est à recommencer à chaque fois.
  • Les Comités de Citoyens sont formés de tous les Citoyens qui, certes, ne se réuniront pas tous en même temps. La participation de ces citoyens ne sera pas unique, même si elle est irrégulière, et la formation, si elle est nécessaire, n'aura pas besoin d'être reproduite à chaque réunion. Les mois passant, les nouveaux venus seront informés des procédures par les anciens. Une auto-formation finira par se mettre en place d'elle-même. De plus, les avis des spécialistes invités à présenter des problématiques pourront être complétés par les recherches extérieures des Citoyens participants. Les résultats, s'ils ne sont pas forcément conformes à ce qui est attendu, peuvent être d'un secours précieux. (Il faut conserver l'idée d'une collaboration, dans le sens d'assistance mutuelle et non celle de Vichy!)
En fin de compte, les Jurys Citoyens sont peut être des expériences utiles, elles demeurent timides et en deçà des capacités de l'ensemble des Citoyens. Je ne le répéterai jamais assez : le Peuple de France possède une expérience qui vaut bien mieux que toutes les connaissances des soi-disant élites. Plutôt que de vouloir museler le Peuple, il est plus logique et honnête de lui rendre la parole et de l'écouter. S'il n'ose pas parler, le Président de la République devra aller à sa rencontre et susciter le débat.

dimanche 5 décembre 2010

La parole au Peuple, leçon 3.

Pour cette leçon, il m'a paru important de revenir sur quelques termes que j'ai pris l'habitude d'utiliser et qui ont pu dérouter mes lecteurs. Ce vocabulaire, lorsqu'il n'a pas purement et simplement disparu du langage courant, qu'il soit politique ou non, a parfois changé de sens pour devenir péjoratif. Pour quelques uns, ces termes sembleront sortis des livres d'histoire poussiéreux et ne feront que raviver des mauvais souvenirs. Or, si je décide de revenir sur ces quelques mots, c'est parce que je souhaite qu'ils reprennent la place qui est la leur dans l'actualité autant que dans la vie quotidienne des citoyens à qui je m'adresse. Pour la plupart, ils ont été forgés avant la révolution, définis par les philosophes du siècle des lumières et c'est après la prise de la Bastille qu'ils ont pris toute leur dimension. Avec les années, les deux siècles qui nous séparent de ce grand événement, fondateur pour certain, maudit par d'autres, ces mots ont été galvaudés, détournés et leur sens originel modifié. Je voudrais simplement les replacer dans leur contexte d'origine et les transposer au présent pour pouvoir bâtir l'avenir.
Petite note : En règle générale, les définitions entre guillemets sont des emprunts à l'encyclopédie en ligne Wikipédia. Les citations d'autres provenances sont indiquées à la fin des paragraphes correspondants.
La Royauté.
« La royauté désigne un régime politique dans lequel le chef d'une nation porte le titre de roi. En France, depuis le XVIIème siècle, elle est de plus en plus souvent désignée par le terme impropre de monarchie qui désigne les régimes politiques dans lesquels une seule personne exerce tous les pouvoirs. La royauté ne doit pas non plus être confondue avec d'autres régimes politiques comme l'empire qui suppose la soumission de plusieurs nations, ni avec la tyrannie qui est un régime affranchi de toutes lois.
Bien qu'elle se manifeste par des aspects sacrés, la royauté exerce un pouvoir politique qui est presque toujours distincte du pouvoir religieux. Bien qu'elle se manifeste aussi par une très grande richesse, elle ne participe pas non plus au pouvoir économique. La royauté semble se limiter à une fonction de représentation (pouvoir d'incarner l'unicité de la nation et de traiter avec les autres peuples), de paix (intérieure et extérieure) et de justice. À la limite, elle se réduit à la fonction de maintien des règles et des traditions, d'arbitrage suprême entre les différents pouvoirs qui émanent de lui, , sauf la justice et la conduite de la guerre. Elle n'est donc pas équivalente à la monarchie, qu'Aristote ou Montesquieu définissent comme le régime politique dans lequel tous les pouvoirs sont exercés par un seul : le monarque peut porter le titre de roi, mais également celui d'empereur, de tyran, de dictateur, de consul, de Premier secrétaire, de Guide, etc...
Quel que soit le mode d'accession au trône, la royauté tire son autorité dans une certaine forme de continuité, résumée par exemple en France par l'expression : « Le Roi est mort, vive le Roi ! ». Il n'y a pas d'idée de rupture, la légitimité venant de la sacralité de la fonction et la continuité étant le signe de la permanence du lien. La fonction comme telle est immortelle, puisque sacrale, le roi d'une certaine manière se retrouve dans ses descendants, ou ses successeurs. »
Commentaires personnel : seules les points suivants peuvent être retenus :
  • Il existe en France trois familles qui pourraient prétendre au trône, d'une part s'il en restait un vacant, ce qui n'est pas le cas, d'autre part si les français le souhaitaient, ce qui n'a pas l'air d'être franchement le cas non plus :
  1. la branche des Bourbons dite d'Orléans, représentée actuellement par deux individus dont l'un est le fils de l'autre, Le Prince Jean d'Orléans et Henri, Comte de Clermont;
  2. la branche des Bourbons d'Espagne, représentée par Louis XX, duc d'Anjou et de Cadix;
  3. la famille du Prince Napoléon, descendant d'un des frères de l'Empereur Napoléon Ier (à noter qu'un membre de cette famille a renoncé à toute prétention en 1926)
  • Les deux représentants des deux branches des Bourbons attendent qu'on les rappelle sur le trône, spontanément, sans rien proposer de concret pour motiver un éventuel retour. Ils peuvent s'armer de patience, ce n'est pas demain qu'un tel retour se fera : les français ont été (trop) bien conditionnés par la propagande souvent douteuse de cent-cinquante années de république.
  • Un élément qui ne plaide pas du tout en leur faveur tient dans un détail qui a toute son importance : il suffit de consulter les sites d'information royalistes pour s'en convaincre. Il s'agit d'une vision toute particulière de la démocratie, une façon d'appréhender la souveraineté nationale. Ces gens-là rêvent d'une royauté populaire mais d'un peuple qui n'a pas forcément voix au chapitre. Quant au suffrage universel, n'en parlons pas.
La République.
« Une république est une forme de gouvernement qui n'est pas (ou très rarement) héréditaire, dans laquelle les gouvernants ont (ou prétendent avoir) un mandat du peuple, via l'élection, ou d'une partie de celui-ci. Le terme de république s'oppose à ceux de royauté ou d'empire.
Au moment de la Révolution française, en référence à la République romaine qui s’est établie à la suite de la monarchie, le régime politique qui fait suite à l’Ancien Régime féodal, est baptisé « république ». Le 21 septembre 1792, suite à la proclamation de l'abolition de la royauté, la Première République française est déclarée. Cependant, à cette époque, l'opposition entre république et monarchie héréditaire n'est pas encore officiellement établie, puisque, en 1804, Napoléon Bonaparte se considère comme «Empereur de la République française».
Par la suite, en français, le mot est devenu largement synonyme de démocratie, et s’oppose alors à despotisme ou totalitarisme. Cette assimilation s’explique par l’histoire politique française. Les francophones ont le sentiment de faire un oxymore lorsqu’ils parlent de démocratie populaire et que le premier terme recouvre un régime totalitaire ; il ne l’est plus si on conserve au mot son sens de forme de gouvernement qui fait suite à un régime féodal. »
Note pour le terme « oxymore » : il s'agit d'une figure de rhétorique qui combine, dans une même structure syntaxique deux notions contradictoires. Exemples, un illustre inconnu, l'obscure clarté des étoiles (Corneille), la Royauté Républicaine (voir ci-dessous ce que j'ai à en dire)
La Royauté Républicaine.
Le titre du site web d'information générale, autant que celui de l'association qu'il représente, a pour principe de concilier les deux principes de royauté et de république comme une synthèse du passé historique de notre pays. J'ai eu l'occasion de montrer que, contrairement à cette habitude de les opposer, les deux conceptions pouvaient se compléter. Pour autant, il n'est pas question de rétablir la royauté en France, mais la république, celle définie par la constitution de 1958. Il n'est donc pas question de trône, ni de famille royale, qu'elle relève de la branche des Bourbons d'Espagne ou de celle des Ducs d'Orléans, ni rien de tout cela. Ce n'est pas à un candidat à une élection présidentielle de proposer ce genre de chose, ni aux élus de la Nation mais aux citoyens eux-mêmes de se prononcer selon cette idée de « liberté des peuples à disposer d'eux-mêmes ». Il est évident que pareille chose n'est de toute façon pas d'actualité, ni pour moi, ni pour les électeurs.
Le programme de compagne électorale que je me suis fixé repose sur les points suivants :
  • Redonner au Président de la République les fonctions de médiation et d'arbitrage entre les français et leurs élus. Le chef de l’État, normalement, n'est pas élu pour gérer les affaire mais pour les superviser. Il n'est donc pas le Premier Ministre.
  • Donner la parole au Peuple de France en constituant des Comités de Citoyens où chacun pourra s'exprimer et donner ses avis et opinions. Toutes les modalités ont été définies sur les différents sites, il suffit de suivre les liens correspondants.
  • Accorder un pouvoir supplémentaire aux électeurs par le décompte des bulletins blancs comme suffrage exprimés et dont le nombre pourrait éliminer les candidats désavoués ou annuler une élection si le vote blanc et massif.
  • Étendre les principes de votation publique (ou citoyenne) et de pétition et rendre leur examen obligatoire par le gouvernement ou le Parlement.
La Souveraineté.
« Le concept émerge avec celui d'État, au Moyen Âge. Le souverain est donc au départ une personne identifiée (le représentant de l'État, le roi) puis se détache de plus en plus de sa personne pour devenir un concept théorique indépendant et intemporel. La souveraineté n'est en principe qu'étatique, mais on voit apparaître aujourd'hui un concept de souveraineté qui se détache de plus en plus des États.
En droit, la notion de Souveraineté est définie comme la détention de l'autorité suprême. Celle-ci, lorsqu'elle est détenue par une seule personne, donne lieu à un régime despotique. Au contraire, dans les démocraties, elle est détenue par le peuple constitué en un corps politique appelé nation. »
La Démocratie.
« Le terme démocratie s'oppose historiquement aux systèmes monarchiques, où le pouvoir est détenu par un seul, ou oligarchiques où le pouvoir est aux mains d'un petit groupe. Dans son sens originel, la démocratie est le gouvernement de tous les citoyens (la citoyenneté, cependant, n'est pas forcément donnée à toute la population).
On résume souvent ce corpus à la formule d'Abraham Lincoln : « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple », qui a été introduite dans la constitution de 1958 de la Cinquième République française. La caractérisation, par les articles ou prépositions « du », « par » et « pour », de la relation entre peuple et pouvoir qu'exprime le mot démocratie, n'est pas sans possibilité d'interprétations différentes, de l'idée et des principes qu'il contient, ni de leur mise en œuvre concrète. En ce qui concerne les régimes politiques qui en portent le nom, ou l'ont porté, ils se révèlent avoir été ou être très divers. Ainsi, aujourd'hui encore, il n'existe pas de définition communément admise de ce qu'est ou doit être la démocratie.
La démocratie est devenue un système politique (et non plus un simple régime) dans lequel la souveraineté est attribuée au peuple qui l'exerce de façon :
  • directe : régime dans lequel le peuple adopte lui-même les lois et décisions importantes et choisit lui-même les agents d'exécution, la démocratie directe ;
  • indirecte : régime dans lequel le rôle du peuple élit des représentants, la démocratie représentative.
  • semi-directe : variété de la démocratie indirecte dans laquelle le peuple est cependant appelé à statuer lui-même sur certaines lois, par les référendums, véto ou initiatives populaires.
Par extension, le terme « démocratie » qualifie souvent tout pays qui est reconnu comme appliquant des principes démocratiques dans son fonctionnement. »
La Dictature.
« Le terme vient du latin dictatura qui désignait à l'époque de la République romaine une magistrature exceptionnelle qui attribuait tous les pouvoirs à un seul homme (le dictateur - étymologiquement « celui qui parle »). Cette magistrature suprême, assortie de règles de désignation précises et temporaires (six mois maximum), était accordée en cas de danger grave contre la République. Elle fut abolie après les dictatures de Sylla et Jules César.
Le mot dictateur désigne aujourd'hui ce que l'on appelait plutôt tyran dans l'Antiquité ou despote dans l'Ancien Régime. Cette acception qui s'est développée pendant la Révolution française sert surtout pour la période contemporaine. Dans le domaine politique, on appelle « dictature » un régime dans lequel une personne (le dictateur), ou un groupe de personnes, disposant d'un pouvoir absolu, s'y maintient de manière autoritaire et l'exerce de façon arbitraire.
Le caractère absolu du pouvoir se caractérise notamment par l'absence de séparation des pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire). Cette confusion des pouvoirs peut l'être au profit de l'exécutif (cas le plus courant) ou au profit du législatif (régime d'assemblée). Il résulte aussi de l'absence de contrôle démocratique et d'élections libres (répression des opposants, le non-respect de la liberté de la presse).
Le caractère arbitraire du pouvoir se traduit par le non-respect de l'État de droit (violation de la Constitution, établissement de lois d'exceptions). Si beaucoup de dictateurs arrivent au pouvoir à la suite d'un coup d'État (en Amérique du Sud notamment) ou d'une guerre civile (Francisco Franco), il arrive qu'un dirigeant parvienne au pouvoir légalement avant de devenir un dictateur (ce fut le cas d'Adolf Hitler). »
Commentaire personnel : Que faut-il donc penser du quinquennat de Nicolas Sarkozy qui a utilisé cette procédure accélérée, une des nouveautés de la révision de la Constitution de 2008, pour imposer sa réforme du les retraites? Les lois sécuritaires et répressives (Loppsi 2, Hadopi, pour ne citer qu'elles) ne font-elle pas penser à une dérive dictatoriale où la démocratie, excusez-moi de l'expression, on s'assoit dessus?
Les Dictocraties, démotatures ou autres démocratures.
« La dictocratie (ou démocrature) désigne un régime qui, sous l'apparence d'une démocratie, fonctionne en réalité comme une dictature. Une constitution est en place, des élections ont lieu régulièrement, la liberté d'expression est garantie dans les textes, cependant les élites en place manipulent ces institutions afin de conserver leurs privilèges. Cela peut être aussi le cas lorsqu'il existe une collusion entre les médias et le pouvoir en place. » (Citation empruntée au site toupie.org)
Commentaire personnel : si je m'en tiens à cette définition, pour compléter ce que je disais dans le paragraphe précédent, le quinquennat de notre président, quelque fois désigné sous les sobriquets de « Sarkoléon » ou de « Nicolaon Zéro » la France a basculé, en souplesse, vers ce type de régime complètement hypocrite. Il ne tient qu'à vous que tout cela change.
La Monarchie.
« La monarchie est un système politique où l'unité du pouvoir est symbolisée par une seule personne, appelée monarque. Elle n'est ni nécessairement une royauté, ni nécessairement héréditaire : il a toujours existé des monarchies électives, par exemple chez les Gaulois. Selon la définition de Montesquieu, une monarchie se définit par le gouvernement absolu d'un seul, mais ce pouvoir est limité par des lois.
La monarchie est dite monarchie constitutionnelle lorsque les pouvoirs du monarque sont définis par une constitution qui fixe par écrit des lois fondamentales prévoyant une séparation des pouvoirs. Il est souvent admis, lorsque l'État est menacé par une guerre étrangère ou civile, qu'une loi martiale lui donne provisoirement tous les pouvoirs : la monarchie devient alors, au sens antique, une dictature (comme l'exerçaient les consuls ou les généraux romains en cas de graves problèmes).
La monarchie est dite parlementaire lorsque le chef du gouvernement, nommé par le roi lorsqu'il y en a un, est responsable devant le Parlement, dans ce cas le monarque est le représentant de l'État au titre de Chef de l'État, un arbitre, et le garant de la continuité des institutions (exemple : Grande-Bretagne, Espagne, Belgique).
La monarchie est dite absolue lorsque le monarque détient tous les pouvoirs. Certains parlent alors de régime despotique alors qu'il n'en est rien car le roi se doit de respecter les Lois Fondamentales du Royaume tandis qu'un despote ou un tyran n'est limité par aucun pouvoir supérieur. C'est ainsi que Louis XIV s'est vu refuser par le Parlement de Paris l'enregistrement du Traité d'Utrecht sur la partie où le roi renonçait au Trône de France pour son petit-fils Philippe (devenant roi d'Espagne) et sa descendance. Le Parlement de Paris a rappelé au "Roi Soleil" que personne, même lui, ne peut disposer de la dévolution de la Couronne qui se fait indépendamment de lui selon un ordre prévu par les Lois Fondamentales du Royaume (loi salique de primogéniture mâle pour la France).
Monarchie républicaine.
L'expression est du général de Gaulle qui avait dit « La république n'est pas le régime qui convient à la France, il lui faut un roi! » Ce après quoi, il avait proposé l'élection du Président de la République au suffrage universel.
Pour fabriquer cette « monarchie républicaine » vous prenez quelques ingrédients épars dans les paragraphes précédents, vous les mélangez vigoureusement, vous faites une vérification simple du résultat avec l'année qui va bientôt se terminer pour vous convaincre que la formule peut s'appliquer (et elle s'applique avec une merveille de précision) et surtout, si vous êtes le Président, pour bien enfoncer le clou, vous vous achetez un avion pour vos voyages officiels en posant cette question saugrenue : douche ou baignoire?
L'antilogie consiste en une contradiction ou incompatibilité entre deux idées ou deux opinions dans une même phrase ou un même texte. La monarchie républicaine, loin de concilier deux principes antagonistes, est une façon déguisée de gérer la dictature. En effet, si la république c'est l'affaire de tous, la monarchie, c'est le pouvoir d'un seul qui n'est pas le peuple.
C'est donc la raison pour laquelle, à cette « monarchie républicaine » qui ignore le Peuple de France, j'oppose le principe d'une « royauté républicaine » qui repose sur la souveraineté et la suprématie de la Nation.
Anachronisme.
« Faute contre la chronologie; Toute erreur qui consiste à attribuer des usages, des idées, etc., aux hommes d’une époque où ces idées, ces usages n’étaient pas encore connus. »
Mon projet a été catalogué par certains lecteurs comme anachronique. Ils n'avaient de toute évidence pas lu ce qui était contenu dans les différentes pages et messages de mes quatre sites. Je voudrais donc poser la question suivante : laquelle de ces deux propositions est la plus anachronique :
  • Vouloir faire avaler à une population entière une monarchie de fait qu'on habille à la hâte des oripeaux de la république avec la panoplie complète : élections, avis du Conseil Constitutionnel et tout le tralala.
  • Défendre une vraie république avec des bases démocratiques solides et garanties par un chef d'état, président de la république, et arguer du fait que la vraie royauté réside en la souveraineté de la Nation.
On peut résumer la chose de la façon suivante : préférez-vous l'empereur Nicolas, sa majorité UMP, son gouvernement sourd aux revendications des français et ignorant les négociations, sa procédure accélérée, qui transforme le régime en dictature autoritaire, et sa réforme des retraites dont nous allons tous, à l'exception des parlementaires, subir les conséquences; ou un candidat qui ne mélange pas tout, ne cumulera pas les fonctions de chef de l'état avec celles de premier ministre, écoutera les français, les rassemblera dans les Comités de Citoyens et rendra aux citoyens la souveraineté qui leur a été volée?
Le Citoyen.
Les définitions courantes sont citées ci-dessous.
  • Désigne une personne qui a la nationalité d'un pays, qui peut y voter ou y être élue.
  • Personne qui participe à la vie de son pays et dispose de droits politiques.
  • Personne qui exerce les droits politiques (droit de vote, électorat, éligibilité).
  • Les citoyens sont des «personnes jouissant de droits civiques assortis de devoirs ».
Pour des détails complémentaires concernant les définitions de Citoyen, de Citoyen Français et de Citoyen en France, vous pouvez consulter le site de la Constitution de la Royauté Républicaine dont vous avez le lien sur cette page. Vous y trouverez également les détails sur ce que j'appelle le Peuple de France ainsi que ma conception de la propriété du Peuple de France.
Comité de Citoyens.
Structure de base de la future démocratie française. Ses principes sont définis sur le site de la Constitution de la Royauté Républicaine.
La Parole.
« La parole est le langage articulé symbolique humain destiné à communiquer la pensée, est à distinguer des communications orales diverses, comme les cris, les alertes, les gémissements.
La parole est le langage incarné de l'homme. La parole est singulière et opère un acte de langage qui s'adresse à un interlocuteur, éventuellement soi-même, mentalement, ou à un support par l'écrit par exemple. La parole permet d'exprimer des besoins, pensées, sentiments, souffrances, aspirations, du locuteur. La parole peut aussi constituer une observation plus ou moins subjective des faits, ou encore être la formulation d'une demande. Elle permet de témoigner d'un changement de conception du monde. Dans ce sens, une vérité est la tentative de description de la réalité à l'aide de la parole.
L'usage social de la parole a déterminé des langages particuliers nommés idiomes, langues, dialectes, parlers… L'utilisation d'une langue ou le choix des mots n'est pas neutre parce que le langage structure la pensée. Les querelles linguistiques ou atteintes aux langues peuvent être des tentatives de sujétion de l'homme en imposant des paradigmes, comme dans le cas de la langue ou des expressions d'un groupe dominant. »
Le Pouvoir.
« Le pouvoir politique est un type de pouvoir qu'une personne ou un groupe de personnes exerce dans une société. C'est la souveraineté, soit le pouvoir de fixer les règles qui s'appliquent à la population sur un territoire donné. Il existe de nombreuses façons d’exercer un tel pouvoir, la plus évidente étant celle du chef politique officiel d'un État, tel qu'un président, un premier ministre, un roi ou un empereur. Les pouvoirs politiques ne sont pas limités aux chefs d'État ou aux dirigeants, et l'étendue d'un pouvoir se mesure à l'influence sociale que la personne ou le groupe peut avoir, influence pouvant être exercée et utilisée officiellement ou officieusement.
Montesquieu affirmait que sans un principe permettant de contenir et d'équilibrer le pouvoir législatif, les pouvoirs exécutifs et judiciaires, il n’y a plus aucune liberté, ni aucune protection contre l'abus de pouvoir. C'est le principe de la séparation des pouvoirs.
Le Pouvoir personnel, ou la personnalisation du pouvoir.
D'après les avis des experts et des journalistes, récoltés ici et là sur plusieurs sites internet, le pouvoir devient personnel lorsqu'il est exercé par une personne au lieu d'une assemblée. La France qui a tendance à glisser d'un régime parlementaire au profit d'une régime présidentiel, à l'américaine, craint une personnalisation de la fonction du Président. Autrement dit, le Président de la République deviendrait un monarque. Cette crainte est d'ailleurs motivée par l'exemple de Louis-Napoléon Bonaparte, premier Président de la Deuxième République, qui, avant le terme de son mandat, avait transformé le régime en Second Empire, le tout avec l'approbation des français.
Cette crainte est justifiée uniquement si, par personnalisation du pouvoir, on entend personnalisation de l'exercice du pouvoir, ce qui n'est pas du tout pareil. Les exemples de pouvoirs personnels dans notre histoire sont nombreux et se situent autant avant qu'après la révolution. Tous les rois de France de l'ancien régime exerçaient un pouvoir personnel, même s'il était parfois équilibré par les décisions des parlements, ce qui s'est produit plus souvent qu'on ne croit, même sous Louis XIV habituellement considéré comme l'exemple type de monarque absolu. Après la révolution, la structure de l'Etat a été modifiée mais l'exercice personnel du pouvoir a reparu : Napoléon Ier, Empereur de la République Française, les rois Louis XVIII et Charles X, après la restauration, mais aussi Louis-Philippe et Napoléon III.
Il est un fait aussi que les français ont besoin de se retrouver, de s'identifier à un personnage plutôt qu'à une fonction. Contrairement aux Présidents de la Troisième République dont peu de personnes connaissent le liste et les dates des mandats, ceux de la Quatrième (Vincent Auriol et René Coty) et plus particulièrement ceux de la Cinquième ont exercé le pouvoir directement : ils sont intervenus directement dans la gestion des affaires.
Faut-il donc craindre la personnalisation? Mon opinion est la suivante : si le pouvoir est exercé par un gouvernement (même fort, à l'américaine, donc) dont la politique est conduite par un premier ministre choisi après le résultat des élections législatives, avec un parlement qui peut librement amender les textes, sans cette épée de Damocles qui a pour nom la procédure accélérée, et en collaboration avec l'ensemble des citoyens, le pouvoir personnel du président consiste à veiller à ce que les institutions fonctionnent correctement et que la Constitution est respectée. Une continuité peut être établie dans les institution même avec un président changeant tous les cinq ans.
La Parole au Peuple.
Donner la parole au Peuple repose sur des bases simples, logiques et démocratiques : chaque citoyen aura non seulement la possibilité mais aussi le devoir de s'exprimer, régulièrement, de sa propre initiative ou sur demande d'un élu sur les sujets de société, la vie quotidienne et tout ce qui concerne la République. Les moyens de prendre la parole ont déjà été définis, je n'y revient donc pas. On aura cependant soin de ne pas confondre les principes de « Parole au Peuple » et de « Pouvoir au Peuple »
Le Peuple.
« Le mot peuple vient du latin populus désignant l'ensemble des citoyens, individus ayant le pouvoir de voter dans la démocratie romaine, par opposition au Sénat et à la plèbe.
Ce terme désigne couramment un ensemble d'êtres humains vivant sur le même territoire ou ayant en commun une culture, des mœurs, un système de gouvernement. Ceux-ci forment à un moment donné une communauté historique partageant majoritairement un sentiment d'appartenance durable, une communauté de destins. Ce sentiment d'appartenance peut venir de l'une au moins de ces caractéristiques : un passé commun, réel ou supposé, un territoire commun, une langue commune, une religion commune ou des valeurs communes. Tels le peuple de Paris, le peuple juif.
En français, le terme de peuple peut avoir aussi une connotation sociale, souvent péjorative :
  1. C'est l'ensemble des citoyens de condition modeste, par opposition aux catégories privilégiées par la naissance, la culture et/ou la fortune.
  2. C'est un ensemble d'individus appartenant aux couches « inférieures » et éventuellement moyennes de la société, par opposition à l'aristocratie. »
Commentaire personnel : Il faudra oublier cette connotation méprisante à l'avenir : car les termes qui lui sont souvent préférés, décrits ci-dessous, sont incomplets.
La Population.
« Les sens habituellement donnés à cette expression sont les suivants :
  • En statistique descriptive, une population est un ensemble fini d'objets (les individus ou unités statistiques) sur lesquels une étude se porte et dont les éléments répondent à une ou plusieurs caractéristiques communes. On peut aussi parler d'une population d'écrous produits dans une unité d'une usine.
  • En statistique mathématique, pour utiliser la notion de probabilité la population est supposée infinie. Dans ces conditions, l'échantillon est défini comme un ensemble de variables aléatoires dont les valeurs observées représentent des réalisations.
  • Un ensemble d'individus d'une même espèce vivante se perpétuant dans un territoire donné est une population biologique et la discipline scientifique qui en fait l'étude est la biologie des populations, un champ d'études qui participe à la fois de l'écologie (dynamique des populations, démographie, écologie comportementale…), de la génétique des populations et de la biologie de l'évolution. »
Les gens.
Cette expression est une sorte de fourre-tout syntaxique qui veut à la fois tout dire, ne rien dire, ou comprendre n'importe quelle idée. Derrière ce mot, pourtant utilisé quotidiennement par toutes et tous, même moi, on trouve pêle-mêle ces acceptions :
  • Une gens (pluriel latin gentes) est dans le système social romain, un « clan » ou groupe de familles portant un nom en commun, le gentilice (en latin gentilicius), et qui descendait par les mâles d'un ancêtre commun.
  • Ensemble indistinct dont on affecte, non sans une pointe de condescendance, d'exprimer les aspirations.
Les Français.
J'éviterai autant que possible d'utiliser ce mot pour le côté « identité nationale » qu'on voudrait lui faire sous-entendre. Le débat qui a bien failli avoir lieu et qui n'aurait pas manqué de semer définitivement la zizanie entre les dernières personnes dotées d'un certain bon sens, est une sottise monumentale. Quand par hasard, je parlerai des français, ce sera dans le sens de citoyen (français et en France), c'est à dire des personnes qui habitent, travaillent et paient des impôts en France.
La Populace.
Ce mot, d'une incommensurable vulgarité, tend à être remplacé par « peuple » par les classes méprisantes (et qui ne sont pas nécessairement celles qu'ont croit) mais avec une signification péjorative équivalente. Dans mes écrits, ce terme ne sera utilisé qu'une seule et unique fois : ici.
Les Veaux.
« Les français sont des veaux! » est une phrase du Général de Gaulle, attestée par son propres fils, l'amiral de Gaulle.
«Les Français sont comme ça depuis les Gaulois. Hannibal qui recrutait des légions pour battre Rome écrivait à son frère Hasdrubal, qui levait des mercenaires en Espagne et dans les pays voisins : "Ne prends pas trop de Gaulois. Ce sont des ivrognes. Ils sont courageux dans l'action, téméraires au combat, mais vite découragés et jamais contents." César disait à peu près la même chose. Il ajoutait : "Ils sont palabreurs et n'arrivent à s'unir que face au danger." Tu vois, concluait-il, deux cents ans avant Jésus-Christ, on définissait assez bien les Français d'aujourd'hui. »
(Philippe de Gaulle : « De Gaulle, mon père. », Les Français tels qu'ils sont, p. 114-115)
La Nation.
« En France, depuis la Révolution, la nation est un ensemble de citoyens détenant la puissance politique (souveraineté). Il y a superposition entre la nation, le peuple et l’État auquel la nation délègue sa souveraineté.
"Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation" (Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen). » (Citation empruntée à Toupie.org)
Il est à noter que le terme de nation, dans le sens donné ci-dessus, a été utilisé par le roi Louis XVI dans son discours d'ouverture des États Généraux de 1789.
la Souveraineté de la Nation.
« En droit, la notion de Souveraineté est définie comme la détention de l'autorité absolue et suprême. Celle-ci, lorsqu'elle est détenue par une seule personne, donne lieu à un régime despotique. Au contraire, dans les démocraties, elle est détenue par le peuple constitué en un corps politique appelé nation. Il s'agit là de ce que l'on appelle Souveraineté populaire.
On retrouve explicitement posé le principe de Souveraineté nationale dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 : "Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément".
Ici, la souveraineté appartient donc à la nation, une entité abstraite et unique. Cet ensemble est fictif puisqu'il ne se limite pas aux seuls citoyens présents, mais inclut les citoyens passés et futurs ; elle est supérieure à la somme des individus qui la composent. Aussi, c'est une souveraineté dont le titulaire est la nation, entité collective et indivisible.
Dans la théorie classique, la souveraineté nationale se traduit par un régime représentatif, puisque la Nation ne peut gouverner directement (la simple majorité du peuple n'est pas la volonté de la nation, puisqu'elle est supérieure aux sommes qui la composent). »

mercredi 1 décembre 2010

Donner la parole au Peuple, leçon 2.

J'ai évoqué, dans la première leçon, cette histoire de connaissance qui sert de prétexte pour que le peuple reste à l'écart de tout ce qui le concerne. C'est un sujet manifestement important puisque c'est le premier argument qui est cité pour contrer mon projet de Comité de Citoyens. Chose plus étrange encore, cette absence de connaissance concerne toujours quelqu'un d'autre que celui-qui en parle. L'affaire pourrait se résumer ainsi : « Moi, j'ai les connaissances nécessaires mais autour de moi, je ne sais pas! » Pour répondre à cette crainte, cette hantise, cette terreur ou cette peur panique, qui concerne aussi bien les connaissances du peuple que le fait de leur donner la parole, j'avais répondu par « expérience ». L'inconvénient, avec les réponses qui se veulent définitives, c'est qu'elles ne le sont jamais réellement. Et lorsque j'ai affirmé que je n'y reviendrais plus, c'était pour mieux le remettre sur le feu (comme on dit parfois).
La véritable raison, celle que personne n'avouera jamais, qui empêche le peuple de prendre la parole et de s'investir dans la vie de la Nation et la gestion de la République, leur République, c'est l'absence totale de volonté de la part de ceux qui décident. Ces derniers auraient l'impression de perdre leur pouvoir, ou le peu qu'ils ont, comme si le pouvoir, ou son illusion, était la panacée universelle. Il va falloir se réveiller, bonnes gens, ces temps-là sont révolus. Il n'est plus question de pouvoir, d'exercice du pouvoir ou d'autres conceptions du même acabit, même si l'actuel président continue de perpétuer ce mythe désuet (Il le perpétue car il ne veut pas le lâcher, ce qui est grotesque!) Désormais, il est question de gestion, du verbe gérer (le verbe gestionner, quoique fort drôle, sera oublié). Au vingt-et-unième siècle, les citoyens, la société et la République sont confrontés à de multiples difficultés, il faut les gérer, c'est à dire découvrir leurs causes et trouver des solutions. La méthode consistant à réprimer sans comprendre est stupide. C'est la caractéristique principale de ceux qui s'imaginent posséder le pouvoir et qui siègent actuellement au Conseil des Ministres.
Une remarque peut être ici formulée : pour exercer légitimement le pouvoir, il faut prétendre avoir les connaissances nécessaires (d'où viennent-elles? De la sainte ampoule? Ce qui expliquerait cet aspect monarchique de la république) et surtout nier de façon catégorique toute capacité à autrui en général et au peuple en particulier. Je doute que le Général de Gaulle ait donné une constitution à la France pour que de telles inepties existent toujours quarante ans après sa disparition. (Il existe toutefois un contre-exemple : le Général a quand même prononcé cette phrase lors d'une conférence de presse : « Les français sont des veaux! ») Quand le politicien ne veut pas (ou ne peut pas) évoluer, il se sert des vieilles recettes qu'il maquille comme il peut. Libre à son entourage de le croire. Vous peut-être, moi non.
Pour commencer, la connaissance, qu'est-ce que c'est que ça? Voici quelques définitions officielles :
  • La connaissance est l'état de celui qui connaît ou sait quelque chose. Cette définition a le mérite de déterminer qu'il y a connaissance à partir d'un élément de base qui est ce « quelque chose » : il n'est pas question de quantité ni d'un domaine particulier. En somme, tout le monde, même le plus sot parmi les sot, est en possession d'un savoir rudimentaire, même simpliste, qui permet de dire qu'il en a la connaissance.
  • C'est l'exercice de la faculté par laquelle on connaît et on distingue les objets. Pour compléter cette définition, je préciserai que la faculté est une aptitude physique, intellectuelle ou morale. Les synonymes sont les suivants : être apte, avoir la possibilité, être capable, être en mesure, avoir les moyens. En résumé, la connaissance c'est pouvoir séparer les éléments de la vie quotidienne les uns des autres, savoir les distinguer et les trier pour en tirer des conclusions ou des conséquences particulières (comme résoudre ses propres problèmes).
  • Idée, notion qu’on a de quelque chose, de quelqu’un, le fait de le connaître. Cette définition, tout comme la suivante, répète ce qui est dit au-dessus avec d'autres termes.
  • La connaissance est le processus psychique par lequel une âme, percevant un objet, est en mesure de dire ce qu'il est.
  • Partie de la hiérarchie constituée par les données, les informations et les connaissances. Les données sont des faits bruts. Les informations sont des données associées à un contexte et mises en perspective. La connaissance est une information associée à des principes directeurs pour l'action. Voilà qui est plus intéressant encore. Cela mérite qu'on s'y penche.
Au commencement, il a la donnée. Définitions :
  • Informations de départ que l'on se donne pour traiter un problème; hypothèse figurant dans l'énoncé d'un problème; résultat d'observations ou d'expériences pour en faire des statistiques; informations fournies pour un traitement par ordinateur.
  • Point sur lequel on fonde un raisonnement, suppositions, constatations, probabilités, qui, étant indiscutables ou indiscutées, servent de base à une recherche, à un examen quelconque.
Je ne vais pas m'étendre outre mesure sur la nature objective de la donnée, ce qui demanderait trop de temps et des compétences que je n'ai pas forcément. Les faits, à partir du moment où ils ont fait l'objet d'un relevé, passent par le filtre de la perception. Qu'elle soit humaine (par les cinq sens bien connus) ou matérielle (par des capteurs, des sondes etc...) cette perception devient subjective. Autrement dit, un fait brut et objectif n'existe que si personne ne l'a perçu. Il y en a des milliers chaque seconde autour de nous mais nous ne les voyons pas, notre attention n'en retient qu'une partie seulement : c'est ce qu'on peut appeler la vision du monde et qui explique qu'elle ne soit pas unique mais disparate. Le fait que les humanoïdes qui peuplent ce qu'on a coutume de désigner par « plancher des vaches » ou « reposoir à andouilles », ne cessent de se bagarrer pour des conneries (puits de pétrole, places stratégiques, fonds de pensions etc...) découle en partie de cette multiplicité des vues.
La donnée, une fois qu'elle a été repérée et isolée devient une information. Quelques définitions pour comprendre cette notion :
  • Faits, idées, concepts et données qui ont été enregistrés, analysés et organisés de manière à en faciliter l'interprétation et, ultérieurement, le passage à l'action.
  • Mise à disposition du public d'un fait, d'un événement, d'une décision, d'une politique. Elle vient généralement par le biais de ce qu'on appelle les médias : journaux (écrits ou télévisés) presse (magazines, revues) ou la télévision.
  • Toute communication ou représentation de connaissances comme des faits, des données ou des avis, peu importe le support ou le format, y compris les textes, les chiffres, les graphiques, les cartes, les narrations ou les supports audiovisuels est considéré comme une information.
La somme des informations, une fois passée à la moulinette, devient ce qu'on désigne par le terme de connaissance. Avant de se pencher sur la nature de cette connaissance (qui dérive, comme on vient de le voir, de la donnée puis de l'information) je vais m'arrêter sur cette fameuse moulinette qui modifie (ou dénature, oriente, pervertit) cette information. J'appellerai cela : la diffusion de l'information.
La diffusion de l'information est une façon de sélectionner les données qui seront ou non apportées au public, c'est à dire la population. Le type de langage, l'orientation politique et la forme de l'information seront autant de prétexte à interprétation. Pour ne prendre qu'un exemple, je choisis (au hasard) la réforme des retraites. Une plaquette publicitaire (disponible sur http://www.retraites2010.fr) avec un sous-titre évocateur « En savoir plus sur votre situation personnelle », a été diffusée pour vous informer. Malheureusement, ce n'est que de la propagande gouvernementale qui tend à vous faire avaler la réforme comme une réussite majeure et un succès durable. Pour bien enfoncer le clou, c'est le cas de le dire, sur le site internet, vous avez deux précisions :
  • La loi portant réforme des retraites a été promulguée par le Président de la République Nicolas Sarkozy et publiée au Journal Officiel en date du 10 novembre 2010.
  • Le Conseil constitutionnel a déclaré conforme aux principes et aux exigences constitutionnels l’ensemble des dispositions modifiant les règles relatives à la retraite, qu’il s’agisse de l’augmentation progressive de la durée de la vie active, des mesures de convergence entre les régimes privés et publics de retraites, ou encore de l’amélioration des mécanismes de solidarité de nos régimes de retraite.
Ceci est fait pour vous prouver que toutes les procédures ont été respectées et que la loi va tout régler définitivement. Les millions de manifestants qui ont défilé dans les rues cette année pour exprimer leur profond désaccord seront satisfaits de voir combien leur avis a compté. Il a compté, certes, mais pour du beurre! Pour vous convaincre que les avis du Conseil Constitutionnel sont orientés (politiquement) allez voir sur le site officiel et regardez qui siège à ce conseil. Fouillez un peu dans les biographies des sages, notamment celle de Michel Charasse, vous serez édifié. (Rassurez-vous, cet élément fera l'objet d'un billet spécial sur le blog de la polémitique.) Vous pouvez également, et je vous y invite fortement, vous renseigner sur la manipulation de l'information : vous verrez que, là aussi, on apprend beaucoup de choses.
Pour revenir à la connaissance, qui est la suite logique de la donnée puis de l'information.
  • Il est proposé d'appeler « connaissance » tout élément intellectuel qui, après un (long) travail de réflexion et d'objectivation des perceptions et des représentations, peut être évalué comme ayant un degré acceptable de probabilité d'être, au moins en partie .
  • Représentation immatérielle d'une partie du monde (physique, de la conscience ou mathématique) structurée pour un objectif précis.
  • Les connaissances sont des données qui influencent le déroulement de processus. En structurant de différentes façons restrictives l'information, on obtient des connaissances différentes.
  • La connaissance est robuste à condition d'être mathématiquement cohérente et de résister à l'épreuve des faits. Autrement dit, la connaissance n'est que le résultat d'une analyse avec comparaison des éléments apportés par les observations personnelles.
La connaissance n'est pas un pouvoir de clairvoyance reçu par révélation. Ceux qui vous affirmeraient le contraire ne parlent pas de la même connaissance : il s'agit d'une approche de Dieu, une façon de percevoir la divinité, une révélation mystique, que je ne nie pas mais que j'opposerai simplement à la connaissance des choses de ce monde. L'une comme l'autre s'acquièrent : celle de Dieu par la méditation et l'introspection; elle a pour but d'élever son âme vers un état de grâce; celle du monde physique, par l'étude, l'apprentissage et l'expérience de la vie quotidienne. On peut considérer que le processus pour parvenir à la connaissance (celle qui est nécessaire pour pouvoir prendre la parole des mains de ceux qui n'écoutent personne!) se décompose selon le schéma qui va être décrit ci-dessous. Vous aurez noté, au passage et entre parenthèses, l'apophtegme dont la signification n'aura pas échappé au lecteur et qui n'est pas sans rappeler les maximes du maire de Champignac dans les aventures de Spirou! (La culture, c'est cela aussi!)
Le processus qui mène à la connaissance passe dont par les étapes suivantes :
  • L'acquisition : par la lecture, la visualisation, l'écoute, la discussion, l'imitation, la réflexion, la mémorisation et l'apprentissage.
  • La création, par raisonnement, déduction, induction, abduction, analogie. J'ajoute ces quelques précisions (nécessaires!)
  1. A la différence de la déduction qui impose des propositions de départ non supposées vraies, l'induction se propose de chercher des lois générales à partir de l'observation de faits particuliers, sur une base probabiliste.
  2. L'abduction (du latin « abductio » : emmener) est un type de raisonnement d'abord mis en évidence par Aristote : il s'agit d'un syllogisme dont la prémisse majeure est certaine et dont la mineure est seulement probable : la conclusion n'a alors qu'une probabilité égale à celle de la mineure.
  3. L'analogie est une comparaison entre deux notions possédant des points communs, des modes de fonctionnement similaires; Sorte de rapport, de ressemblance dans l’ordre physique, intellectuel ou moral qui existe à certains égards entre deux ou plusieurs choses différentes.
  • La communication, par tous les moyens : auditive, visuelle, textuelle ou graphique.
La finalité de cette démarche est la création de nouvelles connaissances, la validation ou l'invalidation de celles précédemment acquises.
En guise de conclusion, ou de complément, la connaissance est décrite comme une prise de recul personnelle ou collective par rapport à l'information. Elle résulte alors du traitement intellectuel et de l'appropriation par l'individu des informations qu'il acquiert, par l'étude ou la pratique. Ceci nous amène à l'expérience.
Voici les quelques définitions pour l'expérience :
  • Connaissances acquises par des années de pratique. C'est la qualité de ce qu'on désigne par « les hommes de terrain ». Tous les français, répartis sur tout le territoire national, quels que soient les milieu social et culturel sont des gens de terrain. Le peuple de France peut donc être assuré de posséder une vision du pays plus réaliste et concrète que n'importe quelle analyse d'un haut fonctionnaire, même spécialiste et muni de tous les rapports possibles et imaginables, assis derrière son bureau d'un ministère parisien.
  • Tout ce qui est appréhendé par nos facultés sensorielles et qui constitue la matière de la connaissance de l'homme. Je vous laisse imaginer le produit des facultés sensorielles de 65 millions d'habitants.
  • Le fait de ressentir quelque chose comme un enrichissement du savoir, de la connaissance, des aptitudes (expérience professionnelle). Il y a autant de différences entre un ouvrage sur la boulangerie, même complet, et le savoir d'un boulanger qui pratique son art dans un village perdu dans la campagne, qu'entre l'expert scientifique maîtrisant parfaitement son sujet et la population de la France dans sa totalité.
  • Le fait de provoquer quelque chose pour l'étudier, pour l'infirmer ou le confirmer ou pour en recevoir des informations nouvelles (faire une expérience de physique). Cette partie expérimentale est à mettre en place. C'est ce que je propose en instaurant les Comités de Citoyens.
  • Épreuve instituée pour étudier la façon dont se passent les phénomènes naturels et rechercher les lois qui les régissent, en les reproduisant artificiellement; Connaissance d’une chose acquise par l’usage du monde et de la vie.
Pour compléter ce message, voici les différentes significations apportées au terme de compétence :
  • En gestion des ressources humaines, la compétence est souvent définie ainsi : ensemble des savoirs, savoir-faire et comportements tirés de l'expérience nécessaires à l'exercice d'un métier.
  • Synonyme d’habileté et généralement associée à la notion de capacité, la notion de compétence exprime l’idée d’expertise, de savoir-faire développé par un individu dans le cadre d’une situation précise.
  • la compétence est la « mise en œuvre, en situation professionnelle, de capacités qui permettent d'exercer convenablement une fonction ou une activité »
  • Linguistique Capacité d'un locuteur à comprendre n'importe quel énoncé produit dans sa langue maternelle.
Ultime notion qui est rencontrée dans les entreprises, la capacité, dont voici quelques descriptifs :
  • Pouvoir de réaliser ou de produire quelque chose
  • Ensemble de dispositions et d'acquis dont la mise en œuvre se traduit par des résultats observables. ou Potentiel d'un individu en termes de combinatoires de connaissances, savoir-faire, aptitudes, comportements ou attitudes.
  • Aptitude des personnes et des organisations à agir avec efficacité, efficience et de manière durable.
  • Activité intellectuelle stabilisée et reproductible dans des champs divers de connaissance. Terme utilisé souvent comme synonyme de "savoir-faire". Aucune capacité n'existe à l'état pur et toute capacité ne se manifeste qu'à travers la mise en œuvre de contenus. (Meirieu)
  • Ensemble de savoirs et savoir-faire acquis à l'issue d'une formation. La capacité est un potentiel. Il s'agit en quelque sorte d'une compétence qui n'est pas encore éprouvée en situation réelle.
  • Ensemble de qualités susceptibles d'être mises en œuvre et développées pour remplir des activités désignées. Effectivement mises en œuvre, c'est la compétence.
Finalement, vouloir opposer ceux qui sont supposés posséder les connaissances qui justifient qu'ils exercent tous les pouvoirs à ceux qui ne les ont pas parce que ça n'arrange pas les premiers, a permis de prouver que le Peuple de France, avec ses quelques 65 millions de personnes dotées de l'expérience de la vie quotidienne et des capacités à appréhender l'avenir et les solutions pour le construire, représentait un potentiel d'une très grande richesse, encore inexploité, et constituait le remède ultime et imparable dans son originalité et sa profusion contre l'agonie de la France. Ne pas demander aux citoyens de concourir à la sauvegarde de nos intérêts communs est une impardonnable bévue. Si le Peuple de France était un homme, il serait cet homme providentiel que beaucoup espèrent. Par conséquent, la seule et unique royauté réside en la souveraineté de la nation : c'est cela la République.