jeudi 6 janvier 2011

La parole au Peuple, leçon n°7.

Ce message fait suite aux précédents et concerne l'information et les différentes méthodes pour la décrypter. Je vais vous inviter à vous pencher sur les vœux du Président Sarkozy, dont le texte complet est consultable sur le site officiel de la Présidence de la République (elysee.fr). Pour tous ceux qui n'auront pas écouté en direct les propos de l'empereur Nicolaon Zéro (et c'est mon cas) j'ai dressé une liste des thèmes abordés, sortis de leur contexte, dégagés de la sucrette rhétorique et je vais les commenter, les compléter ou les rectifier.
Il est à noter que chacun des thèmes abordés par notre Président peut faire l'objet d'une recherche personnelle, d'un complément d'information et d'une confrontation avec les avis de personnalités de gauche ou de droite, d'experts divers et variés ou tout simplement de votre entourage familial et professionnel. C'est dans cette optique que je serai amené à donner quelques définitions usuelles, des acceptions différentes, des variantes et des commentaires, des indications et des renseignements utiles ainsi que des pistes de recherche supplémentaires pour une pleine compréhension du sujet. N'oubliez jamais que si ce personnage vous ennuie et que vous ne l'écoutez plus, lui continue à délivrer ses messages et que ceux qui sont directement concernés, eux, les écoutent toujours.
Voici ce qu'il convient de retenir de l'allocution présidentielles.
En guise d'ouverture, nous avons eu le droit à cette expression: « Mes chers compatriotes! » qui est une alternative à « Mesdames, mesdemoiselles, messieurs » ou « Française, français » après avoir été un temps « Citoyens, citoyennes! ».
Mes: adjectif possessif de la deuxième personne.
Cher: simple terme de familiarité, qui est estimé, d'un prix élevé, qui exige des dépenses.
Compatriote: personnes d'un même pays ou d'une même région. Ce mot peut être décomposé comme suit.
  • Con: insulte très courante dans notre beau pays de France, largement utilisée même dans un sens familier voire affectueux. L'expression « On est toujours le con de quelqu'un » illustre parfaitement le sens communément admis.
  • Patriote: qui aime sa patrie, s'efforce de lui être utile.
L'expression « mes chers compatriotes » peut donc être interprétée de diverses manières selon l'humeur et le ressenti de chacun. Le message de nouvel an peut être adressé tour à tour à ceux qui aiment leur pays mais que l'on méprise, qui peuvent coûter cher à la collectivité, aux proches qu'on estime, à l'exclusion des autres (qui seront définis et déterminés dans la suite du message), aux français en général, aux cons qui ont eu le culot de manifester ou, encore mieux, aux fidèles sujets (le « chers compatriotes » étant souligné par le possessif « mes ») comme si nous étions revenu dans l'ancien régime.
    1) la crise financière.
Définition: Grave dysfonctionnement de la sphère financière qui peut concerner les marchés boursiers (effondrement des cours), les réserves officielles de change, le crédit (créances massivement irrécouvrables) et/ou le système bancaire (risques excessifs et panique des déposants).
Les subprimes, des crédits à risque accordés à des foyers américains, ont été à l’origine d’une crise qui s’est transformée en crise financière internationale à l'automne 2008. Voici quelques explications pour mieux comprendre cette crise bancaire considérée comme la plus grave depuis la Grande Dépression de 1929.
Les subprimes, aussi appelés "crédits subprimes", sont des prêts hypothécaires à risque. Ce terme désigne plus particulièrement une forme de crédit immobilier qui est apparue aux Etats-Unis : les subprime loan ou subprime mortgage en anglais. Ces crédits, gagés sur le logement de l'emprunteur, ont été accordés à des ménages américains aux revenus modestes et ont permis à de nombreux Américains d'accéder à la propriété.
Les subprimes sont des crédits à risque, caractérisés par des taux d'intérêt variables et de niveau élevé, qui ont été accordés à des foyers à faibles revenus. En contrepartie de critères d'attribution moins stricts que pour des crédits classiques, les intérêts étaient plus élevés.
Pour que le crédit soit intéressant pour l'emprunteur, les banques et organismes de crédit spécialisés proposaient des taux bas en début de prêt (pendant les deux premières années) grâce à des montages sophistiqués avec des taux variables et des produits financiers complexes.
Pourtant, ces prêts représentaient au final un taux plus élevé pour l'emprunteur et un rendement plus important pour le prêteur afin de compenser le risque de non remboursement.
Par ailleurs, le risque de non remboursement était limité par la garantie hypothécaire prise sur le logement de l'emprunteur : si l’emprunteur ne pouvait plus faire face aux échéances de remboursement de son crédit immobilier, le prêteur se remboursait sur la revente du logement.
Les raisons de la crise
En 2006, les crédits subprimes représentaient 24% des nouveaux crédits immobiliers octroyés aux Etats-Unis. Or, les conditions d'octroi de ces crédits faisaient peser un risque de solvabilité sur des ménages à faible revenu. De fait, en 2007, près de trois millions de foyers américains étaient en situation de défaut de paiement
Les raisons de la "crises des subprimes" sont également liées à d’autres facteurs :
  • les taux d'intérêt de ces crédits étaient variables et indexés sur le taux directeur de la banque centrale américaine ; or, entre 2004 et 2007, la Réserve fédérale américaine ou FED a rehaussé son principal taux d'intérêt directeur, qui est passé de 1% en 2004 à plus de 5% en 2007.
  • les créanciers (banques et organismes de crédit spécialisés) ont titrisé une partie de ces créances ; cela signifie qu’ils les ont transformées en titres émis sur les marchés financiers, notamment en obligations appelées ABS et CDO qu’ils proposaient aux épargnants.
Le mécanisme de la crise
La hausse du taux directeur de la FED a entraîné celle des taux des crédits immobiliers aux Etats-Unis : les ménages ayant souscrits des subprimes à taux d'intérêt variable n’ont plus réussi à payer des échéances mensuelles en forte hausse.
Parallèlement, la demande de biens immobiliers a décru et la valeur des appartements et des maisons a baissé, entraînant du même coup une diminution de la richesse potentielle des emprunteurs.
La conjonction de ces deux facteurs défavorables a multiplié les défauts de paiement et les situations d'insolvabilité des emprunteurs (quand la revente des maisons ne suffisait plus à assurer au prêteur le recouvrement de sa créance).
La crise s'est ensuite propagée aux établissements de crédit et au secteur financier par l'intermédiaire des obligations de type ABS et CDO : quand les ménages n’ont plus pu rembourser leurs prêts, ces titres, très prisés des spéculateurs, se sont écroulés.
Source:http://www.gralon.net/articles/economie-et-finance/credit/article-les-subprimes---definition-et-raisons-de-la-crise-2235.htm
    2) Les licenciements.
Définitions (de sources diverses trouvées sur internet. Je ne suis pas responsable de ce qui est dit ni de la manière que c'est dit; mon choix n'est pas dû au hasard pour autant):
  • Rupture unilatérale et définitive de la part de l'employeur qui met fin au contrat de travail du salarié pour des motifs non imputables au salarié, motifs d'ordre économique ou technique.
  • Au contraire de l'embauche, qui est normale, le licenciement est scandaleux, inacceptable, intolérable. Un (salaud de) patron se doit d'embaucher, mais licencier est une preuve de mépris, un acte répréhensible par la séquestration, le blocage des locaux, la dégradation des biens de l'entreprise. (Argument extrême, voire extrémiste, cité parce qu'il existe mais que je ne cautionne pas)
Une petite référence à la Constitution:
« Chacun a le devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi. Nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances. » (article 5 du préambule de la constitution de 1946)
Normalement, le rôle du gouvernement serait d'assurer à chacun un emploi (puisque c'est inscrit dans les textes) plutôt que de donner l'impression d'être fataliste devant l'adversité et de ne rien faire d'autre que tripoter les chiffres et de tricher sur le nombre des demandeurs d'emploi. Mais quand les idées ne viennent pas, il faut aller les chercher là où elles sont.
    3) L'injustice.
Définitions:
  • La justice est, dans sa conception occidentale, un principe philosophique, juridique et moral reposant sur le respect du droit comme fondement de la vie sociale et de la civilisation.
  • Injustice: manque de justice, d’équité; acte d’injustice.
  • Traitement injuste, abus de pouvoir.
L'injustice est d'autant plus grave qu'elle est connue et reconnue par ceux qui doivent la combattre. N'oublions pas cette sacro-sainte liberté qui permet à tous d'être justes ou injustes. (Avec beaucoup d'exagération, pas tant que cela, d'ailleurs, depuis l'établissement de la démocratie en Iraq par les gentils américains, sauveurs du monde « libre » les populations sont libres de s'entretuer mutuellement sous le regard attendri de la communauté internationale fière de ses exploits!)
    4) Les origines de la crise.
Quelques définitions additionnelles:
  • Terme qui désigne le moment bref de retournement de la conjoncture économique. (Remarque: en France, ça a commencé avec le premier choc pétrolier en 1973. Est-ce cela un moment bref?)
  • La crise c'est quand "le neuf est trop neuf et le vieux trop vieux" disait Gramsci. (voir note plus bas) L'idéogramme chinois pour écrire « crise » assemble le mot danger et le mot opportunité.
  • Il s'agit d'une « mutation » dont chacun, surtout s'il est investisseur, doit apprendre à tirer le meilleur parti. (Autrement dit, elle profite toujours à quelqu'un! Et ce quelqu'un, ce n'est jamais vous!)
  • Une crise économique est une dégradation brutale de la situation économique et des perspectives économiques. (On avait remarqué!)
    Note: Antonio Gramsci (Ales, Sardaigne, le 23 janvier 1891 - Rome, le 27 avril 1937) est un écrivain et théoricien politique italien d'origine albanaise. Membre fondateur du Parti communiste italien, dont il fut un temps à la tête, il finit emprisonné par le régime mussolinien. En tant qu'intellectuel, il a notamment étudié les problèmes de la culture et de l'autorité, ce qui en fait un des principaux penseurs de la tradition marxiste. Il oppose à la dialectique matérialiste une « philosophie de la praxis ». Sa conception de l'hégémonie culturelle comme moyen du maintien de l'État dans une société capitaliste a fait date.
Le commentaire de notre Président ne manque pas d'un certain piquant. Il reconnaît, sans rire, que les salariés, confrontés à l'injustice, le thème abordé précédemment, ne sont pas responsables de la crise. Mais ce n'est pas pour autant que les vrais coupables sont cités.
  1. Un peu de brosse à reluire.
Quand un politique n'a pas de solution à apporter, surtout lorsqu'il est au pouvoir et qu'il est supposé l'exercer, il se contente de constater les faits, de s'en affliger, d'adopter des airs contrits et de circonstance, d'éprouver des sentiments qui lui sont ordinairement étrangers et de mimer la compassion. Quelque fois, pour démontrer qu'il est bel et bien informé de la situation, en bonus théâtral, le politique sait remercier, s'étonner et s'extasier, ce qui ne lui coûte rien, hormis des leçons de comédie. Pour les vœux de cette année, les motifs d'émerveillement ont été ceux-ci:
  • le travail des français (pour ceux qui en ont encore un! Il va falloir se méfier d'un autre concept mystérieux: la conjoncture, dont les définitions seront citées à la suite de ce quelques points.)
  • le courage des français (heureusement qu'ils en ont)
  • les capacités d'adaptation (C'est une blague de politicien pour dire, qu'en fait, les citoyens n'ont pas encore tout vu!)
  • les avantages de notre modèle social (Il faut toujours avoir une grande méfiance quand un politique, surtout s'il est Président de la République et équipé d'un ego démesuré, parle d'un avantage existant. Si cet avantage touche le plus grand nombre, soyez assuré qu'il aura une durée de vie fort limitée!)
Quelques éclaircissements sur le terme de « conjoncture »:
  • Occasion, concours de circonstances.
  • Pronostic relatif à l'évolution prochaine des événements dans le domaine économique, social, politique ou démographique formulé sur la bases d'une observation attentive des statistiques et des faits, d'une présentation objective de la situation présente et d'une tentative d'explication de l'évolution antérieure.
  • Ensemble des éléments constituant la situation présente (qui peut être sujette à caution du fait d'un grand nombre de mensonges possibles.)
    6) La récession.
Définitions:
  • Une récession économique est une diminution plus ou moins prolongée de l'activité économique (attention: la récession est toujours associée à la notion de croissance qui peut être positive ou négative, en dehors de toute logique mathématique!)
  • Récession: croissance négative préservant l'emploi des catastrophologues (C'est bien ce que je disais au point précédent!)
  • Rigoureusement parlant, il s'agit d'une période d'au moins deux trimestres consécutifs au cours desquels la croissance économique stagne ou diminue. (Au delà de cette durée, définie de façon stricte, c'est ce qu'on serait porté à croire, les termes font peur. On n'utilise jamais les termes de faillite, de ruine, d'échec ou de catastrophe: on leur préfère ceci: « la croissance revient! » ou « Elle va revenir! » sans jamais dire quand ou préciser si c'est réellement possible!)
  • On parle de récession économique lorsque le PIB (voir par ailleurs) d'un pays diminue pendant deux trimestres consécutifs. (voir commentaire ci-dessus)
Définitions du PIB:
  • Valeur totale de tous les biens et services produits dans un pays donné au cours d’une année donnée
  • Le produit intérieur brut (PIB) est un indicateur économique très utilisé, qui mesure le niveau de production d'un pays.
Pour Nicolas Sarkozy, la récession a été, en France, moins sévère qu'ailleurs. Ce n'est pas forcément vrai, ça peut même être complètement faux, mais l'essentiel est de ne pas épouvanter les foules. Quitte à les épouvanter, autant que ce soit pour des motifs qui servent. Ces motifs seront vus plus loin, pas seulement par mes commentaires, par le Président en personne, sous couvert de sécurité!
    7) l'espérance en 2011 grâce à 2010.
L'espoir réside entièrement dans le retour de la croissance. C'est certain, elle va revenir en 2011. On ne connaît pas encore la date mais c'est planifié dans le calendrier des fantasmes politicards et des promesses qui servent aux campagnes électorales (il y a des élections en 2011, l'espoir, c'est pour avant; pour après, c'est la faute des autres!) Il suffit d'attendre, et nous allons attendre...
En économie, la croissance désigne l'évolution annuelle, exprimée en pourcentage, du P.I.B. (Produit intérieur brut) ou du P.N.B. (Produit national brut). Pour éviter le problème dû à l'augmentation des prix, la croissance est calculée en "monnaie constante" (hors inflation), le P.I.B. étant corrigé de l'augmentation de l'indice des prix. Ceci permet de calculer une croissance en volume.
La formule de calcul, dans le cas du PIB de l'année "n", est la suivante.
      Croissance = [ PIB(n) - PIB(n-1) ] / PIB(n-1)
(je vais traduire, pour tout le monde: vous prenez un chiffre de 2009, ça peut concerner n'importe quoi, vous prenez le même mais pour 2010. Vous faites une soustraction et vous divisez le nombre obtenu par celui de l'année de départ. Le résultat, quel qu'il soit, fera l'objet d'analyses interminables de la part d'experts dont les prédictions seront presque aussi justes que n'importe quel horoscope.)
On distingue généralement :
  • La croissance extensive : augmentation des quantités de facteurs de production (culture de nouvelles terres, ouverture de nouvelles usines). La croissance extensive génère des créations d'emplois.
  • La croissance intensive : augmentation, par des gains de productivité, de la production à volume de facteurs de production identiques, notamment sans création d'emplois supplémentaires.
Une croissance du PIB n'implique pas nécessairement une élévation du niveau de vie. En effet, si la croissance démographique est plus rapide que la croissance du PIB, le PIB par habitant diminue. En outre, certaines activités ne sont pas prises en compte dans son calcul : voir "les limites du PIB".
D'une manière plus générale, la croissance correspond, pour une nation, à une augmentation soutenue et durable - pendant une période suffisamment longue - de la production de biens et de services appréhendée par des indicateurs comme le PIB ou le PNB. Cependant, n'étant qu'une mesure quantitative d'un agrégat économique, la croissance n'est qu'une des composantes du développement qui est une notion plus abstraite et qualitative. Il peut donc y avoir croissance sans développement et inversement du développement sans croissance.
La croissance telle qu'on la définit et qu'on la mesure aujourd'hui est un phénomène relativement récent à l'échelle de l'humanité qui peut être daté du début de l'industrialisation.
(Source: http://www.toupie.org/Dictionnaire/Croissance.htm)
Pour le Président de la République, le baromètre est calé sur l'espoir. C'est pour cela que les réformes commencent à porter leurs fruits seulement maintenant. Ce n'est pas fini: les universités se modernisent, des moyens financiers considérables ont été alloués aux chercheurs (C'est sûrement pour cela qu'ils sont rachetés par les pays étrangers!) Et puis si tout cela a été possible, c'est grâce au grand emprunt (que ce soit pour vous ou pour l'état, un emprunt se rembourse. Qui paie? Vous, avec vos impôts, la hausse de la TVA, les augmentations diverses, et j'en passe! C'est un des seuls cas que je connaisse (avec le divorce et la séparation de biens avec contrat de mariage et une bonne dose de mauvaise foi de la mariée) où celui qui rembourse n'a jamais vu la couleur d'un centime même d'euro.)
Quitte à vous faire payer, on ajoutera à la liste de ce que vous rembourserez, ceci: le crédit d'impôt recherche pour l'innovation accordé aux entreprises, les heures supplémentaires défiscalisées (mais que vous payez quand même, avec vos impôts), en référence au « travailler plus pour gagner plus » de la campagne électorale. Tout cela pour que le Président de la République puisse affirmer, toujours sans rire, que ces efforts ont permis de soutenir le pouvoir d'achat malgré la crise. Il ne faudra pas oublier que les prix, en euros, ont fini par se caler sur le chiffre qu'ils avaient, en francs, pour une augmentation des prix pharaonique de l'ordre de 655,96 pour cent. (Je vous laisse imaginer le prix des articles s'il fallait les reconvertir en francs! Faites un essai avec une laitue, un éclair au chocolat ou tout autre produit de consommation courante, vous serez effarés!)
    8) Ce que vous devriez croire sur les retraites.
Le Président de la République s'était livré à un moment d'émotion en félicitant les français (souvenez-vous, c'était un peu plus haut) il choisit de se féliciter de ses actions (ce que peu de monde a fait, en dehors des lèche-bottes habituels). Quels sont donc ces motifs d'auto-satisfaction:
  • Le régime des retraites mis à l'abri de la faillite (on recule tout de deux ans, mais il faudra recommencer)
  • Les pensions des aînés sauvées (de quoi, ce sera la surprise!)
  • La réforme s'est faite sans violence grâce au service minimum (c'est une façon très élégante, mensongère certes, diplomatique, d'avouer que les non-grévistes étaient solidaires avec les grévistes et que, contrairement à ce qui se faisait jusque là, on n'avait pu monter les uns contre les autres)
  • Hommage à la maturité et l'intelligence collective. (Pour les manifestations?)
Tous ces motifs, les français les ont peut-être avalés, mais de travers.
    9) Une tranche d'Europe.
Il ne saurait y avoir de discours sans une pincée d'Europe. Les français ont refusé la constitution, ils ont le traité de Lisbonne (c'est la même chose, rassurez-vous! Ils vous avaient demandé votre avis pour l'une mais pas pour l'autre)
  • L'Europe qui a tenu bon face à la crise (En êtes-vous si certain, Monsieur le Président? Et la Grèce? A-t-elle vraiment tenu bon?)
  • La sortie de l'euro n'est pas d'actualité (les affirmations, lorsqu'elles sont catégoriques, sont souvent fantaisistes! Un exemple parmi d'autres: la privatisation d'EDF)
  • 60 ans de construction européenne ont apporté la paix et la fraternité sur notre continent. (La fraternité! Bien sûr, on y croit!)
  • la protection de notre industrie (en lieu et place de protection, il faut lire ruine)
  • la réciprocité et la fin de la naïveté dans les discussions commerciales avec nos principaux partenaires.
  • L'Europe est essentielle à notre avenir, à notre identité et à nos valeurs. (Gardez en mémoire ces deux mots: identité et valeurs! Ils reviennent trop souvent sur le tapis)
    10) Encore quelques efforts.
Pour compléter un tableau merveilleux, quelques efforts sont encore à faire:
  • Il faut être plus compétitifs,
  • former mieux nos jeunes (au chômage?),
  • travailler mieux, (ou travailler, tout court)
  • réduire nos dépenses publiques et nos déficits (reste à savoir comment, c'est à dire : qui va payer!)
  • équilibrer les comptes (Pourquoi ne pas revendre l'avion présidentiel qui coûte cher aux contribuables, rien qu'en gardiennage)
Le tout avec cette petite menace déguisée: si nous n'acceptons pas la politique du gouvernement, notre indépendance sera gravement menacée. (Elle l'est déjà, et plus qu'on croit)
    11) Les prochaines présidentielles.
Les élections présidentielles de 2012 ont fait l'objet de quelques commentaires très sobres dont celui-ci : 2011 ne sera pas une année d'immobilisme pré-électoral. Nous savons donc ce qu'elle ne sera pas, pour ce qu'elle sera, il faudra consulter les horoscopes dont il a déjà été question.
    12) Quelques mensonges.
Mes chers amis, je vous livre la révélation du siècle, la phrase magique qui résout tout, la maxime miracle, l'apothéose rhétorique (et consulaire) du divin empereur Nicolaon Zéro: « La difficulté ne compte pas lorsque sont en jeu l'intérêt de la nation et le bien commun des Français. » Et ce n'est pas tout! En guise de cerise sur le gâteau, le président Sarkozy espère nous faire gober qu'il va « privilégier en toutes circonstances l'intérêt général. » Comme s'il savait ce que c'était!
    13) D'autres mensonges pieux.
  • Suite des réformes (Parce que rien n'est terminé! Il va donc y avoir du sport!)
  • Préserver notre modèle et notre identité (Encore ce terme « identité »! Ça tourne à l'obsession!)
  • Protéger (les français retraités) de la dépendance car chacun a le droit à sa dignité face aux souffrances du grand âge.
  • Les protéger des délocalisations en harmonisant notre fiscalité avec nos voisins Allemands. (Si quelqu'un a une explication à donner à cette affirmation, je suis preneur!)
    14) Une vision bien particulière de la démocratie.
Placé en fin de discours, la partie qui va suivre vaut le détour:
  • « Il faut protéger (les français) de la violence chaque jour plus brutale de la part de délinquants multi-réitérant en ouvrant nos tribunaux correctionnels aux jurés populaires. »
  • « Le peuple pourra donner son avis sur la sévérité de la réponse à apporter à des comportements qui provoquent l'exaspération du pays. »
Ce paragraphe a été développé dans le numéro 8 des chroniques de la RRF, consultable en ligne sur le site http://pascaldequeant.blogspot.com et il est probable que je lui consacrerai la leçon 8.
    15) Encore des mensonges.
Comme pour faire diversion, quelques thèmes prometteurs (mais mensongers) ont été abordés et ne reposent sur rien de concret. Je cite son excellence:
  • « Sans relâche, toute cette année (sera) au service d'une prospérité française retrouvée. » (Est-il nécessaire de prendre les français pour des crétins au point de vouloir leur faire gober une sottise pareille? Il n'y a qu'à se souvenir de tous ces licenciements scandaleux dans toute la France pour remplacer les choses dans leur véritable contexte: la prospérité est un mythe puisque l'industrie est complètement ruinée.)
  • « (Cette prospérité) nous permettra de créer les emplois dont nous avons besoin. » (par simple logique mathématique, si la prospérité amène la création d'emplois, l'absence de prospérité n'en créera pas!)
  • « Je ferai mon devoir. » (ou celui des banques et des grosses industries étrangères)
  • « En écoutant, en dialoguant! » (Pas de commentaires particuliers! Monsieur Sarkozy ne sais même pas que ça existe!)
  • « Mais lorsque le moment sera venu, je prendrai les décisions qui s'imposent dans un esprit de vérité et de justice. » (idem)
Toutes ces belles paroles (il ne doit pas y avoir grand monde pour croire des trucs pareils) pour arriver à un « respect scrupuleux de nos principes républicains les plus chers. »
    16) Une tranche de laïcité à la française.
  • La laïcité et le refus du communautarisme.
  • La loi portant interdiction de la burqa sera appliquée dans l'esprit comme dans la lettre.
  • Le rappel à chacun qu'il ne peut exister de droit sans la contrepartie de devoirs.
Ce ne sont là que des généralités qui ne font que reprendre les thèmes anti musulmans qui font, hélas, partie de la propagande gouvernementale.
    17) Leçons de morale républicaine.
  • l'école est obligatoire.
  • L'absentéisme est inacceptable car il condamne à l'échec ceux qui s'y abandonnent.
  • Le respect de la loi est intangible et on ne la bafoue pas.
  • le respect dû à la France par ceux que nous accueillons est une exigence.
  • L'égalité des chances et la justice qui ne sont ni l'égalitarisme ni l'assistanat et qui doivent nous conduire à considérer la revalorisation du travail comme une priorité absolument intangible.
  • La liberté enfin qui doit aller de pair avec le respect que chacun doit aux autres.
    18) Le nouvel ordre mondial.
  • la lourde responsabilité de la double présidence du G 20 et du G 8.
  • Elle défendra l'idée d'un monde plus régulé, moins brutal où l'interdépendance oblige chacun à davantage écouter l'autre.
  • Elle défendra la France vigoureusement ses intérêts sans jamais renoncer à ses valeurs, quant au multilatéralisme, au respect des droits de l'Homme, au combat pour le développement et à l'impératif de la protection de notre planète.
    19) Final en forme de pleurnichette.
Deux larmichettes faussement contrites pour:
  • Nos otages pour qui nous continuerons à mobiliser toutes nos forces jusqu'au jour de leur libération,
  • Nos soldats qui passent cette fin d'année loin de leur famille en risquant leur vie pour défendre nos valeurs et notre liberté.
Voilà ce que les vœux de monsieur le Président contenaient.

mercredi 29 décembre 2010

La parole au Peuple, leçon 6.

La presse (entendez également la télévision et la radio) a pris pour habitude de déverser des tombereaux de nouvelles dont l'importance est parfois si ténue que, pour nombre d'entre elles, ne pas en faire mention du tout n'aurait en rien perturbé le train-train quotidien du citoyen. A contrario, d'autres, qui sont autrement plus préoccupantes, sont enrobées d'un tel luxe de détails inutiles qu'elles paraissent insignifiantes. Pour exemple, observez de quelle façon est rapporté un sommet des pays industrialisés où l'économie de la planète, entre autres sujets de premier ordre, est décidé sans vous qui, pourtant, par votre travail ou vos impôts alimentez les caisses où ils vont puiser sans vergogne. Souvenez-vous également de la façon particulièrement tortueuse dont les politiques ont fait usage pour vous faire gober la nécessité qu'il y avait à donner des milliards aux banques quand vous-même n'obtenez jamais rien. Essayez un même argumentaire lorsque vous rencontrerez votre conseiller financier pour qu'il comble votre découvert sans discussion ni contrepartie. Là, vous serez bien forcé de constater que l'égalité ne s'applique pas à tous avec les mêmes tarifs.
Parmi les nouvelles de ces derniers jours, il y en a une, tout particulièrement, qui pourrait être classée avec les nombreux sujets « à n'aborder que si vraiment, il n'y a rien d'autre à dire »: il s'agit de la tête du bon roi Henri IV, retrouvée et authentifiée par des scientifiques. A première vue, « il n'y a pas de quoi écrire à la famille » pour reprendre une expression entendue jadis dans un contexte qui ne prêtait pas spécialement à sourire. La tête d'Henri IV, l'omoplate de Hugues Capet, les bijoux de la duchesse de Windsor, les reliques de Saint Machin ou le cordon ombilical du tout premier homme (dont on ne sait pas encore s'il avait, ou non, un nombril) sont autant de sujets qui encombrent les colonnes de certaines parutions et dont la connaissance est exactement équivalente à leur ignorance. Certaines informations font avancer le schmillblick, comme disait le regretté Coluche, d'autres le font reculer mais il en existe qui n'ont aucune incidence, ni sur le schmillblick, ni sur rien d'autre. Henri IV, roi de France assassiné en 1610, est devenu une image d'Epinal sous l'appellation de Bon roi Henri IV deux siècles après son règne pour servir à la propagande du régime, comme c'est souvent le cas avec les personnages de notre histoire. Il faut quand même savoir que tout le monde, à l'époque, fut soulagé d'apprendre la mort de ce roi à qui on reprochait d'avoir abjuré trop facilement et précipitamment sa religion (protestante) pour monter sur le trône de France (avec cette phrase connue « Paris vaut bien une messe!).
Je vais vous poser cette question toute simple: si la coutume est d'enterrer les morts, et le bon roi Henri n'a pas échappé à la règle (il a été enseveli à Saint Denis), comment se fait-il que sa tête à voyagé à part du reste?
Pour les souverains de l'ancien régime, la règle générale suivait à peu près ce schéma: tandis que le cœur était embaumé et conservé dans un objet appelé « carditaphe » que l'on déposait ensuite à l'église du Val de Grâce (celui de Henri IV, si mes souvenirs sont exacts, reposait à l'église Saint Maurice de Lille), le reste du corps allait reposer dans une église, en général l'abbaye de Saint-Denis. Il s'est donc produit quelque chose à un moment donné pour que des morceaux de monarques se mettent à voyager hors de leur lieu de résidence définitif. Voici, extrait d'un forum où sont abordés des sujets historiques, quelques éléments de réponse.
« Mais où est la tête d'Henri IV ? (Sam 07 Mai 2005 11:02:36 )
En 1793, les révolutionnaires s'en allèrent en la basilique royale de Saint-Denis pour tout casser. Ils ouvrirent le tombeau d'Henri le Grand et trouvèrent un corps parfaitement conservé, comme si la mort datait d'hier. Ils sortirent le corps et le placèrent verticalement contre un mur pour que chacun puisse l'admirer. Et là, une mégère lui colla un soufflet puis un sans-culotte lui trancha la tête ! Cette tête connut un périple que je ne connais pas bien, mais je sais qu'elle a été vendue en 1919. A qui ? Il existe une photo où l'on voit la tête momifiée. Mais où est donc cette tête ? Toutes infos sur le sujet m'intéressent.
(Jeu 19 Mai 2005 18:43:14 )
Elle a été vendue à M Bourdais qui ne put jamais la faire reconnaitre vrai ( le Louvre l'a même refusée en 1947); apparemment sa sœur en a hérité . Il existe aussi un moulage réalisé par les sans-culottes lorsqu'ils ont pillé St Denis en 1793. »
(source : http://www.forum.roi-president.com/topic231.html)

Un complément d'information extrait de Wikipedia:
« Le tombeau de Henri IV à Saint-Denis n'échappe pas à la profanation en 1793, due à la haine des symboles monarchiques sous la Révolution française. La Convention avait ordonné l'ouverture de toutes les tombes royales pour en extraire les métaux. Le corps d'Henri IV est le seul de tous les rois à être trouvé dans un excellent état de conservation en raison de son exsanguination. Il est exposé aux passants, debout, durant quelques jours. Les dépouilles royales sont ensuite jetées, pêle-mêle, dans une fosse commune au nord de la basilique, excepté quelques morceaux qui sont conservés chez des particuliers. Louis XVIII ordonnera leur exhumation et leur retour dans la crypte, où elles se trouvent encore aujourd'hui. »
Toujours extrait de cette encyclopédie en ligne:
« Le corps d'Henri IV est jeté comme les autres dans une fosse commune sous des boisseaux de chaux vive lors de la profanation des tombes de la basilique Saint-Denis en 1793. Louis XVIII décide de ramener dans la basilique les restes de ses prédécesseurs le 19 janvier 1817 : à cet effet, les ossements sont récupérés dans la fosse mais il manque trois têtes. Dès cette époque, des rumeurs courent que la tête embaumée d'Henri IV aurait été séparée au moment de la profanation (un témoin oculaire parle d'Henri IV « frappé à coups de sabre et mis en pièce », un autre évoque un médecin emportant son crâne) et aurait disparu - mais aucun document d'époque n'atteste cet hypothétique larcin. Sa trace aurait ensuite été retrouvée au XIXe siècle dans la collection privée d'un comte allemand, le comte d'Erbach, puis le 31 octobre 1919 aux enchères à l'Hôtel Drouot lorsqu'un brocanteur montmartrois, Joseph-Emile Bourdais, achète pour trois francs une « tête momifiée dite d'Henri IV » lors de la vente de la succession d'Emma Nallet-Poussin, artiste peintre de Montmartre, pour la somme modique de 3 francs. Le brocanteur tentera toute sa vie, en vain, de prouver qu'il s'agit bien de la tête d'Henri IV, notamment en réalisant des radiographies, des moulages ou en exposant la tête momifiée aux badauds dans la rue ou à ses invités dans son domicile. Il la montre aussi dans « un petit musée de Montmartre avant de la proposer au Louvre... qui la refusa, doutant de son authenticité », précise Jacques Pérot, ancien conservateur du château de Pau où était né Henri IV. Les journalistes Stéphane Gabet et Pierre Belet, souhaitant réaliser un documentaire sur Henri IV à l'occasion de la commémoration du 400e anniversaire de sa mort, retrouvent cette tête en 2008 chez Jacques Bellanger, un fonctionnaire retraité qui l'avait acheté 5 000 francs à la sœur de Joseph-Emile Bourdais en 1955, la conservant depuis dans une caisse dans son grenier. Ce dernier ayant contacté Jean-Pierre Babelon, historien qui fait autorité sur l’époque d’Henri IV, pour identifier cette tête, les journalistes ont en effet appris cette histoire et convainquent Jacques Bellanger de lui confier la tête pour la faire authentifier. Une étude réalisée par une équipe multidisciplinaire de scientifiques menés par le médecin légiste Philippe Charlier et publiée par le British Medical Journal en 2010 a réalisé les examens sur la tête...
…Cette étude ayant trouvé trente points de concordance confirmerait que l'identité de la tête embaumée est bien celle du roi Henri IV avec «99,9% de certitude». Le test ADN étant inexploitable (la longue exposition au plomb du cercueil aurait trop segmenté l'ADN mitochondrial et aucun échantillon prélevé n'était vierge de toute contamination), plusieurs historiens comme Philippe Delorme ou Franck Ferrand remettent en cause ce degré de certitude. »
Pour se faire une idée de ce que peuvent être certaines reliques, voici un extrait du Figaro Magazine du 21 juillet 2007):
 « L'étude (de la tête de Henri IV) a été réalisée par dix-neuf scientifiques rassemblés autour du Dr Philippe Charlier, médecin légiste de Garches. Surnommé l'Indiana Jones de l'histoire, ce paléopathologiste s'est rendu célèbre pour ses étonnantes découvertes. En 2007, il prouve que les ossements de Jeanne d'Arc, pieusement conservé à Chinon dans un bocal sous l'intitulé «Restes trouvés sous le bûcher de Jeanne d'Arc», authentifiés en 1909 par une commission papale, étaient en réalité ceux d'une momie égyptienne et d'un chat. »
Pour revenir à cette information concernant la tête du roi Henri IV, les journalistes ont voulu faire croire que cette découverte était récente alors que, selon toute évidence, le périple de l'objet est connu (et même bien connu) depuis l'origine. Pour preuve:
« Il y a eu un article sur cette tête dans un "Point de Vue Image du Monde" des années 1950... Elle existe donc encore. J'aimerais beaucoup la retrouver !
http://www.linternaute.com/histoire/magazine/magazine/interview/clementine-portier-kaltenbach/chat.shtml
Si les aventures de cette tête, sa redécouverte et son attribution à Henri IV (dont certains continuent de douter) ne sont finalement qu'anecdotiques, il n'en demeure pas moins que l'épisode originel qui a causé ces tribulations est encore fort méconnu. L'histoire officielle, qui puisait sa propagande dans la Révolution, n'en parle que très peu, voire pas du tout. Vous pouvez chercher dans vos livres d'histoire à l'année 1793, vous n'y trouverez, au mieux, qu'une vague allusion. Voici quelques précisions sur ce qui s'est passé en réalité.
« La profanation des tombes royales de la basilique Saint-Denis est un épisode de la Révolution française au cours duquel les tombes de la basilique Saint-Denis, nécropole des rois de France, ont été détruites. La symbolique associée à cet événement, l'un des plus marquants de cette période, apparaît encore aujourd'hui comme très forte et supposée empreinte d'une grande barbarie.
La proposition est faite lors de la séance du 31 juillet 1793 de la Convention nationale, par Barère, pour fêter la prise des Tuileries du 10 août 1792 et sous prétexte de récupérer le plomb pour en faire des balles. La Convention nationale, après avoir entendu le rapport de son Comité de salut public, fait savoir par son deuxième décret du 1er août 1793 que : « Les tombeaux et mausolées des ci-devant rois, élevés dans l'église de Saint-Denis, dans les temples et autres lieux, dans toute l'étendue de la république, seront détruits le 10 août prochain ».
Dom Germain Poirier, ancien bénédictin de la congrégation de Saint-Maur et ancien archiviste à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, est nommé commissaire chargé d'assister à l'exhumation. Le mois d'août doit être consacré à pratiquer l'exhumation des corps. Une décision inappliquée jusqu'au mois d'octobre puisqu'un conventionnel, Joseph Lequinio, dénonce son inapplication le 7 septembre 1793.
Dom Poirier a été le principal témoin oculaire de l'exhumation et de la profanation des tombeaux royaux. Il demeure dans la basilique du 12 au 25 octobre, jour et nuit et rédige en 1796 un Rapport sur l'exhumation des corps royaux à Saint-Denis en 1793, rapport repris et complété par le Conservateur du Patrimoine Alexandre Lenoir, autre témoin oculaire, dans le Musée des monuments français en 1801. Georges d'Heylli restitue en 1872 ce rapport dans Les tombes royales de Saint-Denis.
Dom Poirier avoue n'avoir pas retrouvé certains personnages comme le cardinal de Retz (mort en 1679) ou Alphonse de Brienne. Plusieurs corps sont retrouvés en état de putréfaction ou réduits en poussière (dont celui de Louis XV non embaumé car variolique ou de Louis XIV « noir comme de l’encre »). Curieusement, le corps d'Henri IV est dans un si bon état de conservation qu'il est exposé aux passants, debout, durant quelques jours devant la basilique. D'autres sont outragés ou mutilés, certains révolutionnaires n'hésitant pas à prélever ici un ongle, là des cheveux, des dents ou des os pour les conserver comme fétiches ou les revendre, tel Alexandre Lenoir qui fait un trafic de ces reliques royales. Les corps sont ensuite jetés dans deux fosses communes du cimetière attenant à la basilique vers le nord puis recouverts en partie de boisseaux de chaux vive.
Mais, c'est lors de la deuxième vague de profanation, en octobre 1793, qu'ont été véritablement réalisées les exhumations. Le 12 octobre, Henri IV et Turenne (le corps de ce dernier fut exposé quelques temps puis transféré au Jardin des plantes de Paris, puis au Musée des monuments français, et enfin sur ordre de Napoléon Bonaparte (qui deviendra Napoléon Ier) à l'église Saint-Louis des Invalides. »
(Sources: Wikipédia) 
 
La Révolution Française avait pris une direction fortement anti-religieuse et s'était engagée dans une politique de déchristianisation particulièrement rude, voyez vous-même.
« La Commune de Paris, sous l'impulsion de son procureur-syndic Chaumette, est la première à prendre, après le 10-août 1793, des mesures anticléricales : interdiction du port du costume ecclésiastique en dehors des fonctions sacerdotales (12 août), interdiction des processions et manifestations religieuses sur la place publique (16 août), réquisition des bronzes d'église pour l'armée (17 août). Toutefois, les arrêtés de la Commune ne sont pas toujours reconnus par la Convention, ni même suivis dans toutes les sections.
L'an II (septembre 1793-septembre 1794) voit l'apogée de la politique de déchristianisation. Ce sont des représentants en mission qui donnent l'impulsion décisive. L'activité de Joseph Fouché, dans la Nièvre et en Côte-d’Or, reste la plus célèbre. Sous l'influence de Chaumette (qui fait un voyage dans le département en septembre 93), il prend différents arrêtés interdisant toute manifestation extérieure du culte, rend obligatoire le mariage des prêtres pensionnés (ou à défaut, soit l'adoption par eux d'un enfant, soit l'entretien d'un vieillard indigent), et laïcise les convois funèbres ainsi que les cimetières. Sa décision d'inscrire sur les portes d'entrée des cimetières : « La mort est un éternel sommeil » connut un grand retentissement. Envoyé à Lyon avec Collot d'Herbois, il y poursuit sa politique antireligieuse : le 10 novembre 1793, il organise une grande cérémonie aux mânes de Chalier exécuté lors de l'insurrection de juin. Dans le cortège, un sans-culotte portant mitre et crosse précède un âne recouvert d'habits pontificaux, coiffé d'une mitre, portant un calice sous le cou et, attachés à sa queue, une bible et un missel. D'autres représentants, appuyés par les armées révolutionnaires, passent à la fermeture et au pillage des églises.
Le 24 octobre, la Convention, après les rapports de Romme et de Fabre, adopte le calendrier républicain en remplacement du calendrier grégorien, substituant, comme ère, à la naissance du Christ la date du 22 septembre 1792, premier jour de la République, et éliminant le dimanche au profit du « décadi ».
Le 6 novembre, la Convention accorde qu'une commune est en droit de renoncer au culte catholique. Dans la nuit du 16 novembre, certains radicaux forcent Gobel, l'évêque constitutionnel qui avait été élu à Paris, à abdiquer ; le 17, il vient, avec ses vicaires, se démettre solennellement à la Convention. La Commune s'empare de Notre-Dame ; une montagne s'édifie dans le chœur ; une actrice personnifie la Liberté ; la Convention se rend à la cathédrale, baptisée « temple de la Raison » et assiste à une nouvelle présentation de la fête civique. Des sections imitent cet exemple ; le 20 novembre, des citoyens de la section de l'Unité, revêtus d'ornements sacerdotaux, défilent, chantant et dansant, devant la Convention.
Le 23 novembre 1793, sur la recommandation de Chaumette, la Commune ordonne la fermeture de toutes les églises de la capitale.
La majorité de la Convention, en adoptant le calendrier républicain, avait montré son hostilité au christianisme. Mais les mascarades antireligieuses lui déplaisent et l'abolition du culte lui paraît une faute politique. Robespierre en juge de même. Il pense que la déchristianisation cache une manœuvre politique et aggrave l'agitation, menée par les sans-culottes radicaux (hébertistes et enragés), qui dans les sections et les clubs menacent le Comité de salut public. Le 21 novembre 1793, il inaugure au Club des Jacobins sa croisade contre l'« athéisme ». Il oppose l'athéisme qui est « aristocratique » à l'idée « d'un grand Être qui veille sur l'innocence opprimée » et qui est « toute populaire ». Le 28, il déclare au club : « Nous déjouerons dans leurs marches contre-révolutionnaires ces hommes qui n'ont eu d'autres mérite que celui de se parer d'un zèle anti-religieux... Oui, tous ces hommes faux sont criminels, et nous les punirons malgré leur apparent patriotisme. » De concert avec Danton, il combat la déchristianisation, la faisant condamner par les Jacobins. Danton conjure la Convention de « poser la barrière ». Le 6 décembre, un décret affirme que la liberté des cultes subsiste ; le 29, une loi sur l'enseignement le déclare également libre, sans exclusion des prêtres. Les dirigeants hébertistes sont exécutés le 24 mars sans que les sans-culottes ne bougent. Chaumette les suit à distance de vingt jours.
Cependant, le succès du Comité resta relatif : la Commune admit que les prêtres constitutionnels pussent célébrer leur culte à titre privé, mais les églises de Paris restèrent closes et le 26 mars, la Convention suspendit le paiement des pensions ecclésiastiques. »
(Source: Wikipédia)
L'information est là où on la cherche. Derrière les détails les plus insignifiants de l'actualité, celle que les médias vous livrent, il y a toujours quelques éléments qui se cachent et qu'il peut être gratifiant de découvrir. Il est même probable que les journalistes qui vous ont livré la tête du roi Henri IV ne soient même pas allés fouiller dans notre passé pour y découvrir ce que vous, amis lecteurs, auriez découvert en tapant quelques mots dans votre moteur de recherche internet habituel. Ce sont ceux-là, qui viendront vous dire que vous n'avez pas les connaissances ou le savoir nécessaire pour vous inclure dans le fonctionnement de la république. Eux sont payés pour chercher les informations qu'ils doivent diffuser, vous non. Pourtant, vous le faites, et je sais parfaitement que vous le faites...

samedi 25 décembre 2010

Pour faire comme tout le monde...

La coutume, les habitudes et la politesse me poussent à souhaiter à tous :
  • Lecteurs de ce blog,
  • Internautes divers et variés (profitez-en bien !!!),
  • Collègues, amis et futurs électeurs,
  • Ma famille (parents, frère et sœurs, oncles, tantes, mes parrain et marraine).
une année 2011 faite de joie et de bonheur ! 

Armez-vous de patience, aussi !!!

lundi 20 décembre 2010

La parole au Peuple, leçon 5.

Un être humain absorbe des milliers d'informations tous les jours avec ses cinq sens. La plupart de ces informations est traitée par le cerveau de façon inconsciente. Cette banque de données sert à appréhender le monde extérieur. D'autres informations, sous forme de messages extérieurs, sont livrées à l'intelligence de celui qui les reçoit par d'autres canaux que les cinq sens. L'intelligence, dans ce cas, est utilisé comme un terme générique.
L'intelligence est définie comme suit.
  • Faculté de comprendre, de ne pas se méprendre sur le sens des mots, la nature des choses et la signification des faits.
  • Activité volontaire et réfléchie de l’homme s’exerçant d’une façon normale en vue de la connaissance et s’opposant à l’instinct.
  • Parfois utilisé avec le sens limité de capacité d'acquisition et d'utilisation de la connaissance rationnelle et conceptuelle.
  • Développement des facultés de comprendre et de raisonner au-dessus de la moyenne.
  • Connaissance approfondie, compréhension nette et facile.
Or, certaines informations, plus ciblées, échappent à l'intelligence de celui qui les reçoit. Les raisons sont multiples, en voici quelques unes:
  • L'information paraît insignifiante et n'a pas réussi à capter l'attention de celui à qui elle était adressée.
  • L'information a été enregistrée telle quelle et n'a pas fait l'objet d'une analyse même rudimentaire (ce qui est le cas le plus répandu).
  • L'information a été répétée plusieurs fois, à intervalles réguliers, et a fini par être assimilée.
  • Le diffuseur de l'information a compté sur la paresse (naturelle) de l'intelligence humaine.
  • L'information a été livrée d'une manière particulière. Ainsi, la forme attire l'attention plutôt que le fond.
Or, pratiquement toutes les informations qui sont livrées au public sont passées dans une sorte de moulinette qui peut être, ou non, volontaire, intentionnelle, idéologique. La source peut être manipulée, incomplète, orientée, partiellement vraie, ou fausse. Les méthodes de « cryptage » utilisées sont pratiquement tout le temps d'ordre rhétorique, donc faisant appel à des figures de styles. Celles-ci sont connues et pratiquées depuis l'invention du langage et ont servi aux politiques, aux religieux, bref, aux gens de pouvoirs, dans toutes les périodes de l'histoire (passées et présentes) pour assurer leur position sociale. Avec ce procédé, subi et utilisé par tous, même par les plus humbles, certes à des niveaux différents, nous obtenons une équation qui ressemble à quelque chose comme cela:
(Un fait de base) + (un cryptage du diffuseur) = (un message interprété)
Je vais à présent prendre un exemple précis pour vous montrer une partie de l'étendue des possibilités que donne cette information lorsqu'elle prend l'apparence d'un message. J'ai choisi un paragraphe issu d'un discours de Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République. Sur le site officiel de la Présidence de la République (http://www.elysee.fr), j'ai entré le critère suivant dans le moteur de recherche: « nouvel ordre mondial ». Le résultat est surprenant: l'expression exacte figurait dans quinze discours différents. L'intégralité des paragraphes où figure cette expression est consultable sur mon site de la Polimitique ainsi que sur le site officiel d'origine.
Voici l'extrait:
« Au nom de la France, j'appelle tous les Etats à se réunir pour fonder le nouvel ordre mondial du 21ème siècle sur l'idée que les biens communs de l'humanité doivent être placés sous la responsabilité de l'humanité toute entière.
Au nom de la France, je lance un appel solennel aux Nations Unies pour que, dans ce siècle marqué par le retour de la rareté, elles se donnent les moyens d'assurer à tous les hommes l'accès aux ressources vitales, à l'eau, à l'énergie, à l'alimentation, aux médicaments, à la connaissance. »
(Discours du 25 septembre 2007 à la 62ème Assemblée Générale des Nations-Unies)
Première étape:
Je vais faire le relevé de tout les thèmes, idées, notions qui sont cités dans cet extrait, dépouillés de leur enrobage rhétorique.
  • Réunir tous les états
  • Fonder un nouvel ordre mondial,
  • Les biens communs de l'humanité
  • placé sous la responsabilité de l'humanité toute entière.
  • Le retour de la rareté
  • les moyens d'assurer à tous les hommes
  • L'accès aux ressources vitales
  • l'eau, l'énergie, l'alimentation, les médicaments, la connaissance.
Les différents points qui sont soulevés, même ceux qui paraissent insignifiants, sont une source inépuisable de crises, de guerres et de conflits continuels. Il suffit de les prendre les uns derrière les autres et de faire quelques recherches sommaires sur internet pour s'en convaincre. Prenons-en quelques uns au hasard et voyons.
  1. La réunion de tous les états est une idée formidable et d'autant plus ambitieuse qu'elle est vouée à l'échec pendant encore quelques dizaines d'années, voire plus. Le journal de vingt heures de n'importe quelle chaîne, entre deux reportages sans grand intérêt, vous en a donné une idée plus que générale.
Note: Ce que je viens de dire n'est que le reflet de ce que les médias veulent faire passer. A partir du moment où l'idée est largement répandue, et entretenue avec constance, il serait bon de douter de son authenticité et de poser le contraire comme une vérité possible.
Les Nations-Unies sont un bon début mais il faut reconnaître qu'on y parle beaucoup et qu'on a souvent du mal à se mettre d'accord. D'autres réunions de pays, ou plutôt de leurs dirigeants, ont fait, ces derniers temps, la une de l'actualité. En dehors du fait que le grand public ne sait pas grand chose, si ce n'est rien du tout, de ce qui s'y est dit, il suffit de prononcer les deux noms de villes suivants « Kyoto » et « Copenhague » pour comprendre que cela n'a pas été une réussite fulgurante. (relire ce paragraphe en mettant tout au négatif et comparer les résultats)
Les réunions des potentats de ces pays industrialisés dont les noms sont composés de la lettre G et d'un nombre qui croît au fil du temps ont toutes les peines du monde à trouver un terrain d'entente pour polluer (ou ne pas polluer) on les imagine difficilement tomber d'accord sur des sujets plus ardus comme le conflit israëlo-palestinien, l'Irak, l'Afghanistan et ainsi de suite. Malgré tout, le G8 est passé par le 14 pour arriver à 20. (Ce qui est étonnant! Il y aurait donc de plus en plus de pays pour se réunir et ne pas être d'accord!)
Les personnes curieuses qui auront fait des recherches sur ce G20, auront noté la chose suivante: l'apparition d'un concept qui a pour nom « le nouvel ordre mondial ».
  1. Le Nouvel Ordre Mondial, qu'est-ce que c'est? Voyons ce que dit l'encyclopédie en ligne Wikipédia: « Le Nouvel ordre mondial (New World Order en anglais) est un concept géopolitique de l'après-guerre froide immédiat. L'expression désigne l'alignement idéologique et politique des gouvernements et organismes mondiaux vers une certaine unipolarité. »
G20 - Un “nouvel ordre mondial” et beaucoup de questions. (Christine Ollivier, le 03/04/09 à 16h11, sur http://www.francesoir.fr )
« Le sommet de Londres, salué unanimement par les dirigeants de la planète, s’est conclu par un accord historique de gouvernance mondiale. Mais de nombreuses interrogations demeurent.
Faut-il voir dans le sommet du G20 à Londres un nouveau Bretton Woods, et l’émergence d’un « nouvel ordre mondial » comme l’a déclaré jeudi Gordon Brown ? Pour la première fois, les principales économies de la planète, à commencer par les États-Unis, affichent leur volonté de réguler ensemble certains aspects du capitalisme mondial. Et la pression est montée d’un cran à l’égard des paradis fiscaux. Mais il va falloir mettre les mains dans le cambouis pour traduire les engagements en actes. Relevé des copies en septembre à New York, pour le troisième sommet du G20. »
Un autre avis, relevé sur le site suivant (et à l'adresse ci-dessous) http://alexdesilesie.kazeo.com/Conspirations/Le-Nouvel-Ordre-Mondial-NOM,a1748294.html
« Le Nouvel Ordre Mondial a pour but la domination totale de la planète. 
Le Nouvel Ordre Mondial, ou gouvernement mondial n'a pas de frontières.
Le nouvel ordre mondial désigne par définition un groupement de puissances dont les idées et surtout les buts se différencient de l'"ancien ordre", dont les concepts se sont essoufflés progressivement pour finalement disparaître complètement à la fin de la deuxième guerre. Ce nouveau concept tend à vouloir établir un communisme mondial, maintenu par une élite qui se veut éclairée et habilitée à penser pour nous, à notre place. En résumé, ce sera un communisme du type "ce qui est à toi est à moi et ce qui est à moi ne te regarde pas". Et à l'exemple du régime du camarade Staline, "je me montre faible avec les puissants, et fort avec les faibles".
La première étape à été franchie, pour nous européens, depuis la création de la CEE. On tend vers cette globalisation et assimilation de la culture, des politiques, des idées. On va manger, parler, penser européen. Car nous sommes européens! On nous le matraque du matin au soir, on est bien obligé, finalement, de se faire une raison.
Notre nationalisme? Du folklore de carte postale, désormais.
La mondialisation qui se prépare, qui est déjà là, a pour but d'aboutir à un total pouvoir sur les individus par le gouvernement, et certainement pas l'inverse.
Les organisations nationales et internationales (ONU, OTAN, G7, G8, FMI, Banque Mondiale...)ne se donnent même plus la peine de dissimuler quel maître elles servent.
Ceux qui se constituent comme l'élite, depuis des siècles, et surtout depuis le siècle dernier, échafaudent de redoutable plans et n'oublient pas de les mettre à exécution. Ils n'hésitent pas à se servir de variables créés de toutes pièces pour parvenir à leur fin.
Guerre, inflation, terrorisme, épidémie..ce ne sont pas des sentimentaux..
Les nouveaux maîtres du monde sont aujourd'hui tripartites. Ce qui signifie que trois grands groupes se partagent la planète et qu'ils ne s'entendent pas sur tout. »
  1. Les deux points précédents, la réunion de tous les états et le nouvel ordre mondial, aboutissent sur une notion qui, si elle n'est pas citée dans l'extrait du discours choisi en exemple, figure dans d'autres extraits: la gouvernance mondiale.
Il y a trois grands axes de réflexion :
  • Tout d’abord l’intensification des échanges et la montée en puissance des multinationales (acteurs à prendre évidemment en compte) à travers l’investissement direct et l’accroissement de la mobilité des capitaux ont des implications qui n’ont pas encore été pleinement appréhendées et qui servent principalement les intérêts des pays les plus riches.
  • La multiplication croissante d’acteurs non étatiques –les ONG et les mouvements sociaux - appartenant dans leur grande majorité aux pays du nord qui utilisent les NTIC. A l’occasion des grandes rencontres internationales officielles, ces acteurs non-étatiques cherchent à dépasser leur diversité pour définir leur action commune au-delà d’une seule stratégie de négation.
  • Enfin ce sont bien des préoccupations nouvelles ou soulevées plus intensément qui sont apparues dans le débat public : les normes sociales, l’écologie, la sécurité des consommateurs ou encore la criminalité internationale .
  1. Les biens communs de l'humanité semblent fortement intéresser les grands de ce monde (entendez les grands groupes industriels et financiers) et l'intéressement ne doit pas être humaniste ou humanitaire mais purement mercantile, voire pire. Le fait de lier ces biens communs aux notions abordées jusque là (qui sont la réunion des états, le nouvel ordre mondial et la gouvernance mondiale) ne laisse guère de place à un espoir de bonté et de bonheur mais plutôt à une ère de pouvoir et de résistance.
Certes, comme pour me contredire ou apaiser les craintes (justifiées, soit dit en passant) ces biens communs seront placés sous la responsabilité de l'humanité toute entière. Mais il faut se livrer à une petite opération de logique (mathématique autant que linguistique) très simple: je vais aligner les points importants sans y placer de connecteurs (qui peuvent être: et, ou, donc, alors...)
  • réunion de tous les états
  • au sein d'une gouvernance mondiale
  • dans le cadre d'un nouvel ordre mondial,
  • les biens communs de l'humanité
  • la responsabilité de l'humanité toute entière.
Si je relie ces différents points par des conjonctions de coordination ou de subordination (il va falloir réviser un peu votre grammaire, celle qu'on vous a enseignée à l'école primaire et au collège) cela peut donner quelque chose d'effrayant.
«  Le nouvel ordre mondial a pour but, par la réunion de tous les états dans une même gouvernance mondiale, de s'approprier tous les biens communs de l'humanité et d'en disposer en lieu et place de l'humanité toute entière. »
Deuxième étape:
Il faut toujours avoir à l'esprit que l'information qui est diffusée est passée au travers d'une moulinette qui modifie la source pour en faire un message ciblé. Ce message peut être multiple et pas nécessairement négatif. On peut même considérer que seuls les messages circulent et que les véritables informations, quand elles existent réellement (ce qui n'est pas forcément le cas) ne sont jamais brutes. Il est possible de reprendre la formule que j'avais précédemment proposée et de l'adapter comme suit.
Le message diffusé = un contenu (l'information source) + une grille d'interprétation.
Ne croyez pas qu'il y ait systématiquement une volonté de manipulation. Elle existe, certes, mais au quotidien, tout le monde accommode la donnée brute perçue par ses sens par une grille d'interprétation qui est à la fois personnelle et issue de son milieu social, professionnel et familial propre. Entrent également en jeux les desseins et envies, conscients ou non, la volonté de pouvoir et de domination, etc... A titre d'exemple, prenez la tirade du nez de « Cyrano de Bergerac » (disponible sur le lien suivant: http://membres.multimania.fr/cultureg/Extrais/Cyrano.html ) et voyez le nombre de variantes pour un même nez. D'autres exemples vous environnent tous les jours au travail (décortiquez les sermons de vos supérieurs hiérarchiques), à la radio ou la télévision.
  1. Contenu type d'un journal télé;
En règle générale, la structure d'un journal télévisé est toujours à peu près la même. L'exemple qui suit est emprunté au site (http://syti.net)
« Contenu d'un Journal Télévisé ordinaire ou comment faire de l'info sans infos...
J.T. 20h - TF1 - Janvier 1997
20h00 : Le froid, les accidents sur les routes.
20h04 : La naissance du petit Joseph, dans le Gers couvert par la neige.
20h05 : La récolte des brocolis, chez Albert en Bretagne, est menacée par le gel.
20h06 : La récolte des poireaux se fait au marteau. Augmentation inévitable du prix des légumes.
20h08 : Compteurs d'eau et canalisations gelées chez les habitants d'une ville de province.
20h09 : Début des soldes à Paris.
20h11 : Reportage sur la fabrication artisanale du pain.
20h13 : Viol d'une petite fille.
20h14 : Jugement en Belgique d'un membre présumé islamiste du "Gang de Roubaix".
20h15 : En Israël, présentation devant le juge d'un jeune soldat qui avait tenté de mitrailler des Palestiniens.
20h16 : Jugement en Angleterre des époux West, assassins en série de jeunes filles.
20h18 : Départ à la retraite de Miguel Indurain. Rappel de sa carrière de champion cycliste.
20h22 : Rétablissement d'un malade cardiaque greffé aux Etats-Unis.
20h23 : Les hommes consomment de plus en plus de soins et de produits de beauté. Reportage.
20h26 : Prison pour Bernard Tapie, suite à l'affaire des comptes de l'OM.
20h28 : Reportage sur la "poupée qui mange", conçue pour manger des frites, mais qui "mangeait" aussi les cheveux des enfants, voire la peau du doigt. Il est suggéré que la poupée soit équipée d'un "bouton d'arret d'urgence".
20h30 : Stages-nature en montagne pour les enfants en Savoie.
20h32 : Présentation du téléfilm de la soirée, consacré à Dalila,femme du héros biblique Samsom. Reportage sur le tournage du téléfilm.
20h34 : Fin du J.T. Générique. »
  1. Quels sont les thèmes récurrents (les poncifs, leitmotivs et autres clichés tout faits) avec les messages qu'ils sont supposés faire passer (c'est à dire: faire admettre comme vrais).
  • Le président (et tout ce qui va avec). Depuis son élection, Nicolas S. a pris une place très (trop, beaucoup trop) importante dans l'actualité. Comme, on dit, il occupe l'espace de communication par tous les moyens possibles et imaginables: discours, petites phrases, bons mots, gaffes (vraies et fausses)
  • Le gouvernement et le parlement dont on a pu constater qu'ils étaient l'un et l'autre à l'écoute du président et non des français.
  • La sécurité, la sécurité et encore la sécurité. A toutes les sauces, à tous propos, que ce soit pour les radars automatiques ou la vidéo-surveillance. Le tout saupoudré de cascades de chiffres qui démontrent que ça ne sert à rien d'autre que faire le jeu de certains lobbys.
  • La folie sécuritaire qui se décline avec les lois Hadopi et Loppsi qui va transformer monsieur et madame tout le monde en pirate dangereux et en terroriste sanguinaire mettant en péril « les formes républicaines du gouvernement » (Si, si! Ils ont osé faire ça!)
  • Les étrangers, parce que les élections de 2012 vont approcher à grands pas et qu'il y a de l'électorat à racler chez le voisin, même s'il est front national. (Hein, Nicolas, on aimerait qu'ils votent pour soi!) Les étrangers, par tradition, sont responsables de tous les maux. Une rumeur tenace qui prétend qu'ils viennent exprès en France pour toucher les allocations diverses et variées que les français (par voie de conséquence) ne peuvent plus toucher (puisqu'il n'y a plus de sous) est savamment entretenue par les médias à la botte du pouvoir en place.
  • Les musulmans, par tradition issue de la guerre d'Algérie, sont désignés, en France, comme les responsables de tout ce qu'on n'a pas pu mettre sur le dos des étrangers. Ben oui, ils sont français (les gouvernements d'après guerre, la deuxième, les ont fait venir pour travailler dans les mines et les industries parce que le pays manquait cruellement de main-d'oeuvre, et puis ils ont choisi de rester). Il sont français et musulmans. Oui, et alors? Alors, la France, toujours par tradition (imbécile, celle-là) est « la fille aînée de l'Eglise ». La France est catholique, malgré la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat, elle n'est pas musulmane, d'où les tombereaux d'inepties entendues quotidiennement partout. Le grand public, encouragé par les médias, le gouvernement, certains anciens combattants, les racistes et les ignorants, finit par tout mélanger et tout confondre: islam, musulman, terroriste, et tout le reste.
  • La laïcité. Là aussi, on a le droit à de la compote de conneries (excusez-moi pour le mot, mais je n'en vois pas d'autres) Chacun y va de sa conception (stupide, cela va de soi) La laïcité est tout sauf musulmane, islamique. En France, la laïcité est catholique, un point c'est tout. Et la devise de la république, « Liberté, Egalité, Fraternité », elle est catholique aussi. Bref sous couvert de cette laïcité qui devait simplifier les rapports de l'état avec les religions, tout devient d'une terrifiante complexité (mais est-ce un hasard?)
  • L'identité nationale a failli être le cocktail Molotov idéal pour faire péter la république mais la bombe a été désamorcée et le soufflet est retombé aussi vite qu'il était monté. Sachant que définir une identité nationale n'avait manifestement pas d'autre but que celui d'écarter les indésirables.
  • Le social (ou assimilé) permet de déployer une panoplie impressionnante de sornettes contre les fonctionnaires, bombardés nantis pour l'occasion, contre les syndicats et ainsi de suite. Grâce à une vision étriquée du social, les médias et le gouvernement, main dans la main, montent les français les uns contre les autres.
  • Le dernier thème surexploité dans l'actualité est le chiffre: celui du chômage, du déficit de la sécurité sociale, de la criminalité, de la dette publique, celui de la croissance (ou de la décroissance positive, véridique!) le prix du pain, du pétrole, du litre de gazole à la pompe, du caddie de courses à la supérette du coin. Comme il y a des chiffres pour tout et pour tous, qu'ils sont cités et commentés indéfiniment par des experts qui ne prennent même pas la peine d'expliquer ce qu'ils représentent et que les français ne peuvent y comprendre grand chose, on les absorbe sans réfléchir. En fait, le but n'est pas d'éclairer l'auditeur sur la situation économique mais de l'hypnotiser pour faire passer des messages comme la nécessité de réduire les dépenses, de licencier ou de mondialiser.
  1. Comment on vous enrobe tout ça.
  • La répétition, pour ne pas dire le matraquage, régulier, toutes les heures, même.
  • L'opinion d'experts médiatiques qui en savent autant que vous mais qui étalent ce qu'ils ignorent ou ce qu'ils veulent faire gober.
  • Le récit de témoins (plus ou moins directs)
  • Le choix d'un vocabulaire ou de tournures grammaticales selon que vous devez comprendre facilement ou non.
  • L'interprétation des faits, l'adjonction d'éléments extérieurs ou les associations d'idées.
  • Il peut arriver que l'emballage soit tellement important que le fait qu'il englobe finit par être insignifiant, inexistant ou simplement absent.
  • Un événement important (un sommet du G20, par exemple) où sont en jeux des intérêts dont le grand public n'a pas idée, dont on ne peut rien savoir de concret, finira enrobé par un luxe pharaonique de détails annexes qui masqueront l'absence totale de fait à relater.
  • Le style, la diction, le rythme, la personnalité du journaliste feront le reste pour faire passer les messages.
  1. Que faut-il faire de ce qu'on vous raconte?
Pour résumer cette leçon, à partir de l'exemple cité plus haut (l'extrait du discours de Nicolas Sarkozy) je vous invite à décrypter l'actualité de la façon suivante:
  • Décortiquez ce qu'on vous dit. Ne retenez jamais les informations telles quelles mais essayez de différencier ce qui est dit de ce qu'on veut vous dire.
  • Posez vous des questions simples: comment? pourquoi?
  • Comparez les sujets similaires sur différentes stations, chaînes, journaux et autres support.
  • Vérifiez les informations, cherchez-en les sources officielles.
  • Complétez les infos avec vos apports.
  • Diffusez vos observations remarques et critiques à votre entourage ou sur votre blog (si vous en avez un)
  • Demandez-vous quel message le diffuseur de l'information veut faire passer.
  • Passez toutes les informations à l'épreuve de la grille de la manipulette disponible à cette adresse: http://pascaldequeant.blogspot.com/2010/11/le-jeu-de-la-manipulette.html
  • Eliminez tout ce qui est inutile.
  • Retenez l'essentiel, l'info de base sans les accessoires.
Pensez à observer ces quelques règles et vous finirez par constater qu'on ne vous dit pas tout et que quelque fois, on ne vous dit rien du tout.